L’isorétinoïde fut commercialisé pendant des années sous le nom de Roaccutane. Il est indiqué dans le traitement de l’acné et présente d’importants risques  de dépression et même de suicide, ce qui devrait en limiter voire en arrêter l’usage.

L’isorétinoïde est un remède utilisé classiquement dans le traitement de l’acné sévère depuis 1984. Déjà dans le passé, il avait montré des risques importants de malformations en cas de grossesse. Mais suite à quinze cas de suicides survenus sous isorétinoïde en France entre 1985 et 2007, l’Affsaps a publié un communiqué pour « renforcer la sensibilisation des professionnels de santé et des patients quant au risque de dépression, de tentatives de suicide et de suicides »

Cette attitude de l’Affsaps est très déconcertante aux vues de l’étude qui vient de confirmer que l’isorétinoïde induisait des dépressions graves et même des suicides. Cette recherche a porté sur de nombreuses prescriptions d’isorétinoïde effectuées entre 1984 et 2003. Elle a démontré que l’isorétinoïde était significativement associée à la survenue de dépression (Azoulay L. et al. J clin Psychiatry 2008 ;69 :526-32). Par ailleurs et fort étrangement, au même moment le laboratoire Roche  annonçait le retrait définitif de leur produit, le « Roacutane » (à base d’isorétinoïde) du marché. Mais malgré sa suppression, il reste toujours  sur le marché, certains génériques contenant de l’isorétinoïde… prudence, donc. 

De nombreux témoignages attestent des dangers de ce produit, comme celui-ci :  « Notre fils de 16 ans a suivi un traitement anti-acnéique à base d’isotrétinoine. Dès le début, son comportement a changé, il est devenu triste et agressif. Il s’est isolé. Il avait mal partout. Il avait besoin de gouttes dans les yeux, car il souffrait de sécheresse oculaire et de chalazions. Mais le plus grave c’est qu’il a fait 7 tentatives de suicide, il s’est ouvert les veines, il a pris des médicaments puis il a essayé de se pendre, il a fait aussi 3 fugues, etc. Tout cela ne ressemblait absolument pas à notre fils qui était un enfant équilibré, espiègle et joyeux. Nous en sommes alors venus à nous poser des questions sur l’isorétinoïde et nous avons commencé à chercher sur internet. Ceci nous a permis de découvrir que nous n’étions pas les seuls dans ce cas, il y a des cas semblables dans le monde entier… »
Il est possible de se rapprocher de l’association traitant de ce problème, pour avoir de plus amples informations : AVRG : 12 rue du Vallon Barla – 06200 Nice – Tél. : 06 86 24 96 22  – www.swissroaccutaneaction.ch

granule

Pour les jeunes atteints de troubles liés a ce médicament, je conseillerais en plus de l’arrêt de l’isorétinoïde, de prendre.
– une isothérapie homéopathique de l’isorétinoïde (voir un médecin homéopathe) pour détoxiquer complètement
l’organisme du produit,
– des antioxydants (SOD, Co Enzyme Q10 surtout).
– des vitamines B.

afin d’améliorer leur état de santé physique et psychique.

Mais  le plus déroutant de cette triste affaire, c’est que les adolescents sont tellement mal dans leur peau et leur corps… ils vivent tellement mal cette acné qui les dévisage et les met à l’aise vis-à-vis des autres autres, des leurs amis et de leur petit(e) ami(e) que beaucoup préfèrent courir le risque d’avoir des effets indésirables même graves et de prendre de l’isorétinoïde afin d’être débarrassés de leur acné….   

Enfin, je rappellerais qu’il existe d’autres traitements possibles contre l’acné : des antibiotiques, certaines pilules contraceptives chez les jeunes femmes,  mais surtout des remèdes homéopathiques, des plantes, des cataplasmes… sans oublier l’indispensable changement de mode de vie et surtout  la modification des habitudes alimentaires (suppression des sucreries, des fritures et des laitages).

Dr Luc Bodin