L’électrocardiogramme (ECG) est un examen fondamental pour l’étude du cœur. Il consiste à enregistrer l’activité électrique du muscle cardiaque et la manière dont il se contracte. Les problèmes de coronaires (artères du cœur), les troubles du rythme ou de conduction et l’état du muscle cardiaque sont ainsi appréciés grâce à un simple tracé d’ECG.
Pour l’examen, douze électrodes (souvent réduite à six dans l’usage courant) sont placées sur le thorax de la personne. Elles sont disposées de chaque côté du sternum et sur côté gauche de la poitrine ce qui permettra d’étudier le cœur sous différents angles et ainsi d’analyser les différentes parties du cœur : les oreillettes et les ventricules ainsi que les valves cardiaques. D’autres électrodes sont fixées aux bras et aux pieds de la personne.

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L’ECG va enregistrer les impulsions nerveuses (ondes) à l’origine des contractions cardiaques, oreillettes d’abord puis ventricules. Pour cela, l’onde d’activation va débuter dans l’oreillette droite (nœud sinusal), puis elle diffuse dans les deux oreillettes avant de rejoindre le faisceau de His qui va se diviser ensuite en deux branches, droite et gauche, au niveau des ventricules.
Les différentes étapes de ce parcours sont visibles sur l’ECG. Ainsi plusieurs ondes sont individualisées. Elles ont été nommées : PQRST
  • L’onde P est une petite onde positive correspondant à la dépolarisation des oreillettes. Elle permet de s’assurer que le rythme du cœur est « sinusal » c’est-à-dire qu’il débute bien par les oreillettes. La fréquence varie entre 60 et 80/90. En deçà, on parle de bradycardie, et au-delà de 100, de tachycardie. La durée et l’amplitude sont également importantes. Elles permettent de repérer les hypertrophies (muscle trop développé) des oreillettes et les troubles de conduction auriculo-ventriculaire.
  • L’espace PR traduit le temps de conduction entre les oreillettes et les ventricules.
  • Le complexe QRS correspond à la dépolarisation des ventricules. La durée du QRS est importante, au-delà de 0,12 seconde, on parle de troubles de la conduction de type « bloc de branche ». Mais surtout le médecin recherchera la présence d’une onde Q de nécrose (onde Q plus large et plus profonde) qui est un signe d’infarctus du myocarde
  • L’espace ST peut présenter des décalages vers le haut (sus-décalage) ou vers le bas (sous-décalage) qui sont évocateurs de pathologies sur les artères coronaires (angine de poitrine, infarctus).
  • L’onde T qui correspond à la repolarisation des ventricules. Elle est normalement positive (sauf en D3 et en V1). Sa négativation peut indiquer une hypertrophie ventriculaire ou un bloc de branche.
  • L’espace QT. Son allongement indique que la personne risque de faire des pertes de connaissance.
Ainsi l’électrocardiogramme permet de dépister essentiellement 4 types de troubles cardiaques :
  • Troubles de l’excitabilité : fibrillation auriculaire, flutter, tachysystolie auriculaire, tachycardie paroxystiques, tachycardie ventriculaire.
  • Troubles de la conduction : bloc sino-auriculaire, bloc auriculo-ventriculaire.
  • Insuffisance coronarienne : angine de poitrine, infarctus.
  • Hypertrophie : développement excessif du muscle cardiaque au niveau d’une oreillette ou d’un ventricule.
Il permettra aussi de situer l’origine des lésions sur le cœur. Cependant quelquefois des doutes persistent concernant certaines pathologies cardiaques non évidentes sur l’ECG standard. Il faudra alors avoir recours à des examens complémentaires :
L’épreuve d’effort
L’épreuve d’effort consiste à enregistrer le pouls, la tension artérielle et surtout l’électrocardiogramme au cours d’un effort physique comme une course à pied sur tapis roulant ou une course en vélo sur une bicyclette ergométrique. Il se déroule toujours sous la surveillance constante d’un médecin cardiologue.
Cet examen est indiqué lorsqu’il y a doute sur une angine de poitrine, ou bien pour suivre une personne atteinte de maladies coronariennes (angine de poitrine, infarctus) ou atteinte de certains troubles du rythme cardiaque. Il est aussi utile pour juger l’aptitude à l’effort des personnes voulant faire du sport, alors qu’elles ne sont pas sportives ou qu’elles ont des facteurs de risque cardiovasculaire (diabète, cholestérol, hypertension artérielle)
Un holter ECG
            Cet examen consiste en un enregistrement  continu du rythme cardiaque par un ECG, pendant 24 heures. Il a pour but de rechercher et d’identifier les troubles du rythme cardiaque pouvant survenir de manière épisodique dans les 24 heures et donc qui ne sont pas toujours visibles sur les ECG standard.
            Pour la réalisation du Holter ECG, un appareil enregistreur est posé sur la personne. Il est rattaché à des électrodes fixées sur le thorax. L’enregistrement commence alors. Il dure 24 heures. Ensuite, le médecin récupérera l’enregistrement en vue de son étude.
 Luc BODIN