La hanche est une articulation profonde, fréquemment touchée par des pathologies variées comme l’arthrose ou les fractures du col du fémur. Le scanner et l’IRM ont permis de perfectionner les démarches diagnostiques. Cependant, la radiographie de la hanche a toujours gardé son intérêt en première intention, permettant déjà de nombreux diagnostics

Pour l’étude complète d’une hanche (articulation coxo-fémorale), il est nécessaire de réaliser deux clichés : un cliché de face, qui prendra en même temps le bassin dans son ensemble, et un cliché de profil.

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La radiographie du bassin de face est réalisée préférentiellement sur une personne en position couchée. Les membres inférieurs doivent être allongés en extension sur la table d’examen et être mis en légère rotation interne, c’est-à-dire les pieds tournés vers l’intérieur d’environ 20°.

À la vue du cliché, le médecin devra d’abord s’assurer que le bassin a bien été pris de face. Pour cela, sur le cliché, la symphyse pubienne (articulation des os pubiens) en avant et le coccyx en arrière, doivent être parfaitement en alignement sur la ligne médiane. Cela permet de s’assurer qu’il n’y a pas de rotation du bassin qui pourrait fausser les interprétations de la radiographie.

Sur le cliché du bassin, les cols du fémur des deux hanches sont bien visibles ainsi que les trochanters fémoraux (partie haute des fémurs). L’étude comparative de ces deux articulations coxo-fémorales est facile, mais aussi très utile pour repérer une éventuelle anomalie.

 

La radiographie de la hanche de profil : Il existe plusieurs types de clichés de profil que l’on peut réaliser. Le plus fréquemment utilisé est le profil de Lequesne qui permet l’analyse précise de l’articulation coxo-fémorale, et ainsi de découvrir une éventuelle pathologie de la hanche.

Sur ce type de cliché, les deux têtes fémorales ne sont pas superposées, ce qui permet l’étude aisée de l’espace constituant l’interligne coxo-fémoral, c’est-à-dire l’espace compris entre le fémur et l’os coxal (os du bassin). C’est une information particulièrement importante pour dépister une arthrose coxo-fémorale débutante par le constat d’un « pincement » (diminution de l’espace) de l’interligne.

L’analyse des deux clichés permet de repérer les principales pathologies de la hanche :

  • Une fracture du col ou de la région haute du fémur (fracture per-trochantérienne) est facilement identifiable sur les diverses radiographies. Car en plus de la douleur localisée au niveau de la hanche et de la déformation du membre inférieur, il existe la plupart du temps, un déplacement du foyer de fracture. Les fractures engrenées et donc non déplacées sont toujours possibles, mais exceptionnelles.
  • Une luxation de la hanche est aussi évidente sur les clichés. Elles sont rares, mais constituent des urgences chirurgicales.
  • Une arthrose de hanche (coxarthrose) est en revanche, une atteinte dégénérative très fréquente. Quatre signes radiologiques sont caractéristiques :
    • un pincement articulaire secondaire à une destruction des cartilages,
    • une condensation osseuse de la tête fémorale,
    • la présence d’ostéophytes qui sont des excroissances osseuses, souvent en forme de bec de perroquet,
    • la présence de géode (lacune, trou) autour de l’interligne, qui sont dus à l’hyperpression du liquide synovial qui finit par pénétrer dans l’os.

La coxarthrose survient généralement chez des personnes relativement âgées et nécessite la pose d’une prothèse totale de hanche (PTH). Il faut savoir qu’il n’y a pas de corrélation entre l’importance des lésions radiographiques et l’impotence ou la douleur ressentie par la personne.

  • Une dysplasie (malformation) de la hanche sera objectivée sur les deux clichés, la face et le profil. Elle se caractérise par un mauvais recouvrement osseux de la tête fémorale par l’os coxal (le cotyle). Il est intéressant de la diagnostiquer avant la survenue d’une arthrose, car à ce moment, une intervention conservatrice est encore possible, autrement il faudra avoir recours à une PTH.

  • Une ostéonécrose aseptique de la hanche est une destruction d’une partie de la tête fémorale suite à un défaut de vascularisation (secondaire quelquefois à des médicaments ou à des variations de la pression atmosphérique). D’un point de vue radiographique, l’ostéonécrose présente des aspects très variables qui peuvent aller d’une radiographie normale, à une atteinte mineure de la sphéricité de la tête fémorale, appelée image en coquille d’œuf, jusqu’à une perte majeure de sphéricité associée à une arthrose.

AU TOTAL :

Le médecin commencera par vérifier que la radiographie de bassin a bien été réalisée strictement de face.

Ensuite, il comparera les deux hanches, sur le cliché de bassin de face. Il lui sera facile de repérer une malposition de la hanche évoquant une luxation.

  • Les fractures montreront une asymétrie entre les deux articulations. Souvent, le trait de fracture est évident et les os sont déplacés. Il faut cependant se méfier des fractures engrenées sans déplacement, mais une condensation au niveau du trait de fracture pourra faire évoquer le diagnostic dans un contexte de traumatisme.
  • L’arthrose évoluée se reconnaît du premier coup d’œil : pincement de l’interligne, condensation osseuse, ostéophytes. Il sera important de repérer les arthroses débutantes afin de pouvoir les traiter efficacement pour éviter leur aggravation. Au début, un simple pincement de l’interligne permet déjà d’évoquer le diagnostic.
  • Les dysplasies sont diagnostiquées sur l’absence ou l’insuffisance de recouvrement de la tête fémorale.
  • L’ostéonécrose est visible quelquefois par des anomalies de la sphéricité de la tête fémorale, voire par des images de destruction de la tête. Mais une radiographie normale ne permet pas d’éliminer formellement le diagnostic.

De toute façon, c’est la confrontation des anomalies observées sur les clichés de la hanche et des signes présentés par la personne qui permet le diagnostic.

 

Luc Bodin