Le frottis cervico-vaginal est un examen pratiqué par un gynécologue ou un médecin généraliste qui consiste à prélever quelques cellules du vagin et du col de l’utérus afin d’en rechercher les anomalies éventuelles avant qu’elles ne se transforment en cancer. Car le cancer du col de l’utérus touche tous les ans en France plus de 3 000 femmes et entraîne le décès de 1 000 d’entre elles.

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Cet examen simple et totalement indolore est devenu un geste routinier qui permet de dépister la moindre anomalie sur les cellules vaginales et utérines. Ce dépistage permet de diagnostiquer les cancers à leur phase de début. Car généralement, ils évoluent lentement sur plusieurs années ce qui permet de les traiter et de les guérir avant qu’ils ne prennent de l’ampleur.

Le frottis cervico-vaginal se pratique lors d’un examen gynécologique habituel. La femme est installée sur la table d’examen en position gynécologique, jambes pliées, les pieds calés dans les étriers. Un spéculum introduit au niveau vaginal va écarter les parois vaginales ce qui permet au médecin un abord aisé du col utérin. À l’aide d’une spatule, il va gratter doucement le fond du vagin, le col et le canal utérins. Le prélèvement est ensuite étalé sur une lame en verre et vaporisé à l’aide d’un fixateur afin d’en assurer la conservation. Puis le frottis est envoyé au laboratoire où il sera analysé au microscope après avoir été coloré.

Ce geste est rapide, deux à trois minutes suffisent. Le col de l’utérus étant peu sensible, le frottis est un examen totalement indolore. Il doit être réalisé en dehors des périodes de règles, d’infections vaginales et de pose d’ovules qui pourraient en modifier les résultats.

Le premier frottis est effectué aussitôt après les premiers rapports. Il est ensuite renouvelé tous les ans ou tous les deux ans particulièrement entre 25 et 65 ans. La fréquence peut être accélérée en cas d’anomalies retrouvées sur un frottis.

Le résultat est obtenu en quelques jours et est transmis au médecin. Celui-ci n’avertit généralement sa patiente qu’en cas d’anomalie retrouvée. Quelquefois, le frottis est ininterprétable parce qu’il est hémorragique ou que le nombre des cellules recueillies est trop faible.

Il y a classiquement quatre stades possibles dans les résultats d’un frottis :

  • Stade 1 : frottis normal.
  • Stade 2 : frottis inflammatoire, c’est-à-dire que parmi les cellules retrouvées certaines indiquent une inflammation qui peut être secondaire à une infection par exemple, notamment en cas de présence de polynucléaires neutrophiles (globules blancs) altérés et de lymphocytes.
  • Stade 3 : frottis dysplasique. Nous retrouvons là les dystrophies, les ectropions, les leucoplasies, les métaplasies, les kératoses, etc. Parmi les cellules retrouvées, certaines présentent des anomalies qui sont toujours bénignes, mais pouvant dégénérer pour certaines d’entre elles, en cancer avec le temps (notamment de haut grade, CIN3).
  • Stade 4 : frottis cancéreux où il y a présence de cellules cancéreuses. Il faut alors distinguer les cancers in situ (CIS), c’est-à-dire très limités et localisés, des cancers ayant déjà évolués et envahis une partie du col utérin (micro-invasifs ou invasifs).

De plus, une infection, telle une mycose peut être découverte lors d’un frottis ce qui rend plus aléatoire l’interprétation du frottis. Il est conseillé dans ce cas de renouveler le frottis quelques semaines après que l’infection soit terminée. 

Il peut également être effectué en même temps que le frottis, un test HPV (Human Papilloma Virus) qui permet de repérer les infections à HPV par biologie moléculaire. Il s’agit de virus banaux et fréquents. Ils guérissent le plus souvent spontanément. Ils sont responsables de verrues sur la peau, de condylomes…, mais quelquefois, ils persistent au niveau du col utérin pendant plusieurs années et peuvent induire une cancérisation (notamment les HPV 16, 18 surtout, mais aussi 31, 33…). Il existe maintenant des vaccins contre certains de ces virus potentiellement cancérogènes.

En cas d’anomalie, un deuxième frottis de contrôle peut être réalisé. Mais ce sont surtout les examens complémentaires notamment une étude minutieuse du col à l’aide d’une colposcopie, qui permet d’établir le diagnostic exact de l’anomalie retrouvée. Car il permet de détecter des lésions qui demeurent invisibles à l’œil nu. Une biopsie des lésions retrouvées est généralement effectuée.

Luc BODIN