Il est conseillé de traiter dès les premiers symptômes. Car il est difficile ensuite de faire régresser les troubles installés du fait de la survenue de phénomènes de sclérose. Le traitement va dépendre des symptômes présentés, de leur intensité, mais aussi de l’âge de la personne et de son état général. 

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1. Les traitements conventionnels apportent une bonne amélioration dans 60 % des cas. Ils sont de deux types :

  • Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase comme le finastéride (Chibroprosca) qui est un inhibiteur spécifique de la dihydrotestostérone (testostérone active). Le résultat est long à obtenir plusieurs mois et les effets secondaires sont fréquents : troubles de l’érection, mais aussi augmentation du risque de cancer de la prostate.
  • Les alpha-bloquants (Xatral, Josir, Dysalfa…) vont relâcher les fibres musculaires de la prostate ce qui va faciliter la vidange vésicale. Les effets secondaires sont des chutes de tension, une fatigue et des palpitations.

2. Les traitements naturels sont aussi très intéressants en cas d’HBP :

  • Deux remèdes sont particulièrement utilisés :
    • le serenoa repens ou palmier nain (Permixion) qui limite la fabrication de la dihydrotestostérone et la prolifération cellulaire prostatique. Il a aussi une action anti-inflammatoire.
    • Le pygeum africanum ou prunier d’Afrique (Tadenan) qui freine la prolifération cellulaire, notamment des fibroblastes responsables de la sclérose.
  • D’autres remèdes ont aussi démontré un intérêt certain :
    • Le pollen de fleur
    • Les pépins de courges et citrouille
    • Les racines d’orties
    • Les antioxydants (co-enzyme Q10, vitamines E et C, sélénium…), le magnésium, le zinc, le lycopène et la vitamine D limiteraient la survenue et le développement de l’HBP.
    • La bromélaïne serait à essayer systématiquement. Un autre protocole prometteur consiste à associer des extraits de melon et du germanium.
    • La formule de l’Abbé Chaupitre 82 : 5 gouttes sous la langue avant les 3 repas.
    • L’homéopathie avec notamment contre l’adénome : Thuya 9CH (1 dose le dimanche), Rana bufo 4CH et Prostate 7CH (3 granules deux fois par jour) et contre les troubles urinaires : Belladonna 5CH et Myrica 5CH (3 granules de chaque 2 à 3 fois par jour).
    • L’auriculothérapie et l’EFT donnent aussi des résultats souvent surprenants.
    • Sérocytol Génital M, Conjonctif, SRE…
    • Pelvimag Bio à base d’oignon et de magnésium pour lutter contre l’inflammation pelvienne.
    • Bêta-sitostérol est indiqué par certains auteurs. Il semble donner de bons résultats, mais nous manquons d’informations sur son absence de nocivité à long terme.
    • L’épilobe à petites feuilles… à confirmer.

3. Les interventions chirurgicales ne sont préconisées qu’en dernier recours, lorsque les troubles urinaires sont intenses (risque important de rétention) malgré des traitements médicaux bien conduits et prolongés. Environ 65 000 interventions chirurgicales sont réalisées en France chaque année pour des adénomes prostatiques.

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  • La résection transurétrale de la prostate (RTUP) est actuellement le traitement de référence. Elle consiste à venir gratter la prostate à l’aide d’une sonde montée par voie urétérale (par les voies naturelles) et qui laisse en place la coque, c’est-à-dire la partie externe de la prostate. Cette méthode donne des résultats efficaces et durables, avec peu d’effets indésirables. Le plus fréquent consiste en une éjaculation rétrograde (bénigne), c’est-à-dire un passage des spermatozoïde dans la vessie lors de l’éjaculation. Il n’y a donc plus d’éjaculation, mais l’orgasme et l’érection demeurent inchangés.
  • La prostatectomie totale consiste à enlever la prostate dans sa totalité. Cette méthode est indiquée en cas de très grosse prostate ou lorsque l’intervention précédente a échoué (10% des cas). Les effets indésirables sont plus fréquents : éjaculation rétrograde, troubles de l’érection, incontinence urinaire…
  • D’autres solutions sont maintenant réalisées :
    • Incision transurétrale de la prostate (ITUP) qui consiste à simplement inciser la prostate et le col de la vessie pour faciliter le passage des urines. Cette intervention donne de bons résultats, mais son effet semble simplement transitoire sur plusieurs années tout de même.
    • La RTUP au laser au holmium qui est en cours de développement.
    • L’électrovaporisation qui utilise des ondes pour détruire les tissus prostatiques, ce qui limiterait les effets indésirables.
    • Les radio-fréquences.
    • Des injections de toxines botuliques dans la prostate

Luc BODIN