Docteur Luc BODIN

L’échographie est un examen radiologique totalement indolore qui utilise la technique des ultrasons. Il est de plus en plus utilisé à cause de son absence de nocivité. En particulier, cet examen est souvent demandé pour étudier les organes au niveau abdominal. Les échographies abdominales se pratiquent chez les radiologues (en cabinet de ville, en clinique ou en hôpital) sur prescription médicale. Dans ces conditions, elles sont prises en charge par les assurances maladie.

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L’échographie n’utilise pas de rayons X comme la radiographie ou le scanner, mais des ultrasons qui sont émis par une sonde sous forme de courtes impulsions. Les ultrasons traversent la peau et les tissus pour atteindre les organes sur lesquels ils se réfléchissent plus ou moins selon leur densité. C’est « l’écho » qui sera recueilli par l’appareil d’échographie et traduit en images qui sont visibles sur l’écran de l’appareil. Le principe de l’échographie et les images obtenues sont fort proches de ceux du radar… Les ultrasons permettent facilement de visualiser les organes « pleins » ou contenant du liquide comme le foie, les reins, la vésicule biliaire, le pancréas, les vaisseaux sanguins, les ganglions… Mais ils ne visualiseront pas les organes « creux » contenant de l’air comme l’estomac, de duodénum, l’intestin grêle, le gros intestin. Une échographie abdominale étudiera les organes (pleins) situés au-dessous du diaphragme et au-dessus du petit bassin (prostate, utérus, ovaire, vessie…) sauf demande particulière du médecin prescripteur. Elle regardera surtout : •    Le foie : aspect (homogène ou non), présence ou non de kyste ou de tumeur (bénigne ou maligne), taille (sa dimension verticale sera calculée et notée), contours.. •    Le pancréas sera analysé de la même façon, ainsi que les voies intra-pancréatiques qui rejoignent sur la fin de leur trajet, le cholédoque venant du foie. Des dilatations de leur calibre montre des obstacles à leur évacuation, •    La vésicule biliaire pour s’assurer de l’absence de boue, de calcul, d’épaississement des parois (montrant une inflammation ou une infection), mais aussi pour regarder sa forme et mesurer sa taille… •    Les voies biliaires (dont le cholédoque) situées dans et en dehors du foie (intra et extra hépatiques) leur aspect normal ou dilaté (ce qui montrerait la présence d’un obstacle empêchant l’écoulement de la bile), la présence de calcul, voire de tumeur. •    La rate : taille, position et aspect. •    Les vaisseaux sanguins (artères et veines) : taille, position, présence ou non de dilatation localisée (anévrisme), de rétrécissement (plaque d’athérome), de compression… •    La recherche de ganglions (adénopathies) anormaux avec mesure de leur taille, nombre et localisation. •    Les reins (droit et gauche) : aspects, tailles, contours, positions, présence ou non de calcul ou de formation anormale, dilatation ou non des canaux excréteurs rénaux, du bassinet ou de l’uretère ce qui pourrait indiquer un problème à l’évacuation de l’urine. •    Recherche d’une ascite, qui est la présence (anormale) de liquide dans l’abdomen.

Dans la pratique : –    il convient d’être à jeun depuis au moins 6 heures pour passer une échographie abdominale. –    La personne est allongée sur le dos, le ventre dénudé. –    Un gel (froid) est appliqué sur le ventre pour faciliter le passage de la sonde. –    La sonde est déplacée doucement sur la paroi abdominale afin de visionner tous les organes les uns après les autres. –    Les images défilent sur l’écran de l’appareil situé généralement à côté du lit et le radiologue commente ce qu’il voit. –    L’examen dure quelques minutes. –    Ensuite, après avoir nettoyer son ventre du gel, la personne se rhabille et un compte rendu de l’examen lui est remis quelques minutes plus tard. Il n’y a aucune contre-indication à cet examen. Toutes les personnes peuvent le faire quelque soit leur âge et leur situation… Si une anomalie (ou un doute sur une anomalie) a été repérée, il est possible que cet examen soit complété par un scanner ou un IRM afin de confirmer le diagnostic. Il faut signaler que certains chercheurs se sont inquiétés de l’action possible  des ultrasons (du moins de l’excès de l’usage des ultrasons) sur l’organisme, particulièrement sur nos cellules (riches en eau et en ADN) et sur les embryons en cours de développement. Aucune preuve n’a confirmé cette inquiétude. Cependant, il a été demandé de ne procéder qu’à des échographies utiles médicalement… (particulièrement pendant une grossesse) ce qui est du simple bon sens.

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Ce qu’il faut lire : Lorsque le médecin reçoit le résultat de l’échographie qu’il avait demandé pour son patient, il va commencer par lire la conclusion du radiologue. Il lira ensuite le commentaire complet en notant particulièrement les résultats de l’organe qu’il suspectait. Puis il analysera les images de l’échographie réalisée par le radiologue. Il regardera d’abord les principaux organes : foie (surtout), rate, pancréas, reins… Il recherchera les anomalies de leur constitution en insistant sur les organes suspectés au départ. Il s’intéressera ensuite à la vésicule biliaire et aux voies excrétrices des différents organes : voies biliaires, voies pancréatiques et voies urinaires : ont-elles un aspect normal ? sont-elles dilatées ? De combien ? Y a-t-il des calculs ? Une discussion s’ouvrira alors avec la personne malade, pour lui expliquer les conclusions de l’examen. Il y a alors deux solutions : soit l’examen permet à lui seul d’établir le diagnostic et donc un traitement pourra être prodigué ; soit l’examen ne permet le diagnostic de manière formelle et il faudra réaliser d’autres recherches pour établir le diagnostic.

Dr Luc Bodin