Actuellement en France, entre 8 et 10 millions de personnes suivent un traitement contre l’hypertension artérielle (HTA). Il s’agit donc d’une maladie courante dont la fréquence augmente avec l’âge.             
 Le diagnostic est simple : une simple prise de tension suffit. L’HTA demeure longtemps silencieuse ce qui fait qu’un grand nombre d’hypertendus ne sont pas diagnostiqués. Elle est généralement découverte lors d’un examen médical systématique. 
 equipe médical
La tension artérielle correspond à la pression du sang s’exerçant sur la paroi des artères. Il est donc facile à comprendre qu’une tension élevée risquera à la longue, de traumatiser celle-ci, induisant alors :
  • l’apparition de plaques d’athéromes qui seront à l’origine d’artérite.
  • des ruptures produisant des hémorragies pouvant être catastrophiques.
La tension artérielle est définie par deux chiffres :
  • La maxima correspondant à la contraction (systole) du cœur qui pousse le sang dans le système artériel. C’est la pression artérielle systolique (PAS)
  • La minima correspond à la phase de décontraction du cœur (diastole) lorsqu’il se remplit de sang veineux. C’est la pression artérielle diastolique (PAD). 
L’OMS définit l’HTA pour des chiffres supérieurs à 140 mm Hg (millimètres de mercure, unité faisant référence à la pression) pour la maxima et 90 mm Hg pour la minima. Il peut être pris comme unité, les « centimètres » de mercure, ce qui donne comme valeurs maximales 14 / 9. 
Cette prise de tension doit être effectuée en suivant des règles strictes pour pouvoir être prise en compte. Car la tension augmente naturellement avec les activités, le stress, le sport, etc. La tension doit donc être enregistrée :
  • la personne en position couchée ou assise,
  • après un repos de 5 minutes minimum,
  • en plaçant le brassard à la hauteur du cœur,
  • à au moins deux reprises, espacées de plusieurs minutes,
  • aux deux bras (il peut arriver qu’un bras indique une HTA alors que la tension est normale à l’autre bras).
De plus, une HTA doit être confirmée lors de 3 consultations successives étalées sur une période de 3 mois minimum. 
Certains sujets émotifs ont des augmentations de tension du simple fait de consulter  un médecin. C’est « l’effet blouse blanche ». Pour limiter cela, il est conseillé de prendre la tension en dehors d’un cabinet médical, ou encore d’utiliser des appareils d’auto mesure qui permettent d’évaluer soi-même sa tension à son domicile.         
 Enfin en cas de doute sur une HTA, il faut réaliser une mesure ambulatoire de la pression sanguine (MAPA) qui mesure en continu la tension artérielle sur 24 heures et qui sont réalisés par les cardiologues. 
De nombreuses erreurs sont possibles :
Le journal médical AIM (1994-n°14) tire le signal d’alarme en signalant que si 20 % des hypertendus ne sont pas diagnostiqués… près de 25 à 40 % des HTA traitées n’en sont pas !!! Toutes ces personnes seraient donc traitées à tort !         
Les causes d’erreur proviennent d’une mauvaise prise de la tension :
  • Prise de tension après un repas, un café ou une cigarette.
  • Temps de repos préalable de 5 minutes avant la prise de tension, non respecté.
  • Matériel mal étalonné.
  • Taille du brassard inadéquate pour la personne… par exemple un petit brassard utilisé sur un gros bras risque de majorer le résultat ; et inversement.
  • La tension est prise au pli du coude. Mais est-ce que celui-ci était bien au même niveau que le cœur au moment de la prise ? S’il est plus bas, la TA sera majorée, s'il est plus haut, elle sera minorée. 
  • Est-ce qu’il y a bien eu trois lectures pour confirmer le résultat ?
Luc Bodin