Les prostatites aiguës sont pour la plupart des infections. Elles induisent des symptômes assez typiques :

  • Douleurs au niveau du bas-ventre, irradiant parfois vers le rectum et l’anus.
  • Fièvre au-dessus de 38,5°C, associée quelquefois à des frissons, une fatigue, des sueurs et des courbatures.
  • Brûlures en urinant. Cela peut s’accompagner d’envies fréquentes d’uriner, mais aussi de difficulté à uriner.
  • Urines troubles et parfois mal odorantes.
  • Quelquefois un écoulement urétral.

Le toucher rectal est souvent très évocateur. Il retrouve une prostate inflammatoire, chaude, quelquefois augmentée de volume, mais surtout très douloureuse. En cas de prostatite non compliquée, le reste de l’examen est normal, mis à part quelquefois une inflammation retrouvée au niveau du méat urinaire.

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L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) recherchera le germe responsable sur lequel sera effectué un antibiogramme. Cependant souvent aucun germe n’est retrouvé, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de prostatite. Dans ce cas, une épreuve de Meares et Stamey est réalisée. Il s’agit d’effectuer un massage de la prostate (par voie rectale) avec recueils des urines avant et après le massage sur lesquels sera effectué une recherche du germe avec antibiogramme.

Les germes possibles sont multiples : Escherichia Coli, streptocoque D et aussi des germes sexuellement transmissibles (MST) comme le chlamydiae, le gonocoque ou les mycoplasmes… Un dépistage sur le partenaire est alors indispensable.

Mais en définitive, un germe n’est retrouvé que dans 10 % des cas, ce qui signifie que 90 % des patients présentant une prostatite n’ont pas d’infection, ou du moins, que nos moyens actuels ne permettent pas d’en détecter une.

Les examens radiologiques (échographie, scanner, IRM, cystoscopie) n’ont pas grand intérêt en cas de prostatite, car ils ne montrent rien de particulier.

La plupart du temps, il n’y a pas de cause à la survenue d’une prostatite aiguë. Cependant, les rapports sexuels non protégés, les rapports anaux et l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBG) semblent les favoriser.

Une prostatite aiguë peut se compliquer par :

  • Un blocage des urines, c’est-à-dire une rétention aiguë des urines qu’il convient d’évacuer urgemment par sondage (cathéter) en même temps que l’infection est traitée.
  • Une propagation de l’infection vers la vessie et les reins, induisant une pyélonéphrite pouvant aussi dégénérer en septicémie. Quelquefois, l’infection s’étend aux testicules ou produit un abcès de la prostate.
  • La situation la plus fréquente est le passage à la chronicité. En effet, la prostate étant constituée de petites glandes, des germes peuvent y trouver refuge se mettant ainsi à l’abri de l’antibiothérapie… et déclenchant ultérieurement des récidives infectieuses ou des inflammations chroniques. Avec le temps, ces dernières peuvent favoriser la survenue d’adénome prostatique, voire peut-être de cancer, mais cela n’a pas été formellement démontré. La prostatite chronique produit des troubles mictionnels gênants : impériosité, difficultés à se retenir, envies fréquentes d’uriner, urines nocturnes, brûlures itératives, douleur… Des calcifications peuvent survenir également avec le temps.

C’est pourquoi une hospitalisation peut s’avérer utile dans les cas graves. Le traitement consiste en une antibiothérapie prolongée (souvent une érythromycine en première intention qui sera modifiée au besoin en fonction de l’antibiogramme) : de 3 à 6 semaines afin de tenter d’éradiquer totalement tous les germes présents dans les petites glandes prostatiques.

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Il peut être utile de leur associer un antalgique (paracétamol) ou un anti-inflammatoire, voire un alpha1-bloquant afin de décongestionner la prostate. Les rapports sexuels permettront de vidanger les glandes prostatiques et d’évacuer les germes y résidant. Mais ils peuvent être douloureux. Et de toute façon, ils devront être protégés pendant le traitement pour éviter de contaminer la partenaire.

Cependant, très souvent, l’antibiothérapie ne donne pas grand-chose et la médecine conventionnelle n’a plus grand-chose à proposer. Ces hommes doivent alors se tourner vers d’autres voies :

  • La rééducation périnéo-sphinctérienne avec biofeedback,
  • La crénothérapie,
  • L’acupuncture ou l’auriculothérapie,
  • Les huiles essentielles et l’EPP contre les infections.
  • La crawberry est à l’étude dans cette indication.
  • Les oligoéléments comme le zinc, le cuivre, l’or…
  • Le cassis (Ribes nigrum) pour son action anti-inflammatoire.
  • L’homéopathie dont le remède sera choisi selon les symptômes présentés.
  • Poconéol 1 + 11 + 44 à raison de 15 gouttes de chaque par jour.
  • Les Sérocytol, une immunothérapie, un bilan du CEIA peuvent aussi apporter de bonnes solutions naturelles.

Luc BODIN