Le lumbago et la sciatique présentent généralement des signes typiques permettant le diagnostic. La douleur est localisée au bas du dos (région lombaire), mais elle peut aussi irradier en cas de sciatique, vers une fesse et une jambe descendant jusqu’au pied (la sciatique est toujours unilatérale).

La personne pourra ressentir :
–    une exacerbation de la douleur lombaire lors de la toux, des éternuements, de la selle…
–    des fourmillements, des engourdissements dans une région du membre inférieur.
–    une faiblesse musculaire d’une jambe.
–    une anesthésie d’une région de la jambe. Une anesthésie de la région des organes génitaux (périnée) orientera plutôt vers un syndrome de la queue de cheval.
–    une difficulté de marcher, de se tenir sur la pointe des pieds ou sur les talons.

equipe médical 

L’examen clinique de la colonne vertébrale à la recherche :
–  D’une malposition : scoliose, inclinaison latérale, rotation, cambrure exagérée ou absente de la colonne vertébrale…
–  De contractures autour de la colonne vertébrale.
–  De limitations des mouvements de la colonne : flexion-extension, inclinaisons latérales, rotations droite et gauche.
–  De points douloureux au niveau de la région lombaire, indiquant la vertèbre posant  problème.

En cas de sciatique, seront recherchés :
– Les réflexes ostéo-tendineux (ROT) rotuliens et achilléens.
– Des troubles de la sensibilité sur la jambe douloureuse.
– Le signe de Lasègue : la personne étant allongée, le médecin soulève une jambe (tendue) l’une après l’autre. Lorsque ce mouvement déclenche une douleur, cela signe un conflit disco-radiculaire (coincement du nerf au niveau de la vertèbre). L’intensité est mesurée à l’angle maximum que peut faire la jambe soulevée par rapport au plan du lit.
– Le signe de la sonnette : la pression de la région latérale de la vertèbre touchée déclenche une douleur irradiant dans la jambe.
La disparition d’un ROT, une anesthésie, la présence d’un signe de la sonnette, un signe de Lasègue à moins de 30° indique une sciatique grave à surveiller de très près. Quoi qu’il en soit, en cas de sciatique grave ou d’évolution au-delà de 6 semaines, un avis spécialisé s’impose.

Des radiographies du rachis (colonne vertébrale) lombaire seront demandées systématiquement si les symptômes persistent au-delà de 8 jours d’un traitement bien mené ou s’ils sont d’emblée sérieux. Elles pourront quelquefois montrer le problème : un pincement intervertébral… ou des signes collatéraux : arthrose, ostéoporose, troubles de la statique vertébrale… Cependant, les radiographies ne permettent pas de voir les disques intervertébraux ni les nerfs.

C’est pourquoi en cas de persistance de la douleur, en cas d’aggravation ou en cas de signes de sciatique grave, un scanner ou une IRM est demandé à la recherche d’une compression du nerf sciatique, notamment par une hernie discale.

Il faut savoir qu’une hernie discale n’est pas grave en soit. Des milliers de personnes vivent parfaitement avec des hernies discales sans même le savoir… La gravité survient lorsqu’elle comprime un nerf notamment le nerf sciatique. Car le nerf se met à souffrir et si cette compression n’est pas levée rapidement, le nerf ne récupérera jamais… laissant des séquelles au niveau du membre touché.

Le scanner ou l’IRM permettra d’objectiver la compression, mais aussi  l’intensité de la compression exercée sur le nerf ce qui est capital. Car une compression faible ou modérée sera redevable d’un traitement médical, alors qu’une compression forte dépendra d’un traitement chirurgical.

L’évolution : fort heureusement, les lumbagos et les sciatiques, guérissent en quelques semaines à quelques mois, dans 80 à 90 % des cas, à l’aide d’un traitement et d’un repos suivis de séances de kinésithérapie.  Les hernies discales nécessitent une thérapie plus prolongée et les interventions y sont plus fréquentes (mais non systématiques). Cependant, si rien n’est fait pour les prévenir, les récidives sont souvent retrouvées… car les mêmes causes déclenchent toujours les mêmes effets…

Dr Luc Bodin