En moyenne en France, les adultes ont grossi de 4 à 5 kilogrammes en 20 ans. Mais cette augmentation est très disparate selon les milieux socio-professionnels. Ainsi, le nombre et l’augmentation du nombre des obèses sont plus importants chez les agriculteurs et les ouvriers (16% et 13% contre 7% auparavant) que chez les cadres et les professions intellectuelles (7% contre 3,5% auparavant).  Par contre, ce qui est un peu rassurant, l’obésité ne semble plus progresser chez les enfants.

Mais, curieusement en même temps que paraissait ce résultat, une autre étude tendait à montrer que les Français s’alimentaient mieux. Cela pourrait sembler totalement contradictoire. Toutefois, cette étude signalait que même s’il y avait un mieux, il restait encore beaucoup de progrès encore à accomplir et que toute la population française ne suivait pas les conseils alimentaires. Les meilleurs élèves semblent être les cadres et les professions intellectuelles qui suivent plus assidûment les recommandations diététiques. Cette constatation pourrait parfaitement expliquer les différences socio-professionnelles observées sur le nombre des obèses en France.

man eating burger and french fries

Il serait intéressant de se pencher aussi sur les milieux où la prise de poids a été la plus importante. Est-ce que les conseils alimentaires sont bien arrivés jusqu’à eux ? Est-ce qu’il y a un problème économique (prix des aliments) ?  Pourquoi les mauvaises habitudes sont-elles plus difficiles à perdre chez eux ? Ce sont ces réponses qui apporteront les solutions.

Mais à côté du problème alimentaire, cette prise de poids générale peut également être corrélée à la sédentarité grandissante dans notre société. Un peu d’exercice quotidien ou un sport effectué plusieurs fois par semaine serait un minimum nécessaire pour chacun. La sédentarité pourrait également être une explication à cette prise de poids de l’ensemble de la population. Ainsi, une étude américaine avait montré il y a quelques années que si les grands obèses se déplaçaient simplement dans leur appartement, ils pourraient perdre plusieurs kilos dans une année. En effet, la plupart ont pris l’habitude d’amasser auprès d’eux cigarettes, pop-corn, sodas et autres nourritures pour éviter d’avoir à se déplacer plusieurs fois. Or, il suffirait qu’ils se lèvent à chaque fois pour aller chercher ce dont ils ont besoin pour produire un minimum d’effort et d’exercice quotidien, qui finirait à la longue par être profitable pour leur surpoids.

Luc BODIN