Docteur Luc BODIN

La médecine ne propose pas de traitement vraiment efficace contre le syndrome d’intestin irritable (SII) encore appelé « colite spasmodique », « côlon irritable », « colopathie fonctionnelle ». Tout au plus, peut-on espérer un soulagement des symptômes. Trois niveaux de traitements sont proposés :

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  • Un changement alimentaire :
    • D’abord commencer par manger lentement, en mastiquant correctement ses aliments avec des repas pris dans un lieu calme.
    • Eviter les excitants : café, thé, alcool et chocolat.
    • Supprimer les épices, la moutarde et le vinaigre. Il est possible de les remplacer par des herbes de Provence ou autres herbes aromatiques.
    • Limiter la consommation des fruits et des crudités. Les réserver pour la fin du repas. Il faut toujours les associer à un peu de féculents au cours du même repas pour diminuer l’irritation pouvant être produite par les crudités et les fruits.
    • Réduire les matières grasses et les laitages parce qu’ils stimulent les contractions de l’intestin.
    • Réduire les fibres insolubles (céréales entières, légumes contenant de la cellulose comme le brocoli ou les asperges) irritantes pour l’intestin et favoriser les fibres solubles (légumineuses, fruits, noix, graines, avoine, orge).
    • Réduire les aliments qui peuvent produire des gaz : charcuterie, légumineuses, oignons, choux, fromages fermentés, pain…
    • Boire de l’eau régulièrement au cours de la journée.
  • Des médicaments sont proposés :
    • Des antispasmodiques musculotropes (Spasfon, Duspatalin, Dicetel…). Il existe aussi le Librax (clidinium bromure et chlordiazépoxide) qui est toujours fort apprécié des personnes souffrant de SII. Mais la présence d’anxiolytique doit en limiter l’usage.
    • En cas de diarrhée, des antidiarrhéiques comme le lopéramide peuvent être indiqués ponctuellement.
    • En cas de constipation, il faudra faire appel à des laxatifs doux et non irritants comme certains laxatifs osmotiques (polyéthylène glycol, lactitol) ou des laxatifs de lest (mucilage).
  • Un soutien psychologique devrait être proposé systématiquement pour aider les personnes à soulager le stress occasionné par cette maladie, mais aussi pour traiter leurs angoisses, leurs peurs et leurs phobies. Une psychothérapie pourrait ainsi être envisagée. Mais en général, les traitements se limitent à la prescription de sédatifs, de tranquillisants, d’anxiolytiques voire d’antidépresseur.

    Luc BODIN