Docteur Luc BODIN

Le froid et les intempéries incitent à la sédentarité et aux excès alimentaires qui sont les principaux responsables de la constipation passagère.

Devant une telle situation, il convient en premier lieu de reprendre une activité physique : marche, piscine, vélo, gymnastique en insistant sur les abdominaux.

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Ensuite, l’eau est l’élément essentiel. Boire beaucoup, de préférence en petites quantités répétées tout au long de la journée. Les eaux de source sont conseillées. Il faut simplement veiller à ne pas les consommer froides… Les chinois boivent simplement de l’eau chaude et ils ont raison, c’est excellent pour la digestion. La seule exception à la règle est un verre d’eau fraîche le matin à jeun qui peut déclencher le besoin d’aller à la selle.

L’huile d’olive avec son action stimulante sur la vésicule biliaire et lubrifiante des selles est aussi très efficace. Les courageux prendront une cuillère à soupe le matin à jeun alors que les autres se contenteront de mettre une à deux cuillères à soupe d’huile d’olive de première pression à froid biologique dans leur assiette mélangée à leurs crudités.

Car il est très important de revoir aussi son alimentation en augmentant notamment la consommation de fruits (pommes, poires, pêches riches en pectine), légumes et crudités riches en fibres. Il ne faudra pas oublier les célèbres pruneaux qui peuvent être pris entiers ; ou bien il est possible de se contenter de boire l’eau d’un verre où l’on a fait tremper deux ou trois pruneaux pendant quelques heures. Les aliments complets et les céréales sont également indiqués.

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Il faudra aussi rester à l’écoute de son corps et aller à la selle dès que le besoin s’en fait sentir et non reporter à plus tard. Mais aussi, il convient de rester suffisamment longtemps aux toilettes pour laisser le temps au réflexe de la défécation de se produire. Il est aussi conseillé de se rendre tous les jours à la même heure aux toilettes (c’est-à-dire l’heure habituelle de la selle, souvent après le petit déjeuner), car le résultat peut tout de même être obtenu même si l’envie n’est pas là.

La médecine moderne propose différents types de laxatifs. Nous pouvons les classer en 2 catégories :

  • Les laxatifs stimulants comme le Modane, les dragées Fuca, les grains de val… qui sont efficaces, mais qui peuvent devenir irritants pour les intestins en cas d’usage persistant. Ils sont fortement déconseillés pour un usage dépassant quelques jours.
  • Les laxatifs de lest, lubrifiants ou osmotiques, qui peuvent être pris sur de plus longues périodes, pour traiter, mais aussi pour prévenir une constipation : huile de paraffine (Lansoÿl, Lubentyl), Parapsyllium, Spagulax, Forlax, Sorbitol, Lactulose, Duphalac…

Il peut être intéressant en cas de constipation difficile de commencer par un micro-lavement comme le Normacol, la Rectopanbiline… ou encore de déclencher le réflexe de la selle avec des suppositoires d’Eductyl.

Les médecines naturelles utiliseront davantage les plantes dont certaines ont les mêmes usages et les mêmes contre-indications que les laxatifs stimulants : séné, tamarin, bourdaine, rhubarbe… dragées Rex. D’autres seront d’usage plus doux donc à favoriser : Agar-agar, gomme de guar, graine de lin, psyllium… Enfin le Triphala qui nous vient de la médecine ayurvédique est un remède souverain pour les constipations rebelles.

Il faut noter que les plantes à visée digestive : fumeterre, radis noir, artichaut… amélioreront également le transit intestinal.

Par ailleurs, les suppositoires à la glycérine, les lavements avec de l’eau de source tiédie mélangée avec de l’huile de sésame de première pression à froid biologique, la cure Xantis… sont autant des solutions qui ont fait leurs preuves.

Enfin, je rappellerai l’intérêt du chlorure de magnésium ou du Chlorumagène dans cette indication. La vitamine C a aussi un effet laxatif à la dose de 1 à 2 g par jour. La prise de probiotiques est aussi indiquée dans les cas de constipation récidivante, d’autant que des candidoses chroniques peuvent être cause de constipation.

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La médecine traditionnelle chinoise avec l’acupuncture et l’auriculothérapie, mais aussi les bains dérivatifs, l’EFT, la pensée positive… sont autant de solutions efficaces. Les Chinois, pour traiter une constipation, conseillent tout simplement de se tourner les pouces, dans le sens physique du terme…

Mais en cas de constipation plus persistante, il faudra vérifier en premier lieu qu’il ne s’agit pas d’un effet indésirable de médicament (sédatif, calmant, antalgique à la codéine, antidépresseur, antihypertenseur, antitussif, anxiolytique…), d’un déplacement vertébral ou d’un problème anal comme un fécalome (selles dures), une fissure ou des hémorroïdes. Le stress est un élément également important dont il faut tenir compte, tout comme les problèmes hormonaux notamment chez la femme (syndrome prémenstruel, ménopause)

Aussi est-il important aussi de consulter un médecin, car une constipation peut le signe d’une intolérance à un aliment (lactose, gluten…), mais aussi de maladies plus importantes comme un problème d’intestin (tumeur, colite, diverticulite…), un problème neurologique (neuropathie, atteinte médullaire…), un problème métabolique (calcium, potassium) ou endocrinien (hypothyroïdie…).

Luc Bodin