L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est une pathologie fréquente chez les femmes. Mais avec l’âge, elle touche aussi beaucoup d’hommes. On estime aujourd’hui que 18 millions de personnes en France souffrent d’IVC  dont 10 millions présentent des varices apparentes. Car au-delà de la gêne et de la souffrance, les problèmes veineux posent des problèmes esthétiques souvent difficiles à accepter, d’autant plus que pour les femmes, les jambes font partie des objets de leur séduction.
  L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est une maladie d’évolution progressive qui touche principalement le réseau veineux déclive, c’est-à-dire les veines des membres inférieurs. Le problème provient du fait  que le sang veineux ne bénéficie pas de la pression exercée par les battements cardiaques contrairement au sang artériel. De plus, la remontée du sang dans les jambes est rendue difficile par la pesanteur terrestre.
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Plusieurs systèmes sont nécessaires pour assurer le retour veineux :
  • La pompe veineuse de la voûte plantaire, qui fait qu’à chaque pas, le sang veineux présent dans le pied est poussé vers le haut.
  • Les contractions des muscles du mollet qui font de même.
  • La respiration, dont surtout le diaphragme qui par son mouvement de piston de haut en bas, permet la montée du sang dans l’abdomen jusqu’au cœur.
  • Des valvules qui se trouvent à l’intérieur des veines et qui par leurs mouvements, poussent le sang vers le haut.
   Connaissant ces mécanismes, il est facile de comprendre que la sédentarité prive la personne de la pompe veineuse plantaire, de la contraction des muscles des mollets, des grands mouvements respiratoires du diaphragme… ce qui gêne le retour veineux. De plus, les dilatations veineuses(dues à la chaleur, sédentarité…) font que les valvules se trouvent écartées ce qui les rend perméables et donc inefficaces. C’est ainsi que commence souvent l’insuffisance veineuse…
Les étapes de l’IVC
   Tout commence lorsque la paroi veineuse perd de sa tonicité pour des raisons que nous verrons plus loin. La dilatation veineuse que cela entraîne fait que les valvules ne sont plus jointives et qu’elles laisseront redescendre le sang veineux au lieu de le pousser vers le haut. La conséquence est une « stase veineuse » dans les régions déclives. Cela est d’autant plus fâcheux que le sang veineux est un sang chargé de gaz carbonique et de toxines provenant du métabolisme des cellules (déchets cellulaires). Ce sang n’est donc pas de bonne qualité ce qui est ennuyeux en cas de stase… C’est la stase veineuse qui est responsable du premier symptôme rencontré dans l’IVC : les jambes lourdes, c’est-à-dire l’impression que chaque jambe pèse une tonne…rendant tous les déplacements pénibles.
    La stase favorise la survenue d’une inflammation au niveau de la paroi veineuse ce qui aggrave sa dégradation mais aussi les symptômes ressentis. L’eau présent dans le sang sort alors des veines et infiltre les tissus avoisinants. C’est le début des oedèmes, des gonflements quelquefois douloureux, qui commencent aux pieds pour monter progressivement avec le temps, au niveau des mollets, voire de l’ensemble des membres inférieurs. Au début, cet œdème disparaît avec la station couchée, mais peu à peu il demeurera permanent. Par ce mécanisme, l’IVC contribue (avec d’autres facteurs) à la survenue de la cellulite qui touchent près de 80 % des femmes et qui se localise principalement aux hanches.
    Durant cette première phase, l’IVC peut être responsable de crampes et d’impatiencesdans les jambes.
    Apparaissent ensuite les premières varicosités sur les jambes liées au fait que la dilatation veineuse a entraîné une rupture des fibres élastiques présentes dans les parois veineuses, rendant alors impossible toute contraction spontanée. Ces petites dilatations veineuses sont visibles sous la peau. Elles sont souvent inflammatoires et douloureuses.
    Les varicosités vont avoir tendance à se multiplier, constituant des varices de plus en plus nombreuses et importantes. Elles sont inesthétiques et aggravent les sensations de jambes lourdes et les oedèmes déclives.
    Le temps passant, le sang veineux chargé de déchets s’accumule dans les jambes. La peau n’est plus correctement oxygénée et va changer de couleur. Des pigments brunâtres s’y fixent : c’est la « dermite ocre ». Quelquefois, la peau à ce niveau, va se mettre à s’enflammer et à démanger, un eczéma variqueuxs’y développant.
    Trois complications peuvent survenir au cours de l’évolution de l’IVC :
  • Des ruptures de paroi veineuses produisant des saignements et des hématomes.
  • La stagnation du sang favorisant la formation de cailloux. C’est ainsi que se forment les phlébites. Le danger arrive lorsque ce caillot se détache et part vers le cœur et les poumons où il peut se fixer entraînant infarctus du myocarde ou embolie pulmonaire, pouvant être mortel.
  • La peau moins bien oxygénée, et chargée de toxines peut s’ouvrir et constituer un ulcère qui peut s’étendre et s’infecter.
C’est ainsi que l’IVC n’est pas un phénomène passager et transitoire. Il est important de la traiter dès les premiers symptômes afin d’en limiter l’évolution. Il s’agit d’une maladie qui nécessite une hygiène de vie et un traitement régulier à vie.
Luc BODIN