Les lumbagos et les sciatiques sont fréquents dans notre société. La médecine moderne a mis au point un grand nombre de remèdes actifs à différents niveaux des problèmes vertébraux :

– Les antalgiques de type paracétamol (3 à 4 grammes/j).

– Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) de comme le Nifluril, le Voltarène, le Feldène, le Naprosyne… voire l’Aspirine agiront autant sur la douleur que sur l’inflammation au niveau lombaire, ce qui peut déjà aider à décoincer le nerf. Il est fortement conseillé de prendre des protecteurs gastriques en même temps que les AINS du fait des risques d’ulcères et de gastrites qu’ils produisent.

– La cortisone : Cortancyl, Solupred…sera indiquée dans les cas graves ou/et très douloureux. Les protecteurs gastriques sont aussi indiqués en cas de prise de cortisone prolongée.

– Les décontracturants comme le Myolastan, le Myorel, le Coltramyl. La contracture est un acte réflexe qui bloque la vertèbre l’empêchant de continuer de se déplacer. Cependant, cette même contracture gêne le retour de la vertèbre à sa bonne place. C’est pourquoi les décontracturants sont utiles SAUF en cas d’activité physique. En d’autres termes, une personne qui travaille ne prendra des décontracturants qu’au coucher, une personne au repos pourra en prendre régulièrement dans la journée pour hâter sa guérison. Attention, certains décontracturants sont sédatifs…

– Les tonifiants musculaires de la colonne vertébrale, comme l’Uteplex ou l’Atépadène, permettent d’améliorer quelques situations persistantes ou récidivantes.

– Les pommades et les baumes peuvent quelquefois être une alternative aux traitements oraux. Il existe ainsi des pommades antiinflammatoires (Geldène, voltarène émulgel, Niflugel…), des pommades chauffantes (baume Aroma, Percutalgine, cataplasme à la moutarde…), des pommades décontracturantes (Décontractyl) ou calmantes (Neuriplège).

– Les ceintures lombaires et les corsets : Les ceintures ne seront indiquées que dans les cas sérieux ou dans des situations ponctuelles comme la nécessité de faire un long trajet en voiture lorsque l’on est atteint de sciatique. Il faut savoir qu’elles ne feront que limiter les problèmes et ne les empêcheront pas totalement. Les corsets (moulages en résine) ne sont indiqués qu’en cas de hernie grave pour éviter les interventions chirurgicales.

– Le repos ou l’activité ? Autrefois, les médecins conseillaient le repos allongé strict, aujourd’hui la mode est plutôt au maintien d’une activité. Aussi le bon sens est de règle : une activité faible, ne nécessitant pas de porter des poids, de longs transports, de piétinement prolongé est autorisée… Mais elle doit être entrecoupée de longues périodes de repos allongé (canapé ou lit) et de séances de kinésithérapie.

– La kinésithérapie est incontournable en cas de problème lombaire. Elle permet les massages de la région lombaire, les applications chaudes, les infrarouges, les boues chaudes, la rééducation des muscles de la colonne vertébrale et de la sangle abdominale, les étirements et les assouplissements et enfin le kinésithérapeute indiquera les bonnes positions pour effectuer les activités quotidiennes : position assise, port de poids, laçage de chaussure, etc. Car il est important que la personne reste toujours consciente de sa posture pour la corriger le cas échéant. De même, la reprise des efforts physiques devra être graduelle et progressive pour prévenir tous risques de rechute.

– Les thérapies cognito-comportementales (TCC) visent à développer des activités physiques en limitant au maximum le risque douloureux et en respectant les articulations atteintes.

– Les infiltrations (injections au niveau de la colonne de cortisone) sont quelquefois indiquées en cas de sciatiques sévères ou de hernies discales. Pour ma part, je considère qu’elles ne sont intéressantes que si elles peuvent éviter une intervention chirurgicale…

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– Les interventions chirurgicales ne sont toujours que le dernier recours… si toutes les autres méthodes ont échoué. Elles peuvent consister à redresser une scoliose, à gratter une excroissance d’arthrose, à fixer un listhésis (glissement de vertèbre) ou bien sûr à enlever une hernie discale. L’ablation chirurgicale d’une hernie peut poser des problèmes sur le long terme : sclérose de la région opérée entraînant des douleurs chroniques, survenue de nouvelles hernies au-dessus ou au-dessous de la zone opérée… sont des complications possibles. C’est pourquoi ce genre d’intervention n’est effectuée que si tous les traitements ont échoué et que l’état de personne (douleur) ou la compression du nerf sont graves… en aucun cas pour des troubles faibles ou modérés.

– Les techniques d’électrothérapie (TENS, stimulation transcutanée) permettront de calmer les douleurs rebelles ou résiduelles.

– Il faudra aussi penser aux traitements de l’ostéoporose et de l’arthrose lorsque cela s’avère nécessaire.

Dr Luc Bodin