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L’électromyogramme (EMG) est un examen mal connu du grand public. Il s’agit cependant un examen précieux pour l’étude du système nerveux périphérique. Il permet en particulier de repérer le siège des lésions sur le trajet d’un nerf, d’appréhender leur importance et d’en évaluer le pronostic.

Lorsqu’une personne présente des paresthésies, c’est-à-dire des engourdissements, picotements, baisse de la sensibilité dans une main par exemple. Cela signe un problème sur un nerf. Mais à quel endroit se trouve la lésion : au poignet ? au coude ? à l’aisselle ? au cou ? dans la moelle épinière ? ou encore au cerveau ? Il est impossible d’en avoir la certitude, même si quelquefois l’examen de la personne oriente vers une région particulière. L’électromyogramme (EMG) fournira le renseignement avec exactitude.

EMG

Pour réaliser cela, l’EMG va étudier la conduction du ou des différents nerfs pouvant être responsables ainsi que la contraction musculaire.

L’examen proprement dit ne nécessite pas de préparation particulière ni avant ni après sa réalisation. Il est simplement recommandé d’éviter l’usage de pommade ou de crème pouvant fausser les résultats de l’examen. L’EMG est un examen bien supporté qui n’est pas douloureux (il n’y a pas besoin d’anesthésie) bien que n’étant pas toujours agréablement ressenti. De rares hématomes peuvent se produire quelquefois. C’est pourquoi la prise d’anticoagulant peut constituer la seule contre-indication…
mais elle est tout de même très relative. L’EMG est réalisé par un neurologue ou un rhumatologue dans son cabinet ou dans un hôpital. Il faut en moyenne de 30 à 60 minutes pour réaliser un EMG selon l’étendue des lésions à rechercher.

Pendant l’examen, la personne est allongée et des électrodes sont fixées successivement sur les zones à étudier. Des impulsions électriques brèves sont envoyées dans les fines aiguilles (à usage unique) où se trouvent fixées des électrodes, afin d’en étudier la transmission sur le nerf et les répercussions sur les muscles à distance.

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L’examen se déroule en deux temps :

  • L’exploration nerveuse qui étudie la conduction des différents nerfs, d’abord des nerfs moteurs (responsables de contraction musculaire) puis des nerfs sensitifs (responsables de la sensibilité). Pour cela, de brèves impulsions électriques (0,2 seconde) sont envoyées au nerf au travers des électrodes. La contraction musculaire ou la sensation sensitive induite permettra de mesurer le temps de latence (temps mis par l’impulsion pour arriver au muscle) la vitesse de conduction du nerf et l’amplitude de la réponse (importance des fibres nerveuses excitées) grâce à d’autres électrodes posées sur la peau.
  • L’exploration musculaire qui étudie un muscle déterminé, d’abord au repos puis en contraction volontaire, grâce une aiguille-électrode enfoncée légèrement dans le muscle et reliée à l’appareil d’EMG. Chaque muscle étant innervé par un nerf particulier, les anomalies observées permettent d’en déduire l’importance de son atteinte.

Ainsi, selon les troubles présentés, l’EMG s’intéressera à des régions du corps différentes : jambes, bras, mains, etc. Il n’existe donc pas d’examen standard. L’EMG est indiqué lors que l’on suspecte une atteinte de nerf ou de muscle. Il permet d’éliminer les origines psychogènes des troubles, mais aussi de déterminer l’origine physique du problème :

  • atteinte du système nerveux central : encéphale et moelle épinière.
  • atteinte du système nerveux périphérique : nerf.
  • atteinte des muscles.
  • trouble de la conduction neuromusculaire.

Cet examen est particulièrement intéressant pour le diagnostic des myasthénies (fatigue musculaire), des myalgies (douleur musculaire), des compressions nerveuses et de certaines lésions de la moelle épinière. 

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Au total :

Les résultats des EMG présentent les valeurs obtenues en comparant les deux côtés successivement par exemple aux épaules, puis aux coudes et enfin aux poignets. Cette présentation permet une lecture comparative aisée et rapide.

Le médecin regardera d’abord s’il existe une différence entre les résultats obtenus du côté droit et du côté gauche concernant la vitesse de conduction et/ou l’amplitude du potentiel. Il notera ensuite la localisation où débute l’anomalie. Comme un ralentissement ou une baisse d’amplitude du signal du nerf médian au niveau du canal carpien ou du nerf cubital au niveau du coude… indiquera que le nerf est comprimé à ce niveau. On parle alors de mono-neuropathie.

Si tout est bien symétrique, le médecin analysera l’amplitude des réactions nerveuses et musculaires. Une atteinte distale et symétrique, surtout sensitive des quatre membres évoquera une polyneuropathie… alors qu’une atteinte à la fois distale et proximale signera une polyradiculonévrite.

Enfin les vitesses de conduction ralenties évoqueront une atteinte des gaines de myéline (lésion démyélinisante), qui sont les gaines protectrices entourant les nerfs.

Luc Bodin