La grande majorité des entorses de cheville font suite à des traumatismes survenant lorsque la cheville est en varus (inclinée vers l’intérieur). Elles sont d’autant plus graves que le choc est violent : chute d’une grande hauteur, pied en flexion plantaire.

Au moment du traumatisme, une douleur violente survient, avec quelquefois une sensation de craquement ou de déboîtement de la cheville. Ceci s’accompagne immédiatement d’une incapacité à bouger l’articulation, à prendre appui sur le sol et bien sûr à marcher. Rapidement, un œdème se développe, et même un bleu peut apparaître, voire même prendre du volume donnant ainsi l’aspect caractéristique d’« œuf de pigeon » au niveau de la malléole externe ce qui signe la déchirure plus ou moins importante d’un ligament latéral externe.

L’examen clinique effectué par un médecin retrouve une douleur à la palpation du ligament latéral externe de la cheville ainsi que lors des mouvements en varus (inclinaison latérale interne) de la cheville.

En cas de doute sur le diagnostic ou sur l’éventualité d’une entorse grave, une radiographie sera effectuée à la recherche d’une fracture, d’un arrachement osseux (signe d’une entorse grave), d’une luxation…

Le traitement de base d’une entorse banale suit le protocole de GREC qui associe : pochon de glace sur la cheville, repos avec surélévation de la jambe et compression. Le but étant de faire diminuer l’œdème qui induit une insuffisance veineuse préjudiciable, mais surtout qui peut entraîner une fibrose cicatricielle des ligaments contus.

La compression sera assurée par un bandage élastique puis, par une orthèse semi-rigide (de type Aircast) qui facilitera l’appui et la reprise de la marche aidée de béquilles. Ce type d’immobilisation remplace aujourd’hui les anciens strappings qui étaient souvent mal réalisés et donc inefficaces et douloureux. De plus, ces orthèses semi-rigides permettent une reprise des activités professionnelles plus rapide avec ainsi un risque de phlébites moindre. L’immobilisation de la cheville dans cette orthèse devra être poursuivie pendant 4 à 6 semaines selon l’importance de l’entorse. Les plâtres (en résine) sont de moins en moins utilisés, à l’exception des entorses chez les enfants.

Une prise d’antalgiques peut s’avérer nécessaire lorsque la seule mise au repos ne suffit pas à calmer la douleur. Quant aux anti-inflammatoires, ils ne devront être utilisés que si nécessaires, et sur une courte durée (quelques jours), car l’inflammation fait partie des processus de réparation de la cheville.

Les interventions ne sont indiquées qu’en cas d’entorses graves avec rupture ligamentaire complète.

granule

En cas d’entorse bénigne, d’autres traitements complémentaires sont efficaces :

  • L’homéopathie avec Arnica 4CH, Hypericum 4CH voire Ruta graveolens 4CH à raison de 3 granules de chaque avant les 3 repas.
  • L’ostéopathie permettra de replacer les os (astragale et calcanéum) souvent déplacés lors du traumatisme.
  • La myothérapie, le Bowen, la technique Mézières permettront de lever la contracture ligamentaire induite par le traumatisme.
  • La mésothérapie est aussi très efficace. Les injections devront se faire autour (mais à distance) du foyer de l’entorse.
  • L’acupuncture est remarquable.
  • La crème Rap et les cataplasmes d’argile en applications ont largement démontré leur intérêt.

Une rééducation est toujours nécessaire à la fin de la cicatrisation afin de diminuer les oedèmes résiduels et de renforcer les muscles périarticulaires. Cela permet de bien stabiliser la cheville et ainsi d’éviter les douleurs résiduelles et les récidives d’entorses. Mais surtout, cette rééducation empêchera la constitution d’une chaîne ostéo-articulaire qui pourrait débuter au niveau de la cheville (mal soignée et mal positionnée) et aller déséquilibrer les genoux d’abord, puis les hanches et toute la colonne vertébrale, y produisant des douleurs, des malpositions et des pathologies étagées au cours des ans. C’est pourquoi il ne faut jamais la négliger.

Luc BODIN