À partir du moment où un couple essaie sans succès d’avoir un enfant après une période de 12 à 18 mois, des examens sont nécessaires. Le bilan masculin doit être réalisé en parallèle du bilan féminin.

Chez l’homme :

Il faut commencer par rechercher des antécédents familiaux d’infertilité, de cancer uro-génital ou de maladie génétique ; mais aussi, il faudra interroger sur les antécédents personnels de chirurgie de hernie inguinale (pouvant avoir touché le canal déférent), de maladies (diabète, insuffisance respiratoire, psychiatrie), de prise médicamenteuse au long court, de torsion de testicule, de cryptorchidie, de varicocèle, d’infections urogénitales, de tabagisme, de profession exposée à la chaleur, au dopage, au stress, aux radiations ionisantes ou à des toxiques, de problème lors des rapports sexuels… qui pourraient expliquer le problème. Ensuite un examen clinique complet étudiera la verge, la prostate et les testicules. Des examens pourront alors être demandés :

 Des examens seront systématiques :
–    Spermogramme réalisé par masturbation après 5 à 6 jours d’abstinence. En cas d’anomalie, il conviendra de le renouveler trois mois plus tard, étant donné les grandes variations naturelles dans le cycle de la spermatogenèse.
–    Echographie testiculaire recherche des anomalies des testicules et des voies d’élimination des spermatozoïdes (épididyme, canal déférent…)

Des examens seront réalisés selon les situations :
–    Spermoculture qui recherchera des germes principalement de chlamydiae trachomatis ou de mycoplasmes pouvant induire des stérilités.
–    Bilan hormonal : FSH, Inhibine B, testostérone et éventuellement LH et prolactine.
–    Dosage des PSA.
–    Des examens encore plus sophistiqués pourront être demandés : biochimie séminale, test de migration-survie des spermatozoïdes, recherche d’anticorps antispermatiques, recherche de spermatozoïdes dans les urines, recherche de mutations génétiques sur le chromosome Y…

Chez la femme :

Le médecin commencera aussi par rechercher des antécédents familiaux d’infertilité, de cancer gynécologique ou de maladie génétique ; ensuite il s’intéressera aux antécédents personnels de chirurgie gynécologique, de fausse couche, d’avortement, de grossesse, de prise hormonale ou de prise de pilule contraceptive, de dérèglement hormonal, d’infection gynécologique, de tabagisme, de stress, de profession exposée à la chaleur ou aux radiations ionisantes, de problèmes lors des rapports sexuels… qui pourraient expliquer l’origine de la stérilité. Un examen clinique complet sera réalisé avec un examen gynécologique. Il pourra alors être demandé :

* Etude des cycles qui consiste à noter sur un calendrier la période de ses règles à la recherche de cycles irréguliers, voire absents…

* Courbe de température qui consiste à prendre la température tous les matins à la même heure. Un cycle normal comporte deux périodes : de J1 à J14 une température basse (inférieure à 37°) et une deuxième phase de J14 à J28 (jour du début des règles) qui correspond à une température plus haute (supérieure à 37°). L’ovulation se produit lors du passage d’une phase à l’autre c’est-à-dire au 14e jour (voir courbe que j’ai piquée sur internet). Les anomalies de cette courbe indiqueront des anomalies hormonales ou ovulatoires voire des absences d’ovulation. 

equipe médical

* Bilan hormonal qui consiste à doser les différentes hormones agissant sur le cycle de la femme et son ovulation :
–    FSH : toute augmentation de la FSH en début de cycle révèle une insuffisance ovarienne débutante. Il y a généralement en association une augmentation des oestrogènes (avec inhibine B et hormone anti-müllerienne au moindre doute)
–    Oestradiol (œstrogène) traduit la qualité de la sécrétion des ovaires. Un taux élevé aux 3e jour du cycle indique une diminution de la réserve ovarienne.
–    LH, prolactine, AMH (hormone anti-müllerienne), progestérone.

* Test de Hühner qui apprécie la mobilité des spermatozoïdes sur la glaire du col utérin, 6 à 12 heures après un rapport sexuel. Cela permet d’étudier la quantité et la qualité des spermatozoïdes, la quantité et la qualité de la glaire cervicale, ainsi que la compatibilité des spermatozoïdes de l’homme avec la glaire utéro-vaginale de la femme. En cas de mauvais résultat, il faudra faire un test de pénétration croisée in vitro afin de différencier les causes possibles.

* Echographie pelvienne qui étudie l’anatomie des organes génitaux à la recherche de malformation, de kystes de l’ovaire, de fibromes et surtout de mesurer la réserve ovarienne en ovules (baisse si moins de 5 follicules dans l’ovaire en début de cycle).

* Hystérosalpingographie qui est un examen radiographique consistant à injecter une substance radio-opaque afin de vérifier la bonne perméabilité des trompes de Fallope (vérifier si elles ne sont bouchées).

* Hystéroscopie qui consiste à monter une sonde dans l’utérus par voie vaginale, afin d’étudier la cavité utérine. Cet examen peut aussi permettre de faire des petits gestes chirurgicaux sur des accolements, des kystes ou autres au niveau de l’utérus.

* Coelioscopie qui est un examen qui consiste à passer une sonde dans la cavité abdominale sous anesthésie générale. Elle permet de visualiser les organes génitaux, les kystes, une endométriose, la perméabilité de la trompe de Fallope (en injectant en même temps du bleu de méthylène au niveau de l’utérus). Cet examen peut permettre aussi de traiter certaines anomalies : kystes ou problème de la trompe de Fallope…

Le but de ces bilans est de rechercher la (les) cause de l’infertilité et surtout une cause éventuellement curable qui pourrait solutionner le problème. Dans le cas contraire, il faudra orienter le couple vers l’AMP (assistance médicale à la procréation).


Dr Luc Bodin