Le monde bactérien n’a pas fini de nous surprendre ! Il nous est bien sûr, souvent présenté comme étant le grand responsable de maladies. C’est ainsi que furent découvertes les maladies infectieuses bactériennes dues aux streptocoques, aux staphylocoques, aux colibacilles (infection urinaire), au bacille de Koch (tuberculose), à la borrelia (maladie de Lyme), etc. L’énumération de ces maladies serait longue et fastidieuse, allant de la lèpre, au tétanos, à la typhoïde… en passant par l’ulcère et le cancer de l’estomac. Et cette liste ne cesse de s’allonger…

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Jusqu’à présent l’arme employée contre les bactéries était les antibiotiques (oubliant ainsi les huiles essentielles). Or, aujourd’hui, des résistances à ces traitements se multiplient à un tel point que des bactéries multi-résistantes (comme le NDM-1) sont apparues cet été faisant craindre pour l’avenir. D’autant qu’une étude vient de démontrer que les bactéries s’entraident pour mieux résister aux antibiotiques. 

Ce tableau dramatique nous présente les bactéries comme des agents de maladies pour ne pas dire de mort… Mais le monde bactérien présente différents aspects. Par exemple, de nombreux germes peuplent nos organismes et nos intestins avec qui ils coopèrent activement. Il y aurait même dans notre tube digestif, dix fois plus de germes que de cellules vivantes dans tout notre corps. Or, sans cette flore naturelle (saprophyte), nous ne pourrions pas vivre… Mais elle, par contre, pourrait très bien exister sans nous. C’est pourquoi Lynn Margiulis et Dorion Sagan, dans leur livre « l’univers Bactériel », posent carrément la question de savoir si ce n’était pas les humains qui seraient les parasites des bactéries, plutôt que l’inverse ! Car il faut aussi savoir que de nombreuses bactéries sont à l’origine d’organites indispensables – comme les mitochondries – présents dans toutes nos cellules. 

Quoi qu’il en soit, ces bactéries saprophytes sont nos alliées. Elles aident notre organisme dans son fonctionnement et le protègent des germes nuisibles… Elles sont même capables de phagocyter (absorber) les autres germes protégeant ainsi le corps. Ce mécanisme devrait être prochainement utilisé en médecine pour suppléer à l’antibiothérapie défaillante. Il porte le nom de « phagothérapie ».

D’autres théories tendent à démontrer que les infections sont les stades finaux de maladies. Elles seraient en quelque sorte les éboueuses de l’organisme, qui seraient chargées de nettoyer toutes les traces et les séquelles.

Ainsi, au lieu de craindre les bactéries pathogènes, il serait plus logique de développer notre coopération avec les bactéries saprophytes. Pour cela, une bonne hygiène de vie (alimentation, exercice, détente, pro et prébiotiques, etc.) permettrait de renforcer cette flore naturelle et aussi notre terrain ce qui constituerait notre meilleure défense contre les maladies bactériennes.

Luc BODIN