Le traitement sera modulé selon le stade de l’insuffisance veineuse chronique (IVC)
1. La suppression des facteurs de risques(dans la mesure du possible) : surpoids, pilule, sédentarité, chaleur, constipation, tabac, alcool, traitement hormonal, dérèglement hormonal…
man eating burger and french fries
2. Une bonne hygiène de vie est toujours indispensable :
  • Une alimentation légère pour le foie, riche en crudités et fruits qui apportent des antioxydants qui protégent les parois veineuses de l’agression des radicaux libres, les huiles d’olives, de colza, de noix, les poissons qui fournissent des prostaglandines sources d’anti-inflammatoires naturels. Il conviendra de limiter aussi le sel qui favorise la rétention d’eau et les oedèmes.
  • Eviter les stations debout prolongées et les piétinements (travail, shopping, files d’attente…). Si ce n’est pas possible, faire régulièrement quelques mouvements d’assouplissement des jambes et des chevilles, des mouvements de flexion ou de balancier, voire quelques minutes de marche.
  • Eviter de porter de lourdes charges, préférer effectuer plusieurs voyages avec de petites charges.
  • Eviter les talons hauts, préférez les chaussures confortables plus basses, qui ne compriment pas les pieds.
  • Eviter les vêtements serrés à la taille ou aux jointures (aine, genou, cheville) comme les pantalons, les chaussettes les slips, les bas ou les collants trop serrés qui bloqueront la circulation de retour.
  • Eviter les sources de chaleur  (chauffage, radiateur, exposition au soleil, séances d’UV, cires chaudes, bains et saunas chauds. Préférez la fraîcheur : les douches fraîches sur les jambes, les bains de pieds frais (éventuellement avec du gros sel), des gels refroidissant, les marches dans l’eau (mer, rivière)…
  • S’éloigner des appareils électriques branchés (même en veille), dont le champ électromagnétique pourrait aggraver votre IVC.
  • Faire de l’exercice : marche, vélo, piscine… pendant au moins 30 minutes par jour.
  • Surélever ses jambes : les mettre sur un pouf ou des coussins en position assise, dans le lit il faudra surélever le pied du lit d’une quinzaine de centimètres… et le soir il est possible de mettre les jambes à la verticale en les mettant en appui contre un mur, pendant quelques minutes. Le soulagement des jambes lourdes est rapide. Il est aussi possible de se faire des massages en commençant par les pieds puis de remonter jusqu’à l’aine.
  • 3. Les traitements médicamenteux doivent être systématiques. Ils visent à tonifier et régénérer les parois veineuses défaillantes. Ils doivent être pris soit en permanence si les troubles sont intenses, soit durant les périodes délicates : été, piétinement, chaleur, avion, jambes lourdes, oedème…
Il en existe de trois sortes :
  • Les phlébotoniques : Daflon, Veinamitol, Ginkor fort, Cyclo 3… qui ne sont malheureusement plus remboursés, mais qui sont pourtant très utiles pour tonifier les veines.
  • Les plantes. Elles sont nombreuses et agissent :Les huiles essentielles de cyprès, de lavandin, de ylang-ylang, de raventsara… en massages sur les jambes apportent de bons résultats.
    • Pour tonifier les veines : hamamelis, fragon.
    • Pour protéger les parois veineuses : marron d’Inde, cyprès, vigne rouge…
    • Pour fluidifier le sang : gingko biloba, melilot…
    • Pour éliminer les oedèmes : orthosiphon, piloselle, berberis…
  • L’homéopathie présente aussi de nombreux remèdes intéressants. Le Climaxol constiyue un excellent traitement draineur, autrement Hamamelis, fluoric acid, calcarea fluorica, aesculus… donnent d’excellents résultats., tout comme la formule de l’Abbé Chaupitre n°15.
  • Les nutriments sont nombreux. Les meilleurs sont le magnésium, le zinc, le cobalt, le silicium organique, les vitamines C et E qui régénèrent la paroi veineuse, sans oublier les antioxydants qui protégent les veines du vieillissement et les oméga 3 qui fluidifient le sang.
  • L’acupuncture, l’homéopathie, l’EFT, la mésothérapie, les bains dérivatifs, la balancelle de Lydia Sébastien et les cures thermales (hydrothérapie) ont montré des résultats importants sur les IVC.
  • Les massages et les drainages lymphatiques sont aussi à conseiller s’ils sont doux et ne traumatisent les ganglions.
  • La pressothérapie qui consiste à enfiler de grandes bottes gonflables montant jusqu’en haut des cuisses.
  • La contention veineuse par des chaussettes, des bas ou des collants de contention. Il existe aujourd’hui des produits de qualité dont l’aspect est tout à fait comparable à celui des bas habituels. Elle est indiquée soit :Les gels soulagent bien les jambes lourdes et fatiguées : Escinogel, Rap, Phlébogel…
    • Ponctuellement pour passer une période difficile (avion, soirée, cérémonie, piétinement…) en cas d’IVC légère.
    • De manière permanente lorsque les traitements sont insuffisants pour apporter un soulagement à la personne. La contention sera une alternative à la chirurgie pour les personnes chez qui la chirurgie est contre-indiquée.
  • À côté de ces traitements, je conseille d’effectuer systématiquement :
    • Un bilan ostéo-articulaire (posturologie), pour corriger les cambrures lombaires exagérées, mais surtout les contractures du mollet (soléaire) très souvent responsables de l’IVC.
    • Un bilan podologique, car une mauvaise position des pieds peut aussi concourir à la survenue d’une IVC.
4. Les sclérothérapies
            Lorsqu’apparaissent des varicosités malgré les traitements entrepris, les scléroses sont une solution pour les faire disparaître, mais surtout pour induire une construction artificielle et définitive de la veine. Je conseillerais de les faire surtout en hiver parce que le froid limite les inflammations et les hématomes pouvant survenir après une sclérose.
            Les scléroses sont une alternative à la chirurgie. Car en l’absence de sclérose, les varicosités vont se multiplier formant des varices trop grosses pour être sclérosées…
5. La chirurgie doit être le dernier recours. Elle permettra de soulager les lourdeurs et les douleurs de jambes, d’améliorer l’esthétique et de prévenir les complications. Le geste portera essentiellement sur le réseau veineux superficiel, à la seule condition que le réseau veineux profond soit bon. C’est impératif.
Plusieurs interventions sont possibles :
  • L’éveinage ou stripping qui enlèvera l’ensemble de la veine détériorée.
  • La phlébectomie superficielle ou veinotomie ambulatoire (Muller) qui n’enlèvera que la partie détériorée de la veine sous anesthésie locale.
  • La chirurgie conservatrice (Chiva)qui consiste simplement à ligaturer les veines détériorées sans les enlever.
  • La chirurgie veineuse par voie endoscopique qui est indiquée surtout dans les ulcères.
À signaler qu’après la chirurgie, il convient impérativement de reprendre un traitement médical. Car la chirurgie n’a pas arrêté la maladie, elle n’a fait qu’enlever les parties les plus atteintes…
Luc BODIN