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Les cellules cancéreuses se nourrissent de polyamines. C’est pourquoi la suppression des ceux-ci notamment au niveau de l’alimentation permet de freiner l’évolution cancéreuse, voire aussi de réduire le volume des tumeurs cancéreuses. Il s’agit ici d’un protocole simple qui peut apporter des solutions là où il n’y en avait plus…

Les polyamines sont de petites molécules organiques possédant une ou plusieurs fonctions amines (NH2) dans leur constitution. Elles sont issues du métabolisme des acides aminés et du cycle de l’urée. Elles sont présentes dans toutes les cellules, animales comme végétales.

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Le Groupe de Recherche en Thérapeutique AntiCancéreuse (Gretac) sous la direction du Professeur Jacques-Philippe Moulinoux du CHU de Rennes a démontré que les cellules cancéreuses avaient besoin de ces petites molécules pour se développer. C’est ainsi qu’il a été établi une relation directe entre l’augmentation des polyamines dans les tissus cancéreux et la prolifération de la tumeur.

Chez l’animal, d’autres études ont démontré que les polyamines étaient indispensables aussi pour la dissémination cancéreuse.

Le mécanisme est aussi connu : les polyamines se fixent sur l’ADN des cellules cancéreuses et réamorcent indéfiniment les divisions cellulaires ce qui favorise la prolifération tumorale. Mais il semble également qu’elles favorisent la cancérisation en affectant la synthèse des protéines et de l’ADN.

Dans l’organisme, les polyamines sont apportées par la flore intestinale (qui en fabrique), par les cellules mortes de l’organisme (dégradation des protéines), mais aussi et surtout par l’alimentation courante. Elles sont synthétisées sous l’effet de l’ornithine décarboxylase (ODC).

Afin de baisser le taux de polyamines au niveau de l’organisme, plusieurs solutions sont possibles :

  • Détruire la flore intestinale par les antibiotiques. Cette solution extrême n’est envisageable que dans les situations graves. Il faudra ensuite réensemencer les intestins à l’aide de probiotiques, une fois l’action carcinologique atteinte.
  • Bloquer la synthèse des polyamines grâce à certains produits comme le DFMO (difluorométhylornithine) qui est un inhibiteur de l’ornithine décarboxylase (ODC). L’expérience a démontré que la multiplication des cellules cancéreuses s’arrêtait en l’absence de synthèse de polyamines grâce à l’action de la DFMO. Mais d’autres substances sont aussi capables d’inhiber l’ODC comme les terpènes de la réglisse (acide glycyrrhétinique) ou les polyphénols du thé vert.  Cependant cette approche n’est pas très efficace. Car dans ce cas les cellules cancéreuses vont chercher les polyamines présentes dans le sang et dans l’alimentation. Cependant un régime sans polyamine associé au DMFO semble particulièrement  efficace.
  • Supprimer les aliments contenant des polyamines de l’alimentation. Cette voie plus simple est à privilégier. Car comme plusieurs études l’ont démontré que le régime sans polyamine est suffisant pour limiter le développement des cellules cancéreuses, mais aussi pour réduire la dissémination cancéreuse métastatique.

Il est bien sûr possible de coupler ces différentes techniques : régime sans polyamines, DMFO, antibiotique (néomycine) voire aussi un peu d’endoxan (chimiothérapie) à dose légère. Cela donne un arrêt de la prolifération cancéreuse, un arrêt de la dissémination cancéreuse, la potentialisation des traitements anticancéreux, la baisse de marqueurs tumoraux, une augmentation des lymphocytes NK, un soulagement des douleurs cancéreuses et une amélioration de l’état général.

Les polyamines se retrouvent dans tous les groupes alimentaires. Il est nécessaire d’avoir une liste précise des aliments en contenant pour les éliminer. Ce sont  les aubergines, les brocolis, les courgettes, les lentilles vertes, le cantal, le roquefort, la banane, l’orange, la reine Claude, les rognons de veau, les moules, le crabe, le jus d’ananas, la choucroute…

Sous l’instigation du Professeur Moulinoux , il fut créé un complément alimentaire appelé Castase (Laboratoire Nutrialys), pauvre en polyamine. Son protocole d’utilisation se déroule en deux phases :

  • La première phase consiste à ne consommer que ce complément – présenté sous la forme de canettes – pendant deux semaines à raison 3 à 5 canettes par jour sauf au petit déjeuner où le thé, le café, le pain blanc, les biscottes et le beurre sont tolérés. Cette phase permet d’abaisser le taux de polyamines dans l’organisme.
  • Puis, pendant les trois semaines suivantes, la personne consomme à la fois des solutés Castase, un petit déjeuner (comme précédemment) et un repas composé d’aliments normaux, mais pauvres en polyamines (une liste complète des aliments permis et interdits est fournie par le laboratoire).

Les résultats sont souvent étonnants. Des régressions cancéreuses sont rapidement visibles. Elles peuvent permettre à certaines personnes à un stade avancé de la maladie, de bénéficier à nouveau de traitements conventionnels ou de chirurgie alors qu’auparavant leur situation était désespérée… Il est bien sûr évident que ce traitement efficace sur les cancers avancés serait tout aussi intéressant dans les autres situations carcinologiques… Or curieusement, les cancérologues le connaissent parfaitement, mais ne l’utilisent guère.

Cependant, il est important de comprendre que ce régime n’est pas suffisant pour guérir d’un cancer, mais il constitue un traitement complémentaire d’une étonnante efficacité.

Luc BODIN