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Quelques petits moyens soulageront déjà temporairement les troubles présentés dans le syndrome des jambes sans repos :    

•    Le mouvement améliore les impatiences : marcher dans la maison ou l’appartement souvent sur le carrelage froid, faire du vélo d’appartement, piétiner, se frictionner les jambes, faire des mouvements de flexion-extension avec les jambes, faire des étirements, passer de l’eau froide sur les jambes…

  •   Il convient également d’éviter les excitants : café, thé, alcool, tabac, exercice physique intense… dans les heures précédant le sommeil parce qu’elles aggravent le SJSR. Pour la même raison, il faut éviter certains médicaments comme les antidépresseurs, les neuroleptiques et les antagonistes calciques.    

•   Dans la journée, il faut essayer de ne pas trop penser à son mal en s’occupant l’esprit à des jeux de société, des mots croisés, des lectures, des hobbies…    

•    Quelques mesures amélioreront la vie : s’asseoir sur des tabourets, genre tabouret de bar et travailler sur le comptoir, poser ses livres sur une étagère élevée afin de pouvoir lire debout, au spectacle ou lors des réunions se placer près des allées et des sorties, s’arrêter régulièrement lors des longs trajets en voiture…    

•    Dans la mesure du possible, avoir une vie régulière et des heures de sommeil fixes.   Enfin, il ne faut pas oublier l’intérêt des massages sur ces jambes contractées. Ils apportent un soulagement important même s’il n’est que passager.

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En complément de ces mesures, des traitements ont maintenant été mis au point depuis la découverte du mécanisme qui induit la formation de la SJSR. Ils sont devenus très performants :  

–    Une supplémentation en fer sera efficace en cas de ferritinémie inférieure à 50 microgr/ml  

–    Les sédatifs légers, voire des benzodiazépines (clonazépam) et/ou antalgiques dans les formes modérées. Leur rôle consistera surtout à améliorer le sommeil.  

–    La L-Dopa (Modopar, Sinemet) à donner le soir une heure avant la survenue habituelle des troubles. Ce traitement est réservé aux formes intermittentes ou celles qui ne sont gênantes que dans certaines situations particulières.

–    L’agoniste dopaminergique Adartrel, ropirinole (Adartrel en France Requip aux États-Unis), qui est un dérivé de l’ergot de seigle, est indiqué dans les formes modérées à sévères. Il mime l’action de la dopamine. Il est à prendre le soir peu de temps avant le coucher. Sa posologie est à introduire progressivement et à adapter aux résultats obtenus. Il a très nettement amélioré la prise en charge des SJSR, mais n’en traite pas le fond (traitement à ne pas arrêter).  Il présente quelques contre-indications : allergie à un de ses constituants, femme enceinte, insuffisants rénaux et hépatiques. L’Adartel produit souvent une somnolence, des nausées et des vertiges… Il convient alors d’adapter la posologie. Il est pris en charge par la Sécurité Sociale (65%) si la prescription initiale a été réalisée par un spécialiste. En cas d’échappement au traitement, il faut rechercher systématiquement un déficit en fer.

–    L’anti-épileptique, Gabapentine, sera indiqué en cas d’échec de l’Adartrel. Il est généralement bien toléré.

–    Les opiacés (codéine principalement) sont également très efficaces, mais ils sont réservés aux cas sévères lorsque tous les autres traitements ont échoué.

Dr Luc Bodin