Incontestablement, les virus sont les germes qui font le plus parler d’eux ces dernières années… Ce sont eux les responsables des rhumes, varicelles, verrues, oreillons, mononucléoses infectieuses, rubéoles, herpès, grippes hivernales, hépatite B et C, zona, rougeole, toxoplasmose, rage, variole, poliomyélite, fièvre jaune, encéphalite, SRAS, sida, ébola, grippe aviaire… et maintenant grippe porcine encore appelée grippe A (H1N1) qui fait trembler le monde à la seule pensée d’une pandémie qui pourrait être semblable à celle de son homologue… la tristement célèbre grippe espagnole. Malgré ce tableau catastrophe, les plantes peuvent aider de bien des façons à les combattre. Elles pourraient même devenir des aides incontournables à côté des traitements conventionnels et aussi pour les suppléer.

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Un peu d’histoire

C’est dans les années 1890 que le botaniste russe Dmitri Ivanovski qui en étudiant la mosaïque du tabac, une maladie végétale, trouva que la sève des plantes malades contenait un agent infectieux. Il pensa de prime abord à une petite bactérie ou une toxine. Ce sera le chimiste Beijerinck qui élimina l’hypothèse bactérienne sans en trouver la cause véritable. Ce fut à la même époque que fut identifié le premier virus, celui de la fièvre aphteuse.

Les virus, dont le nom signifie « poison » en latin, font partie de la famille des micro-organismes. Ils seraient les derniers arrivés sur l’arbre de l’évolution bien après les parasites, les champignons et les bactéries. En effet, les premières bactéries remonteraient à 4 ou 5 millions d’années alors que les virus sont apparus il y a tout juste 500 000 ans. Malgré leur arrivée « récente », ils sont extraordinairement nombreux et variés. On estime qu’il y aurait 1031 virus différents vivant actuellement sur Terre, donc bien plus que les bactéries et les parasites. Ils présentent différentes formes, différentes tailles, différents fonctionnements… Il existe des virus de plantes (phytovirus), des virus d’insectes… des virus de bactéries (qui détruisent les bactéries), des virus de l’homme… En fait, tous les êtres vivants peuvent être infectés par les virus. Il a même été découvert récemment des virus de virus

L’anatomie des virus

Les virus sont généralement de petite taille (inférieure à 300 nanomètres) à quelques exceptions près. Ils sont composés d’une seule molécule d’acide nucléique soit ADN (acide désoxyribonucléïque), soit ARN (acide ribonucléique) en simple ou double brin, entouré d’une coque protéique appelée capside. Selon les virus, la taille du génome peut varier de quelques gènes à 1.200 gènes.

À la différence des bactéries qui sont des êtres unicellulaires et qui ont donc une vie propre, les virus ont besoin d’une cellule pour se multiplier. Ils vont utiliser le matériel cellulaire à leur usage personnel c’est-à-dire pour se développer. Les virus sont donc des parasites des cellules qu’ils infectent. Lorsqu’ils sont à l’extérieur des cellules (forme libre), ils sont nommés « virions ». Sous cette forme, les virus sont inertes et incapables de métaboliser, de fabriquer de l’énergie, de croître ou de se multiplier. C’est pourquoi le vieux débat entre l’inerte et le vivant est longtemps resté ouvert concernant le virus. Ainsi, à l’extérieur des cellules, il n’est qu’un assemblage de molécules inerte, mais une fois entrer dans la cellule, il s’éveille et s’anime.

L’action des virus

Mais les virus ne font pas qu’induire des maladies. Ils jouent aussi un rôle fondamental dans l’évolution des espèces. Sans les innovations qu’ils ont apportées aux génomes lors des infections qu’ils ont produites, l’être humain n’aurait jamais pu voir le jour… Ce constat est le résultat de travaux réalisés à Marseille dans le laboratoire de Didier Raoult où il a été découvert les virus Mamavirus et Sputnik. Ils se présentent comme des virus géants plus gros que des bactéries et sont susceptibles d’infecter d’autres virus (des virus de virus). Ils ont ainsi donné la preuve que les virus sont bien vivants et non inertes comme d’aucuns le pensaient. D’autres chercheurs vont même plus loin encore, en considérant que les virus pourraient être les «inventeurs » de l’ADN, rien de moins !

Les virus et les cristaux

Curieusement, les virus seraient capables sous certaines conditions de se transformer en cristaux. Ainsi le prix Nobel Stanley réussit en 1946 à cristalliser la mosaïque du tabac. Ce virus cristallisé, une fois placé à la lumière, retrouve sa virulence. Il est même de nouveau capable de contaminer des feuilles de tabac. C’est peut-être ce phénomène de cristallisation qui est à l’origine de la forme particulière des virus qui se présentent soit sous forme cubique (en icosaèdre), soit sous forme hélicoïdale.

Luc BODIN