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Le cancer du colo-rectal est un cancer fréquent. Il y a eu 36 257 nouveaux cas diagnostiqués en France en 2000. Cette même année, il y a eu environ 16 000 décès ce qui en fait un cancer grave et de mauvais pronostics. En l’absence de facteur prédisposant (hérédité, antécédent de polype, recto-colite hémorragique, maladie de Crohn), c’est à partir de 50 ans que le risque de voir apparaître ce cancer augmente significativement. Or, on estime que 80% des causes de ce cancer seraient évitables dont 50% simplement en modifiant son comportement alimentaire.

L’alimentation

À l’Eurocancer 2008, une synthèse des études réalisées sur l’action due l’alimentation sur la formation des cancers colo-rectaux a été présentée. En dix ans plus de 400 études ont été publiées et la plus vaste portait sur 520 000 personnes vivant dans 10 pays européens. Il a été ainsi démontré formellement qu’une forte consommation de viande rouge, de charcuterie et/ou d’alcool était corrélée avec une forte augmentation de risque. Le tabagisme, le surpoids et la sédentarité seraient également des facteurs de risque fréquemment avancés.

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À côté de ces éléments péjoratifs qu’il convient de cesser le plutôt possible, si on ne désire avoir de mauvaise surprise après 50 ans, il est probable aux vues des premières études que la consommation de fibres (fruits et légumes), de crucifères (brocolis surtout, choux), d’ail et  de lait (calcium) diminue le risque de cancer colo-rectal. La forte consommation de poissons (riche en oméga 3) et de thé (riche en polyphénols) serait également un facteur de protection.

L’Hémocult

L’hémocult est un examen très simple qui consiste à détecter la présence de sang dans les selles à l’aide d’un papier réactif. Il permet de détecter la présence de sang occulte (invisible), car microscopique. Cependant, l’hémocult ne permet de diagnostiquer que les cancers en période de saignement ce qui ne représente que 50% des cas. C’est pourquoi il ne faut hésiter à renouveler cet examen par exemple tous les ans (en dehors de signes d’appel) afin de multiplier les chances de détection. La présence de sang dans les selles (visible ou invisible) doit conduire obligatoirement à la réalisation d’une coloscopie.

Inversement, il ne faudra pas paniquer en cas d’hémocult positif (présence de sang), car il existe des faux positifs (test faussement positif), mais il existe aussi d’autres causes que le cancer pour expliquer la présence de sang dans les selles (hémorroïdes, colite, polype…).

Actuellement il est organisé en France un dépistage systématique destiné pour toutes les personnes (hommes et femmes) entre 50 et 74 ans. Car dans 94% des cas, ce cancer apparaît après 50 ans. Par contre cet examen n’a pas montré d’intérêt thérapeutique pour un dépistage systématique avant 50 ans et après 74 ans.

La Coloscopie

La coloscopie sera indiquée en cas d’hémocult positif, de signes d’appels (douleurs abdominales, troubles du transit, présence de sang ou de glaires dans les selles), d’antécédent de polype du côlon, de rectocolie hémorragique, et de maladie de Crohn, suite de cancer colorectal… De plus, les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, doivent être suivis régulièrement et effectués systématiquement des coloscopies tous les 3 à 5 ans selon les cas si les examens sont normaux. L’âge de début de cette surveillance dépend du type de cancer colorectal familial rencontré chez l’ascendant et de lâge auquel il avait été atteint. Cet examen consiste à introduire un endoscope souple muni d’une fibre optique. Cet examen est généralement réalisé sous anesthésie générale au cours d’une hospitalisation de 12 à 24 heures selon les cas. Cet examen réalisé après un lavage d’intestin (prise de lavement antérieurement) explore l’ensemble du rectum, du sigmoïde et du gros intestin afin de rechercher une lésion cancéreuse ou pré-cancéreuse (adénome). Il permet d’effectuer des prélèvements (biopsies) sur des lésions suspectes dans un but d’;analyses ultérieures. Il n’est pas rare également d’enlever les petits polypes grâce à cette méthode endoscopique.

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Si l’exérèse de ces polypes n’a pas pu être réalisée par coloscopie, il faudra alors les enlever lors d’une intervention chirurgicale. Car nous savons que sur 1000 adénomes, 25 évolueront vers le cancer.

D’autres examens sont actuellement à l’étude afin d’effectuer le dépistage du cancer colo-rectal dans l’avenir comme la CPR du sang, des tests immunologiques, la coloscopie virtuelle, des tests d’ADN dans les selles, la capsule caméra.

Luc BODIN