La coronarographie est un examen radiologique (rayons X) qui consiste à opacifier les artères du cœur afin de les visualiser. Cet examen très spécialisé n’est indiqué que pour des cas très précis : pour rechercher la cause de douleurs thoraciques indéterminées, en cas d’angine de poitrine ou encore en cas d’infarctus du myocarde (en urgence). Il permet surtout de déterminer de l’intérêt pour la personne de subir un pontage ou une angioplastie.
La coronarographie ne sera demandée que par un médecin cardiologue après avoir constaté les symptômes présentés par la personne et les résultats de son électrocardiogramme. Celui-ci peut montrer des signes évocateurs (décalage du segment ST) de souffrance cardiaque due à un défaut d’oxygénation notamment à l’effort. Celle-ci provient généralement d’un problème d’artères qui fournissent le sang frais au muscle cardiaque.

Fotolia_78771259_Subscription_XL
S'il y a une forte suspicion que certaines artères du cœur, les artères coronaires, soient partiellement bouchées, selon les cas, une épreuve d’effort (prise d’un ECG pendant un effort), ou/et une scintigraphie myocardique (qui visualise les zones du cœur en souffrance) ou/et une coronarographie seront alors demandées plus ou rapidement selon le degré de l’urgence.
La coronarographie permet de visualiser l’ensemble des artères coronaires et de visualiser les artères bouchées (obstruction par un caillot de sang par exemple), ou rétrécies (sténose). Le degré et la localisation de la ou des sténoses ou de l’obstruction, orientera le choix du traitement : pontage, pose d’un stent (qui dilate les artères rétrécies), traitement médical... La coronarographie est souvent complétée par une angiographie qui permet d’étudier le fonctionnement du cœur
L’examen nécessite une hospitalisation de 24 à 48 heures et un bilan sanguin afin de vérifier ses globules rouges et sa coagulation en particulier. Les personnes sous traitement anticoagulant oral devront  le remplacer par une forme injectable. La personne devra être à jeun depuis la veille au soir (pas d’aliment, d’eau ou de cigarettes). L’examen a lieu en service de radiologie sous contrôle ECG continue. Une sonde va être montée par le réseau artériel vers le cœur et le départ des artères coronaires. Cette sonde est généralement introduite dans l’artère fémorale au niveau du pli de l’aine après une petite anesthésie locale. Elle peut aussi être réalisée sur le bras à partir de l’artère humérale. La sonde (cathéter) est ensuite montée dans l’aorte jusqu’à la naissance des artères coronaires. Un produit de contraste opaque aux rayons X à base d’iode est alors injecté par le cathéter pour opacifier progressivement toutes artères du cœur. L’opacification est suivie en permanence sur un écran de télévision pendant qu’une succession de radiographies est effectuée.
L’examen dure 30 minutes en moyenne. Ensuite la sonde est enlevée doucement et une compression est effectuée sur l’artère fémorale (au point d’entrée de la sonde) pendant 10 à 20 minutes pour éviter tout risque hémorragique ou la survenue d’un hématome. Un pansement plus ou moins compressif est ensuite mis en place. La personne devra rester allongée pendant quelques heures et surtout ne pas plier sa jambe. Elle devra boire beaucoup pour éliminer le produit de contraste. La sortie du service se fait généralement 24 heures plus tard en dehors de problème particulier.
Les complications de cet examen sont rares, mais à connaître : allergie au produit de contraste, malaise vagal (pas grave), hématome au point de ponction, douleur d’angine de poitrine et d’exceptionnelles embolies.
Malgré les nouvelles techniques mises en place en cardiologie, la coronarographie reste irremplaçable par sa précision. De plus, quelquefois elle permet aussi de traiter des lésions par angioplasties.
Ce qu’il faut retenir :
En cas de douleur thoracique, le médecin cardiologue procédera à la réalisation d’un ECG, voire d’un ECG d’effort si le premier était douteux ou peu contributif… Des douleurs intenses et des anomalies typiques au tracé d’ECG orienteront vers un problème coronarien et la coronarographie sera décidée afin de rechercher une sténose ou une obstruction sur une ou plusieurs artères coronaires.
Le médecin regardera immédiatement les trajets des artères du cœur sur les radiographies, afin de voir si elles présentent des rétrécissements voire des arrêts sur leur trajet. Il notera ensuite leur localisation : ces lésions sont-elles installées sur les grosses artères de départ ou sur les petites artères distales. Existe-t-il une ou plusieurs lésions ? Les blocages sont-ils partiels (dans quel pourcentage ?) ou totaux ?
L’importance du (des) rétrécissement et sa localisation conditionneront le traitement. Un blocage complet ou un fort rétrécissement sera traité plutôt par pontage permettant une revascularisation de l’artère (éventuellement après un échec de l’angioplastie) alors que les rétrécissements plus légers bénéficieront de la pose d’un stent, un système permettant la dilation de l’artère et qui restera posé à demeure.
 Luc BODIN