Alors que le traitement hormonal substitutif (THS) augmente le risque de cancer du sein et d’accidents vasculaires cérébraux (étude WHI en 2002, MWS en 2003 puis E3N en France), son successeur, le traitement hormonal de la ménopause (THM) qui est constitué de molécules « naturelles » ne présenterait plus ce risque… ce qui semble plus que douteux. Car les oestrogènes, comme la progestérone, peuvent être cancérogènes ou au moins peuvent favoriser le développement des cancers hormono-dépendants. D’ailleurs, ne recherche-t-on pas des récepteurs aux oestrogènes et à la progestérone sur une tumeur du sein ?

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De plus, deux études récentes viennent de démontrer que le THM entraînerait une diminution de volume du cerveau chez les femmes de plus 65 ans… ce qui n’est pas très favorable à son utilisation.

Cependant, il faut admettre que le THS présentait un sur-risque « limité » de cancer (mais tout de même présent) qui ne survenait que lors des usages prolongés de THS (plusieurs années). Par ailleurs, il a démontré son efficacité pour prévenir l’ostéoporose et le cancer du côlon.

Au vu de ces différents résultats, l’Assaps est devenue beaucoup plus prudente sur les indications du THM. Elle conseille fort justement qu’il ne doit être prescrit qu’en cas de troubles climatériques (bouffées de chaleur surtout) altérant la qualité de vie… mais aussi que sa prescription doit se faire à la dose minimale sur une durée la plus courte possible avec des réévaluations régulières. De plus les patientes doivent toujours être averties clairement des risques de ces produits.

À côté de ces risques, le THM aurait des actions bénéfiques sur :

  • les bouffées de chaleur.
  • les troubles neuropsychiques : fatigue, insomnie, dépression.
  • les problèmes cutanés : sous THM la peau est plus épaisse et mieux hydratée.
    Le vieillissement cutané est ralenti.
  • la sécheresse des muqueuses.
  • la prévention de la prise de poids.
  • la protection du cœur, parce qu’une augmentation du risque cardio-vasculaire a été observée chez les femmes après la ménopause. Il rejoint celui des hommes, alors qu’auparavant les femmes en étaient naturellement protégées.
  • la prévention de l’ostéoporose. Car lors de la ménopause apparaît une diminution de la masse osseuse et une décalcification avec risque de fracture.

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Ainsi seule une utilisation raisonnée du THM est aujourd’hui justifiable. Il faut cependant savoir que des études ont commencé à montrer que les phyto-oestrogènes :

  • améliorent les bouffées de chaleur : Albertazzi P. The effect of dietary soy supplementation on hot flushes. Obstetrics and gynecology 1998 ; 91 (1) et aussi : Washburn SA. A dietary supplement as postmenopausal hormone replacement therapy. NCT Research –FDA- 1995.
  • améliorent le risque cardiovasculaire. Anderson JW Meta-analysis of the effects of soy protein intake on serum liquids NEJM 1995, Aug 3.
  • améliorent l’ostéoporose post ménopausique. Valente M. Effects of 1 year treatment with ipriflavone on bone in postmenopausal women with low bone mass. Calcif Tissue Int 1994; 54: 377-80.

Aussi, les polémiques sur le traitement à suivre ne sont pas près de se terminer…

Luc Bodin