Docteur Luc BODIN

Les causes du syndrome d’intestin irritable (SII) encore appelé « colite spasmodique », « côlon irritable », « colopathie fonctionnelle » sont nombreuses et variées. Elles font actuellement l’objet de nombreuses recherches. Elles peuvent aussi très bien s’ajouter les unes aux autres :

  • Le premier élément avancé en cas de SII est le stress, mais surtout l’anxiété, avec souvent une tendance aux névroses, aux phobies, aux peurs… que la personne rumine et qui vont se localiser sur son intestin, souvent à un endroit bien précis. Certains auteurs parlent d’enfance difficile, de sévices physiques voire sexuels durant la jeunesse.
  • Une alimentation déséquilibrée, souvent pauvre en fibres, mais riche en épices, en excitants, en alcools, en graisses saturées, en fritures… ou tout simplement en crudités et en fruits… peut en être la cause.
  • Un déséquilibre de la flore intestinale (appelé aussi microbiote) normale avec prolifération de bactéries. L’origine en vient d’une alimentation déséquilibrée, du stress, de prises médicamenteuses (antibiotiques, anti-inflammatoires, hormones, chimiothérapie, cortisone, etc), du tabac, de l’alcool, des polluants (pesticides, métaux lourds), des infections… qui sont responsables de la destruction d’une partie du microbiote.

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  • Un abus de laxatif qui va induire une destruction de la flore intestinale et surtout une atonie intestinale.
  • Une séquelle de dysenterie amibienne ou bacillaire. Mais sans aller chercher si loin, une simple gastro-entérite banale peut laisser derrière elle, une inflammation de la muqueuse intestinale et un déséquilibre de la flore intestinale qui inaugure le début d’un SII. Ce mécanisme serait responsable de près de 25 % des SII.
  • Les femmes sont plus touchées que les hommes. De plus, le SII semble s’accentuer au moment des règles ce qui pourrait indiquer que des facteurs hormonaux interviennent dans le SII.
  • Une baisse de la sérotonine intestinale a aussi été avancée. Le stress pourrait en être la cause, en dégradant l’intestin et favorisant ainsi la libération de la sérotonine au niveau de la muqueuse intestinale. Cela expliquerait aussi l’origine de la tendance dépressive rencontrée chez de nombreux malades atteints de SII. Car les baisses de la sérotonine au niveau du cerveau en sont souvent la cause.
  • Une intolérance alimentaire est fréquente lors des SII comme celle aux laitages et au gluten. Mais officiellement, ce ne serait pas une cause de SII. Par contre, les intolérances alimentaires pourraient venir aggraver le SII tout comme une allergie à un aliment ou encore une insuffisance en lactase, une enzyme importante de la digestion.

Luc BODIN