.

Les traitements tiendront compte du type histologique du cancer, de son stade et de la situation de la femme. Ainsi :

  • En cas de cancer de petite taille, la chirurgie sera privilégiée. Elle consistera à enlever la tumeur seule (tumorectomie) et à effectuer un curage ganglionnaire en utilisant éventuellement la technique du « ganglion sentinelle ». Cette technique consiste à injecter dans la région du cancer un marqueur qui permet de repérer le ganglion exact qui draine la tumeur. Celui-ci est alors enlevé et examiné au microscope. S’il est sain, le chirurgien en reste là ; par contre, s’il présente des cellules cancéreuses, il procédera à l’exérèse de la chaîne ganglionnaire.
  • Si la tumeur est importante, une chimiothérapie préalable (chimiothérapie néo-adjuvante) est réalisée afin de réduire la taille de la tumeur. Ensuite, une chirurgie est organisée, son étendue sera adaptée à la taille du reliquat tumoral : tumorectomie, quadrantectomie (ablation d’une partie du sein, un quadrant), mastectomie (ablation de l’ensemble du sein). Le curage ganglionnaire est systématique à ce stade…

cath lab 3

  • Les traitements hormonaux seront indiqués principalement aux femmes âgées ayant des récepteurs hormonaux positifs. Ces traitements consistent à bloquer les hormones sexuelles naturelles risquant de stimuler la formation cancéreuse. Il en existe plusieurs catégories : les anti LH-RH qui bloquent les ovaires, les anti-oestrogènes comme le Tamoxifène et maintenant les anti-aromatases comme l’Arimidex ou le Fémara. Les blocages hormonaux complets (anti LH-RH associés aux anti-oestrogènes) sont indiqués dans des cas avancés avec des récepteurs hormonaux positifs. Les anti-oestrogènes (Tamoxifène) ou maintenant les anti-aromatases sont indiquées à la suite de la chirurgie et autres traitements. Ils sont à suivre pendant 5 ans (minimum). Ils ont démontré leur efficacité sur la prévention des récidives.
  • En cas de récepteurs hormonaux négatifs, mais de ERB-2 positif, et si le cancer est évolué, les anti-corps monoclonaux seront préconisés comme l’Herceptine qui bloquera cette surexpression.
  • La chimiothérapie adjuvante (Anthracycline, FEC, 5FU…) sera réservée plutôt aux femmes jeunes ayant des récepteurs hormonaux négatifs.
  • La radiographie (50 grays) sera réalisée de manière systématique sur le sein restant et les zones ganglionnaires pour nettoyer la zone de toutes les cellules cancéreuses résiduelles éventuelles. Mais aussi, l’usage de la radiothérapie après la chirurgie permet d’effectuer des interventions conservatrices (tumorectomie ou quadrantectomie) et évite de nombreuses mastectomies totales.

En résumé, le traitement conventionnel du cancer du sein peut comporter :

  • Une chimiothérapie néo-adjuvante en cas de tumeur importante.
  • Une chirurgie adaptée à la situation avec curage ganglionnaire, guidé par la technique du ganglion sentinelle.
  • Une radiothérapie sur le sein restant et sur les aires ganglionnaires.
  • Une chimiothérapie adjuvante chez la femme avant la ménopause, ou un traitement hormonal chez la femme après la ménopause. L’Herceptine étant indiquée en cas de récepteurs hormonaux négatifs mais de ERB-2 positif.
  • Une hormonothérapie (anti-oestrogènes ou anti-aromatase) à titre préventif, après la ménopause pendant 5 ans minimum si les récepteurs hormonaux sont positifs.

Dr Luc Bodin