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L’ostéoporose est de plus en plus fréquente dans notre population qui vieillit et qui se sédentarise. Il est important de la diagnostiquer et de la traiter précocement. L’ostéodensitométrie ou densitométrie osseuse (DMO) est un examen qui mesure la densité osseuse (masse de calcium dans l’os) qui est le reflet de la minéralisation osseuse. Il permet le diagnostic de l’ostéoporose, mais aussi d’établir le degré de solidité des os et, par là, d’évaluer le risque de fracture chez les personnes. La mise en route d’un traitement dépendra des résultats obtenus.

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Principes de l’ostéodensitométrie

L’examen est basé sur « l’absorptiométrie biphotonique à rayons X ». Pour cela, l’appareil émet en direction de la personne et de l’os visé des rayons X très faibles, composés de 2 longueurs d’onde différentes qui seront plus ou moins absorbés selon la minéralisation de l’os et les tissus environnants. Il suffit alors de mesurer ce qu’il reste de ces rayonnements après leur traversée du corps. C’est le calcul de la différence entre, d’une part l’absorption des rayons X en un point de l’os, et d’autre part, l’absorption de l’os plus des tissus environnants (muscles, graisses, tendon, vaisseaux), qui permet d’établir la densité osseuse en ce point de l’os. On pourrait résumer en disant que plus l’os est dense et minéralisé, moins les rayons passent et inversement. Le résultat de la mesure est donné en gramme par cm2 (g/cm2)

Réalisation de l’ostéodensitométrie

Utilisant les rayons X, l’examen est réalisé en service de radiologie. Pour cette même raison, il est contre-indiqué pendant la grossesse. Plusieurs os sont étudiés au cours d’un même examen afin de s’assurer du résultat obtenu. Les os les plus souvent analysés sont le col du fémur, les vertèbres lombaires et le poignet, c’est-à-dire trois régions où le risque fracturaire est le plus important.

Généralement, la personne reste en sous-vêtements et chemise lors de l’examen. Elle est allongée sur le dos, la tête posée sur un oreiller et les deux jambes surélevées et posées sur un gros coussin rigide. La seule exception à cette préparation est un examen ostéodensitométrique effectué uniquement sur un poignet ou sur une main. Comme pour tout examen radiologique, il ne faut conserver aucun objet métallique sur soi (pas de bijou) qui risquerait de perturber l’étude du rayonnement. Il est important de signaler au radiologue les problèmes médicaux et les opérations chirurgicales réalisées au niveau des os ou la pose de prothèse (prothèse de hanche) ou de pace maker. Ces éléments devront être pris en considération.
L’examen ne dure qu’une dizaine de minutes. Il ne nécessite pas de préparation particulière (pas d’injection d’iode ou de produit quelconque). Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. La densitométrie est un examen totalement indolore. L’irradiation émise au cours de l’examen est très faible, environ dix à vingt fois moins importante que la dose utilisée pour effectuer une simple radiographie pulmonaire standard.

Précautions

Il n’existe aucune contre-indication en dehors de la grossesse. Attention cependant en cas de prise de certains produits radio-opaques dans les jours précédents l’examen, car ils pourraient fausser ou gêner les résultats : produit de contraste (baryte) et produit iodé (scintigraphie), sels d’aluminium (pansement gastrique, calcium…) et antécédent d’intoxication au plomb.

Les résultats

Les résultats obtenus sont comparés à des courbes de référence qui indiquent les valeurs normales en fonction de l’os étudié, de l’âge et du sexe. Un point sur un graphique, indique très distinctement où se trouve l’état de minéralisation de la personne, permettant ainsi, dès le premier coup d’œil, de savoir si elle est ostéoporotique ou non. On appelle « T-score » (ou Z-score) la déviation des résultats de la personne par rapport à la moyenne mesurée dans une population d’adultes jeunes du même sexe. Le T-score sera exprimé en nombre de « déviations standards » (DS). L’OMS a défini que le seuil de l’ostéoporose se situait à 2,5 DS en dessous de la densité moyenne mesurée chez l’adulte jeune.

Les résultats de cet examen sont très importants pour savoir s’il faut traiter une personne pour ostéoporose ou non. L’importance du DS indiquera aussi l’intensité et l’urgence des traitements à prodiguer.

Indications

Cet examen est particulièrement indiqué :
–    en cas de fracture sans traumatisme important.
–    en cas de découverte radiologique de fracture vertébrale sans cause évidente (traumatisme, chute, maladie).
–    pour les personnes présentant des maladies pouvant induire une ostéoporose (maladies hormonales : thyroïde, surrénale).
–    en cas d’antécédent familial d’ostéoporose ou de fracture sans traumatisme important.
–    en cas de surpoids (indice de masse musculaire IMC > 19 kg/ cm2)
–    en cas de traitement par corticoïde (cortisone pendant plus de 3 mois) prolongé ou par certaines chimiothérapies.
–    en cas de ménopause précoce (avant 40 ans).
–    en cas de perte de taille (diminution notable de la hauteur).
–    en cas de sédentarité notable (volontaire ou liée à une impotence due à des maladies invalidantes).
–    en cas de perte de poids importante, d’anorexie ou de malnutrition.
–    en cas d’alcoolisme.
–    pour suivre l’évolution d’une ostéoporose sous traitement et ainsi d’ajuster leur dose en fonction des résultats.
L’ostéodensitométrie est donc un excellent examen de dépistage. Il est maintenant pris en charge par la sécurité sociale chez les personnes présentant un facteur de risque.

Ce que le médecin regarde :

Lorsque le médecin reçoit les examens, il regarde immédiatement la première ostéodensotimétrie effectuée sur le premier os (par ex. : le col du fémur). Il constate où elle se situe sur le résultat de la personne par rapport à la moyenne (selon l’âge et le sexe). Cela lui indique immédiatement s’il y a ou non, une baisse significative de la minéralisation osseuse. En cas de déminéralisation, il va regarder alors le T-score afin de savoir si la personne se situe au-dessus ou en dessous des 2,5 DS qui est le seuil de l’ostéoporose.
Une fois cela réalisé, il renouvelle cette opération avec l’ostéodensitométrie effectuée sur le deuxième os (par ex. : les vertèbres). Il compare alors les deux résultats obtenus et en fait la synthèse.
Selon les résultats obtenus : déminéralisation légère, ostéoporose simple ou ostéoporose avec risque fracturaire, le médecin adaptera son traitement à l’urgence de la situation.

Dr Luc Bodin