L’arthroscopie est un examen consistant à passer un fibroscope à l’intérieur d’une articulation afin d’y visualiser les anomalies ou les lésions éventuelles. Mais son bénéfice ne s’arrête pas là, elle permet également de d’y effectuer des prélèvements et de réaliser des gestes chirurgicaux qui, l’évolution de la technique aidant, deviennent de plus en plus complexes et élaborés.

 

A la suite de traumatismes, d’accidents ou lors de maladies comme une arthrose, un syndrome du canal carpien , une malformation, des troubles tendineux ou ligamentaires, les examens radiologiques (radiographies standard, scanners, IRM) permettent généralement de poser le diagnostic. Cependant, il existe des situations où le diagnostic n’est pas évident. L’arthroscopie est alors une excellente solution. Dans d’autres situations, le diagnostic est posé mais l’arthroscopie sera indiqué à visée thérapeutique.

Car, l’arthroscopie permet à la fois d’affirmer un diagnostic en allant voir directement ce qui se passe à l’intérieur d’une articulation. Mais aussi dans le même temps, elle permet d’effectuer certains actes thérapeutiques : enlever ou suturer un ménisque lésé, nettoyer l’articulation (des corps étrangers ou des copeaux de cartilage, ménisque ou autres), re-insérer un ligament, libérer un nerf coincé… Autrefois limitée à l’articulation du genou, l’arthroscopie est maintenant utilisée pour un grand nombre d’articulations notamment l’épaule, le poignet, mais aussi lorsque la situation l’exige, la hanche, la cheville, le coude, la colonne vertébrale…

L’arthroscopie est donc une technique chirurgicale consistant à introduire un endoscope (tube souple) très fin dans une articulation à travers une petite incision d’un
centimètre au niveau de la peau. Cet acte nécessite une anesthésie loco-régionale (anesthésie du membre) voire quelquefois générale. Il faut donc que la personne soit à jeun depuis au moins 6 heures avant l’intervention. Le fibroscope, mesurant de 3 à 5 millimètres de diamètre, est souple. Il est composé d’une fibre optique reliée à un écran vidéo de contrôle afin que le chirurgien puisse suivre précisément les mouvements de la sonde tout en observant l’articulation.


equipe médical

La totalité de l’articulation est ainsi visualisée. Les cartilages, les ligaments, la synoviale (membrane fermant l’articulation et contenant le liquide synovial), les ménisques, le liquide intra-articulaire (liquide synovial) sont ainsi étudiés.

Selon les résultats de cette observation, un geste chirurgical peut être décidé. Alors, une deuxième (voire plusieurs) incision d’un centimètre sera réalisée afin de permettre l’introduction du matériel chirurgical : ciseaux, pinces, couteaux…

Les articulations bénéficiant le plus des bienfaits de l’arthroscopie sont :

· Le genou qui est souvent atteint lors de certaines pratiques sportives (football, tennis…), chez certaines professions comme les carreleurs, les couvreurs qui doivent demeurer longtemps agenouillés, à la suite de traumatismes, d’accidents (chute de ski), de malpositions des genoux (jambes arquées par exemple), dans les suites d’infections ou de rhumatismes, voire simplement à cause du vieillissement de l’articulation (aggravé par les surpoids). L’arthroscopie permet de diagnostiquer et de traiter la plupart des problèmes consécutifs à ces pathologies comme la suture ou l’ablation d’un ménisque, le remplacement d’un tendon, la réinsertion d’un ligament croisé, une réparation de cartilage ou simplement un nettoyage de l’articulation des morceaux de cartilages qui gênent l’articulation comme des grains de sables dans des rouages…

· L’épaule est très sollicitée et souvent dans de mauvaises positions. L’arthroscopie est indiquée souvent dans les suites de traumatismes, la survenue d’arthrose et les pathologies musculo-ligamentaires persistantes comme les périarthrites scapulo-humérales, les anomalies de la coiffe des rotateurs, les luxations récidivantes, les calcifications…

· Le poignet où l’indication essentielle est le syndrome du canal carpien. L’intervention consiste à décoincer le nerf médian pris dans le canal carpien.

Une fibroscopie est donc un acte chirurgical qui nécessite entre 15 à 60 minutes d’intervention selon l’acte thérapeutique à réaliser. Généralement, cet acte nécessite un à plusieurs jours d’hospitalisation selon la chirurgie réalisée et les soins post-opératoires nécessaires. Cependant, cette chirurgie est plus simple et légère qu’une chirurgie classique, de plus la récupération est beaucoup plus rapide.

Les complications et les effets secondaires sont habituellement des douleurs, de
petits hématomes, des gonflements… Ces problèmes sont transitoires et disparaissent spontanément. Exceptionnellement, surviennent une phlébite, une infection ou un épanchement (sanglant ou non) dans l’articulation…
 

Au Total :

      Lorsqu’une articulation est douloureuse, des examens sont réalisés : radiographies,
scanner, IRM… Les résultats obtenus sont quelquefois insuffisants pour poser le diagnostic, ou dans d’autres circonstances, le diagnostic est posé mais une décision chirurgicale est émise. Dans ces deux situations, une arthroscopie permettra de solutionner le problème.

     Lors de l’intervention sous anesthésie locale ou générale, le chirurgien commencera
par regarder l’ensemble de l’articulation : aspect du liquide intra-articulaire, présence ou non de corps étranger, aspect du cartilage, état des ligaments, des tendons, des ménisques… Cette inspection permettra de poser le diagnostic de manière certaine.

      Selon les lésions constatées, le chirurgien décidera si elles peuvent bénéficier d’un geste chirurgical réalisable par endoscopie. Si tel est bien le cas, l’intervention sera réalisée dans le même temps.

Dr Luc Bodin