Le traitement de l’acné est toujours long. Il nécessite généralement plusieurs mois pour obtenir un résultat durable. Il faut donc s’armer de patience et suivre scrupuleusement le traitement indiqué.

L’Afssaps a établi pour les médecins, des recommandations de « bonne pratique » en matière d’acné (traduction : l’Afssaps a établi un traitement type auquel chaque médecin doit se conformer… ) :

equipe médical

Les soins d’hygiène de la peau :

Il faut éviter les produits bouchant la sortie des comédons et donc favorisant la survenue de l’acné. Quelques règles simples sont indispensables :

  • Nettoyer la peau deux fois par jour, avec un syndet, c’est-à-dire avec un pain ou un liquide « sans savon » afin de limiter l’inflammation de la peau. Les produits alcoolisés et antiseptiques sont fortement déconseillés.

  • Appliquer des crèmes hydratantes le matin comme Avène, Roche Posay, Bioderma…

  • Utiliser des protections solaires durant l’été…

 

Les principaux remèdes :

Dans un premier temps, les traitements locaux seront privilégiés :

  • Les antibiotiques (érythromycine, clindamycine) qui détruisent la bactérie Propionibacterium acnes, responsable de l’infection cutanée et qui agissent sur l’inflammation.

  • Le peroxyde de benzoyle lutte contre la formation de bouchon corné et l’infection bactérienne.

  • Les rétinoïdes (trétinoïne, isorétinoïde, adapalène) qui luttent contre l’inflammation, la formation de bouchons et favorisent l’expulsion des comédons et autres microkystes.

  • L’acide azélaïque qui agit sur l’hyperkératose et sur l’infection bactérienne.

Il existe des produits combinant ces remèdes et facilitant l’observance.

 

Dans un deuxième temps ou en cas de lésions cutanées importantes, le traitement consiste à prendre des antibiotiques (cyclines : doxycycline, minocycline,  lymécycline ou macrolides : érythromycine) oraux à faible dose, pendant 3 à 5 mois minimum. Ces antibiotiques ont des contre-indications (femmes enceintes et allaitantes) et des interactions médicamenteuses à respecter. Par ailleurs, cette antibiothérapie prolongée présente des effets indésirables notamment sur le foie et la flore intestinale.

Chez la femme sous contraceptif, il conviendra de choisir un progestatif faiblement androgénique ou non-androgénique (norgestimate, drospéridone, désogestrel)… Ce changement de pilule ne pose généralement pas de problème particulier. Les pilules anti-androgènes (cyprotérone, drospirénbone) sont indiquées en cas de résistance aux traitements précédents ou en cas de poussées d’acné pendant les règles.

Enfin en cas d’échec des traitements précédents ou d’acné sévère d’emblée, la prise d’isorétinoïde est indiquée. Ceux-ci sont des dérivés de vitamine A qui ont une action sur la kératinisation et favorisent l’expulsion des comédons. Ils atténuent également l’inflammation de la peau.

L’action de l’isorétinoïde est sans conteste très efficace sur l’acné. Mais les nombreux effets secondaires graves devraient à mon sens les faire abandonner définitivement… d’ailleurs curieusement, le Laboratoire Roche a arrêté la fabrication du Roaccutane. Il ne reste plus actuellement que des génériques.

Les isorétinoïdes sont responsables d’effets tératogènes (malformations des bébés lors de prise pendant une grossesse), de de;ssèchement important de la peau, de douleurs, d’inflammation hépatique (augmentation des transaminases), mais aussi de dépressions graves avec suicides… bien que les résultats d’études divergent sur ce dernier point. Malheureusement, beaucoup de jeunes, mal dans leur peau du fait de cette acné qui gâche leur relation sociale, amicale et amoureuse, préfèrent tenter leur chance avec les isorétinoïdes… alors qu’il existe d’autres solutions moins agressives.

Les autres remèdes :

  • Le gluconate de zinc est maintenant reconnu par de nombreux dermatologues. Il agit principalement sur la composante inflammatoire de l’acné. Il est à prendre de préférence à jeun et à distance des prises d’antibiotiques.
  • La microchirurgie est indiquée dans certains cas de lésions rétentionnelles importantes (kystes).
  • La photothérapie dynamique (laser ou lumière) associée à un photosensibilisant (AAL, acide 5 aminolévulinique) donne d’excellents résultats en 2 à 3 séances. Cette nouvelle technique vient d’être agréée aux États-Unis. Il ne reste qu’à lui trouver sa place dans le traitement de l’acné.

 

Les traitements naturels offrent une excellente alternative à ces traitements antibiotiques ou à base d’isorétinoïde. Mais ils demandent la participation active des adolescents concernant leur hygiène de vie notamment alimentaire, ce qui n’est pas  souvent facile à obtenir… Car prendre un comprimé, fût-il chimique, est tellement plus simple que de changer ses habitudes alimentaires…

 

Luc Bodin