La maladie va commencer par des sensations de douleurs, de brûlure, de picotements voire de troubles de la sensibilité (en moins ou généralement en plus, hypersensibilité) localisés dans une région précise du corps.

Très rapidement en quelques jours, une éruption va se manifester dans le territoire de la douleur. Elle se caractérise d’abord une rougeur simple, un peu oedémateuse accompagnée de sensation de cuisson ou de douleur. Puis sur le dessus, de petites vésicules de liquide clair et transparent apparaissent. Elles sont très semblables à celles rencontrées dans une varicelle.       

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Avec le temps, ces vésicules confluent et grossissent, puis s’ouvrent évacuant ainsi un liquide aqueux rempli de virus. C’est ce liquide qui est le plus contagieux. Il peut déclencher des varicelles chez les personnes ne l’ayant jamais contractée comme les enfants. Il convient aussi d’être particulièrement prudent vis-à-vis des personnes fatiguées ou immunodéficientes voire également les femmes enceintes ++.
Une éviction s’impose et des précautions d’hygiène au moment des soins de la peau sont indispensables (port de gants, désinfection des mains et des vêtements…).
En revanche, un zona ne pourra pas déclencher un zona chez une autre personne. Il faut que cette dernière ait déjà contracté une varicelle auparavant.
Il n’a pas été noté non plus que le contact avec une personne malade était capable de réactiver le virus chez une personne bien portante, mais porteuse du virus.
           

Une caractéristique très évocatrice du zona, mis à part le caractère cuisant et douloureux de l’éruption, c’est que les lésions cutanées sont toujours uniquement unilatérales +++ (droites et gauches). Elles ne traversent jamais la ligne médiane. Elles touchent toujours un (ou plusieurs) territoire cutané. Leur point de départ se situe généralement au niveau de la colonne vertébrale, point d’émergence du nerf et l’éruption suit ensuite le nerf. C’est ce qui donne cet aspect en demi-ceinture dans les atteintes thoraciques et abdominales, partant de la colonne vertébrale pour s’étendre vers la face antérieure du corps jusqu’à la ligne médiane sans la dépasser.

Une douleur de type névralgique accompagne toujours l’éruption. Elle provient donc de l’atteinte nerveuse sous-jacente. Elle est d’intensité variable selon les personnes, mais elle est quasiment toujours présente. Elle persiste généralement jusqu’à la cicatrisation. La douleur peut aussi s’accompagner de poussées, de paroxysmes difficilement tolérables semblables à des coups de poignard ou des décharges électriques, mais fort heureusement de courtes durées. Quelquefois, la douleur est si violente, invalidante et insomniante que le recours à des traitements antidouleurs puissants est indispensable.       

Les vésicules du zona peuvent quelquefois se surinfecter (impétigo). Il convient donc de les désinfecter systématiquement pour éviter cette complication rare, mais toujours possible.    

Le zona s’accompagne parfois de fièvre (généralement pas au-delà de 38°5), de fatigue et de maux de tête. 

Les complications :

  • Les douleurs surtout.
  • Les surinfections (impétigo) toujours possibles et qui nécessiteront l’usage d’antibiotiques.
  • Les nécroses de la peau (rares, surtout en cas d’immunodépression marquée).
  • Des cicatrices inesthétiques principalement sur le visage et autour de l’œil.

 

Les formes particulières :

  • Zona ophtalmique (atteinte de l’œil) qui se rencontre dans 10% des cas. Il nécessite obligatoirement un suivi par un médecin ophtalmologue du fait du risque d’atteinte de la cornée et de trouble de la vue voire même de cécité. Ce zona est en plus émaillé de fréquentes complications : surinfections, uvéïte, kératite (pouvant entraîner un glaucome), atteinte de la rétine ou du nerf optique… Les douleurs post-zostériennes sont fréquentes. Des collyres adaptés seront prescrits dans ces situations. Attention, les corticoïdes sont formellement contre-indiqués dans ce type de zona au risque de déclencher des flambées.       

  • Zona otitique (atteinte de l’oreille) et facial produisant une éruption dans le conduit auditif et sur le visage avec quelquefois une paralysie faciale, des bourdonnements d’oreilles et des vertiges.           

  • Zona gynécologique (et périnée) principalement chez la femme où il peut toucher la vulve et les lèvres. Il est particulièrement incommodant de par sa situation, gênant la marche et la position assise.

 

Luc Bodin