Docteur Luc BODIN

Le syndrome d’intestin irritable (SII) encore appelé « colite spasmodique », « côlon irritable », « colopathie fonctionnelle » est  une pathologie extrêmement fréquente qui atteindrait 15 % de la population générale. Cette affection chronique se caractérise par un trouble de la motricité des intestins qui se traduit par des spasmes intestinaux, des ballonnements et des anomalies du transit.

En France, les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes. Le début de l’affection se situe généralement vers la trentaine et plus rarement après 50 ans.

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Les signes d’un SII sont variables en intensité d’une personne à une autre. Mais il est toujours retrouvé :

  • Des spasmes douloureux souvent localisés à une région particulièrement du ventre. Ils peuvent aussi s’étendre à l’ensemble du côlon. Ces spasmes sont souvent aggravés le matin (mais pas toujours) et ne sont pas modifiés par les repas. Par contre, la défécation semble souvent les calmer. Quelquefois, les douleurs sont intolérables, obligeant la personne à se plier en deux.
  • Des gargouillis intestinaux (borborygmes).
  • Des ballonnements intestinaux et des flatulences souvent déclenchés par certains aliments potentiellement irritants. Ils produisent une distension abdominale qui survient plus ou moins rapidement après un repas.
  • Des troubles du transit à type de diarrhée ou de constipation. Dans les deux cas, la raison provient de spasmes intestinaux. Selon le moment où le spasme se produit, le trouble du transit sera différent :
  • Si le spasme survient au moment du passage du bol alimentaire dans l’intestin, cela produit une chasse de celui-ci et donc une diarrhée.
  • Si le spasme survient avant l’arrivée du bol alimentaire, il va empêcher le passage de celui-ci et induit donc une constipation.

Il peut aussi se produire des alternances de constipation et  de diarrhée.

  • Quelquefois des besoins urgents d’aller à la selle.

D’autres symptômes peuvent également survenir dans ce contexte : des sueurs, des maux de tête, des palpitations, des nausées voire des vomissements, des brûlures ou de l’acidité gastrique, des douleurs lombaires, une insomnie, une perte d’appétit…

Les autres diagnostics à évoquer

Devant des douleurs abdominales et des troubles du transit, avant de parler de SII, il est important d’éliminer principalement : un cancer digestif, des polypes intestinaux, une maladie coeliaque, une maladie de Crohn, une recto-colite hémorragique (RCH), une parasitose intestinale, une mycose intestinale, etc. Le lavement baryté et la coloscopie permettent généralement de faire la distinction. 

Luc BODIN