La crise de goutte est due à un excès d’acide urique dans le sang (hyperuricémie supérieure généralement à 80 mg/l). Elle survient classiquement à la suite d’excès à table, fréquents en cette période où les mariages, les communions, les barbecues, les repas de fin d’année scolaire… se succèdent. L’alcool est le facteur le principal. Mais les abus de viandes, de sucres, de sodas light… en sont aussi responsables. Il existe également des prédispositions génétiques.

Ces crises se rencontrent souvent aujourd’hui chez les personnes âgées aux fonctions rénales affaiblies. La prise de certains médicaments, notamment les diurétiques, aggrave encore la situation.

La crise de goutte se traduit généralement par une poussée inflammatoire sur une articulation, classiquement le gros orteil, la cheville ou le genou. L’articulation devient rouge, chaude, enflée et très douloureuse au moindre mouvement. Le début est souvent brutal généralement de nuit. La douleur se calme au petit matin pour recommencer la nuit suivante.

La crise peut être précédée de fatigue, de traumatisme ou bien sûr d’un repas bien arrosé… Elle peut s’accompagner d’un petit train fébrile à 38°C, de sueurs et d’agitation.

La prise de sang confirme l’existence d’une hyperuricémie avec une vitesse de sédimentation élevée et souvent augmentation des globules blancs.

Le traitement consiste en un repos et une cure de diurèse nécessitant de boire 2 litres d’eau par jour minimum. Ensuite, un pochon de glace sur l’articulation douloureuse et la prise de la Colchicine résoudront le problème en quelques heures. Mais ce dernier pouvant être laxatif, le Colchimax lui est souvent préféré (1 comprimé 3 fois par jour le premier jour, puis la dose est diminuée progressivement). Il peut être associé à des anti-inflammatoires, voire de la cortisone dans les cas sévères et résistants. Exceptionnellement, une ponction articulaire ou/et une injection de corticoïde sont indiqués. Des traitements à base d’inhibiteur de l’interleukine 1 sont actuellement à l’étude.

Fotolia_77895837_Subscription_XXL

Mais ce traitement de « crise » ne doit pas faire oublier le traitement de fond qui consistera en une perte de poids, une diminution de la consommation d’alcool et des aliments riches en purines (viandes, abats gibier, charcuteries, cervelle, champignons, sardines, anchois, fritures, chocolat, soda light…) et un arrêt des diurétiques. Un traitement hypo-uricémiant (Zyloric) est aussi entrepris afin de faire baisser le taux de l’acide urique présent dans le sang.

Car en l’absence de mesure préventive, les crises vont se succéder apportant une dégradation progressive de l’articulation et l’apparition de tophi (nodule sous-cutanés) constitué de dépôts d’urates.

Luc BODIN