La stérilité s’étend de plus en plus dans tous les pays du monde… Mais pourquoi tant de jeunes sont-ils atteints par ce problème ? La réponse se trouve sans aucun doute, dans les causes :

Chez les deux membres du couple :

Un certain nombre de facteurs peuvent être avancés pour expliquer cette infertilité :

– l’âge avancé (après 35 ans) chez au moins un des deux futurs parents.

– le tabagisme de plus de 15 cigarettes par jour. Il est reconnu que le tabac a un effet délétère sur la fertilité, qu’il augmente le risque de fausses couches, mais aussi diminue les chances de succès de l’implantation ovulaire lors des AMP. Il faut savoir aussi qu’une exposition au tabac pendant la vie utérine, entraînera un risque de stérilité chez l’enfant.

– la consommation de plus de 2 verres d’alcool par jour.

– le surpoids d’un des deux conjoints (IMC est supérieur à 25).

– la consommation de plus de 6 tasses de café ou thé par jour.

– le cannabis a démontré des répercussions sur la stérilité. Les autres drogues vont agir sur l’équilibre hormonal et donc induire également des problèmes de fertilité.

 – les polluants : Une étude récente portant sur 1239 jeunes espagnols a montré qu’un sur deux présentait une concentration de spermatozoïdes trop faible ce qui affecte sa fertilité. Les chercheurs ont constaté aussi que les jeunes vivant dans des zones industrielles étaient plus touchés que les autres. De nombreux polluants sont considérés comme des perturbateurs endocriniens qui se comportent dans l’organisme comme des hormones féminines et ont le pouvoir de perturber les processus physiologiques de la fertilité masculine et féminine. Il est possible de citer : les polluants chimiques, les phtalates utilisés dans les PVC (polychlorure de vinyle) et les PVB (polychlorobiphenyles), le bisphénol A, les métaux lourds (plomb mercure…), les pesticides (et le glyphosate) et les insecticides, les POP (polluants organiques persistants) parmi lesquels on retrouve le PCB et les pesticides organochlorés (DDT), la dioxine, les phyto-oestrogènes… Ce sont en tout 87 000 molécules qui ont été recensées et qui peuvent agir comme des perturbateurs hormonaux. Ces molécules se retrouvent dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons (en bouteilles plastiques ou au robinet), les aliments que nous mangeons (si non bio), les produits d’entretien et les peintres que nous utilisons pour notre maison et notre jardin, dans les cosmétiques que nous mettons sur notre peau… Ces substances pourraient fort bien expliquer le résultat d’études récentes qui ont montré une baisse importante des spermatozoïdes dans le sperme des jeunes hommes, mais aussi une augmentation du nombre des cancers du testicule (multiplié par deux en 30 ans) et des cryptorchidies (testicules non descendus qui ont été multipliés par 4 en 50 ans). Cela rejoint aussi les observations de féminisation des mouettes sur la côte pacifique des États-Unis secondaire à une exposition de DDT… Les mêmes observations ont été faites en baie de Seine… Certains pesticides ont également un effet cancérogène et immunodépresseur. Ils se comportent comme des antiandrogènes et peuvent induire des cancers du testicule, de la prostate et du sein.

 – les dérivés pharmaceutiques qui se retrouvent dans l’eau des rivières, des nappes phréatiques et du robinet… et probablement dans les plantes qui ont été nourries avec ces eaux… Parmi eux, les dérivés hormonaux sont nombreux, provenant surtout des urines de femmes utilisant la pilule et dont les molécules sont trop fines pour pouvoir être filtrées par les installations actuelles…
Le journal Le Point a parfaitement résumé la situation actuelle : « des tonnes de médicaments absorbées en France contaminent nos rivières. (…) Certains d’entre eux arrivent même jusqu’à nos robinets ». Pour vous donner un exemple, les antibiotiques représentent 2 500 tonnes par an en consommation humaine et 1 300 tonnes en consommation animale… Or, les organismes humains et animaux vont les éliminer dans leurs selles et leurs urines. Certains principes sont toujours actifs, comme ceux des pilules contraceptives… Ils ne sont pas non plus dégradés dans la nature et se retrouvent dans l’eau des rivières, des nappes phréatiques et du robinet. Les stations d’épuration n’ont jamais été prévues pour les éliminer, aussi ces médicaments ou leurs dérivés plus ou moins actifs peuvent se retrouver dans l’eau de boisson. Pour la plupart les doses sont faibles, mais « en réalité, personne ne sait à partir de quels seuils de concentration, ces résidus pourraient présenter un danger pour l’homme ». De plus le risque est sans doute cumulatif (accumulation dans les organismes au cours du temps)… Il a déjà  été noté des troubles des organes sexuels chez les poissons vivant en milieux pollués… et chez les humains ? Il est très probable que ces rejets interfèrent sur l’équilibre hormonal induisant des troubles de l’ovulation et de la spermatogenèse.

– les radiations ionisantes (radiographie, centrales nucléaires, radon…) sont responsables de troubles sur les organes sexuels en cas d’irradiation, c’est bien connu. Mais ce qui l’est moins est que les radiations non ionisantes (champs électromagnétiques, téléphone portable, écran cathodique) le sont aussi, ce qui est beaucoup plus important au vu de l’accroissement considérable du nombre des champs électromagnétiques artificiels…
Une étude américaine d’une clinique de Cleveland a établi que plus les hommes passent de temps chaque jour sur leur téléphone portable, plus la qualité du sperme est mauvaise. (Ashok Agarwal, Fnu Deepinder, Rakesh K. Sharma, Geetha Ranga, Jianbo Li Effect of cell phone usage on semen analysis in men attending infertility clinic: an observational study, Fertility and sterility, 04 May 2007 – 15/02/2008, L.J.S.). On peut aussi se poser la question sur les téléphones laissés allumés dans les poches de pantalon ou accrochés à la ceinture.
Cela rejoint une autre étude effectuée par Mr Surbeck qui a établi que les radiations des écrans cathodiques (télévision, ordinateur) perturbaient de manière importante la spermatogenèse. (Effets non thermiques des radiations électromagnétiques émis par les tubes cathodiques (VDT’s) sur cultures “ in vitro” de tissu gonadique humain – G. Tritto, M.O. North, A.M. Laverdure, J. Surbeck – XXes journées méditerranéennes internationales de médecine du travail, Marrakech, Maroc, 26-28 octobre 2001 )

– la chaleur : vêtements serrés, position assise, atmosphère surchauffée, professions exposées (boulangerie, blanchisserie, fonderie, chauffeur routier).

– la fréquence des rapports sexuels : Il est conseillé d’avoir des rapports tous les 2 ou 3 jours en période d’ovulation à cause de la durée de vie des spermatozoïdes qui est de 72 heures.

– les infections gynécologiques (salpingite, ovarite, orchite, prostatite, etc.) où les germes fréquemment rencontrés sont le chlamydiae, le mycoplasme…

– les pertes de poids importants et brutaux ainsi que l’anorexie,

– le sport en excès qui est connu pour perturber l’équilibre hormonal.

– certains médicaments peuvent avoir une action hormone-like. Par ailleurs, certains auteurs se sont posé la question sur l’usage pilule utilisée pendant une longue période.

– le stress est une cause possible, tout comme les chocs émotionnels. Il agit sur l’équilibre hormonal via les hormones de stress (adrénaline, cortisol) et peut ainsi déséquilibrer les hormones sexuelles… Il bloque l’ovulation et baisse la fertilité masculine. Par contre, il a été démontré qu’il ne perturbe pas les résultats obtenus avec l’AMP.

– les OGM, comme le maïs OGM a démontré qu’il induisait des stérilités chez les souris dès la troisième génération.

Si vous considérez tous ces facteurs, il est facile de comprendre pourquoi tant de jeunes femmes et de jeunes hommes sont frappés d’infertilité…

 Chez l’homme :

Les causes de stérilité chez l’homme peuvent se situer à plusieurs niveaux :  déficit de fabrication des spermatozoïdes, les obstructions au passage des spermatozoïdes, les troubles de l’érection ou de l’éjaculation. On distingue :

–    L’azoospermie, c’est-à-dire une absence de spermatozoïdes qui peut provenir :
o    d’une absence de fabrication (sécrétoire). Les origines sont souvent des anomalies génétiques, des infections des testicules (oreillons), une varicocèle, une irradiation des testicules (lors d’un cancer).
o    d’une obstruction des voies génitales empêchant les spermatozoïdes de sortir. Les origines sont les malformations, les éjaculations rétrogrades (l’éjaculation se fait vers la vessie), les séquelles d’infection, les lésions de la moelle (tétraplégie), la mucoviscidose.

–    L’oligo-asthéno-teratospermie : l’anomalie du nombre, de la mobilité ou de la constitution des spermatozoïdes les rendant impropres à la fécondation. Les origines en sont les troubles hormonaux, les atrophies testiculaires, les anomalies chromosomiques, les suites de chimiothérapie, les infections anciennes (oreillons, chlamydiae), certains médicaments, la présence d’anticorps antispermatozoïdes, une chaleur trop importante, l’alcool, les produits chimiques et les radiations…

–    Le syndrome distilbène chez les enfants des femmes traitées par distilbène dans les années 1955-1977.

–    L’impuissance dont les causes sont variables (psychologie, diabète, problème vasculaire, médicamenteux ou neurologique).

 Chez la femme :

Les dérèglements hormonaux de la femme sont très fréquents, mais ils ne doivent pas masquer les autres causes possibles :
 
 –    Des troubles de l’ovulation (absence ou irrégulière) sont souvent dus à des troubles hormonaux (ovaires ou hypophyse), des ovaires absents ou atrophiés, des maladies (thyroïde, diabète), un choc psychologique, un amaigrissement intense ou une anorexie, la pratique intensive d’un sport, une hyperprolactinémie, une tumeur de l’hypophyse…
 
 –    Une obstruction des trompes de Fallope suite à des infections anciennes ou des malformations.
 
 –    Des anomalies utérines souvent liées à des malformations, ou à des séquelles d’infections (chlamydiae) ou encore à de gestes chirurgicaux (avortement, curetage…).
 
 –    Une insuffisance lutéale. Le corps jaune se forme dans l’ovaire après l’ovulation. Il a pour but de secréter de la progestérone afin de développer la muqueuse utérine pour recevoir l’embryon lors de la nidation.
 
 –    Une endométriose.
 
 –    Des ovaires micro-kystiques (associée à des anomalies hormonales).
 
 –    Le « syndrome distilbène », chez les enfants des femmes traitées par distilbène dans les années 1948-1977 qui est responsable de malformations (ou de non-formations) au niveau des organes génitaux, notamment au niveau du vagin et de l’utérus.

Dr Luc Bodin