Les signes sont assez évocateurs d’une hypertrophie bénigne de la prostate :

–  Envies plus fréquentes d’uriner d’abord la nuit, puis le jour.

–  Impériosités mictionnelles.

–  Diminution du calibre (débit) et de la puissance du jet urinaire, font que les mictions sont lentes et peuvent nécessiter de pousser pour évacuer les urines.

–  Quelquefois, le jet urinaire est intermittent.

–  Il peut exister des gouttes « retardataires » qui sortent une fois la miction terminée.

–  Sensation de ne pas avoir vidé toute sa vessie.

–  Plus rarement : douleur lors de la miction.

Par ailleurs, il a été noté que les hommes ayant des troubles urinaires du bas appareil (TUBA) comme dans l HBP, présentent souvent des troubles de l’érection associés, sans qu’aucune explication n’ait été trouvée.

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Les examens :

  • Le médecin pourra établir un IPSS, c’est-à-dire le score des symptômes présentés (voir plus bas).
  • L’examen physique est normal, sauf le toucher rectal qui retrouvera une grosse prostate plutôt de consistance souple et à surface lisse ce qui la différentie du cancer où la prostate est dure avec une consistance rugueuse.
  • Les PSAsont des marqueurs du cancer de la prostate. Ils sont normaux en cas de HBP – quoiqu’une grosse prostate puisse faire augmenter discrètement les PSA – ce qui permet de faire la distinction entre un cancer et une HBP.  Ainsi en cas de grosse prostate, plusieurs situations sont possibles :
    • si PSA normale, PSA < 4 ng/ml. Le résultat est en faveur d’une HBP et une surveillance annuelle est suffisante.
    • si PSA entre 4 et 10 ng/ml : Le résultat est douteux. Il faut alors faire le dosage des PSA libres et du rapport : PSA libres / PSA Totales.
      • Si celui-ci est inférieur à 10 % : il faut faire impérativement des biopsies de la prostate (forte probabilité de cancer).
      • entre 10 et 25 % : l’attitude dépendra du bilan clinique et radiologique (ou échographique) de la prostate.
      • si résultat est supérieur à 25% : simple surveillance. Il s’agit probablement d’une HBP.
    • si PSA > 10 ng/ml : La suspicion de cancer est forte. Il convient alors de faire d’emblée des biopsies de la prostate.
  • Un nouvel examen, consistant à doser le gène PCA3 (Prostate Cancer Gene 3) dans les urines, devrait permettre d’éviter les biopsies de la prostate dans l’avenir. Il ne remplacera pas le dosage des PSA, mais les complètera en cas de valeurs suspectes de celles-ci.
  • La prise de sang recherchera des signes d’infection ou d’inflammation (NFS, VS, PCR) pouvant signaler l’existence d’une prostatite ou d’une infection urinaire. Un bilan urinaire sera également effectué à la recherche d’une insuffisance rénale pouvant être consécutive à une rétention chronique d’urine. Les examens urinaires (Bandelette ou ECBU) n’apporteront rien dans cette indication sauf s’il existe une complication infectieuse.
  • L’échographie montrera une prostate augmentée de volume, mais homogène. Elle étudiera également la vessie à la recherche d’un résidu post-mictionnel (qui sera mesuré), mais aussi de signes de lutte montrant la nécessité de pousser lors des mictions. Ce dernier signe est évocateur d’une souffrance de la vessie et donc de la nécessité de traiter énergiquement la prostate, souvent par chirurgie.

Luc BODIN