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Environ 10% de la population souffre du Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR) ou Restless Legs Syndrome (RLS) encore appelé « impatiences ». Il s’agit d’une maladie neurologique chronique qui touche deux fois plus de femmes que d’hommes. Sa fréquence augment avec l’âge (âge moyen 50 ans) mais il existe également des formes infantiles. Son mécanisme et ses causes ne sont pas encore totalement élucidés. Des pistes intéressantes existent cependant. Des conseils permettent déjà d’améliorer le trouble. Et des traitements efficaces ont maintenant été mis au point.   Le SJSR est d’une sévérité très variable d’une personne à l’autre. Cela peut aller d’une simple gêne momentanée à des réveils nocturnes prolongés. Il se manifeste d’abord par des sensations à type de :      

–    fourmillements,       

–    sensation de crampes,       

–    agacements, énervements,       

–    sensation de ruissellement,       

–    brûlures,       

–    picotements,       

–    torsions,       

–    tiraillement,       

–    décharges électriques.

et autres troubles désagréables et souvent difficilement définissables dans les jambes, quelquefois même dans les bras. Il y a aussi de véritables sensations douloureuses dans 20% des cas.

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Ces sensations désagréables induisent un besoin irrésistible de bouger et de marcher. Le point important est que ces symptômes disparaissent à la marche. Mais inversement, ils auront tendance à s’accentuer lorsque la personne s’ennuie.   Un autre point important est que ces sensations surviennent uniquement au repos, surtout lors des immobilisations prolongées. Cela peut arriver aussi bien en position assise que couchée. Elles viennent troubler les réunions, les repas prolongés, les longs trajets (voiture, train, avion)…  Elles débutent en général entre 19 et 22 heures, ce qui impose à la personne de marcher de déambuler ou de rester debout. Mais la période la plus gênante est la nuit, où le SLSR provoque des micro-réveils, voire des réveils multiples. Surviennent également des mouvements anormaux, des secousses, des mouvements de flexion des jambes, des sursauts pendant le sommeil qui ne durent pas plus de 30 à 40 secondes, mais qui gênent le partenaire… La personne malade a besoin souvent de se lever, voire de marcher pendant des périodes plus ou moins longues avant de pouvoir se rendormir. C’est pourquoi les troubles du sommeil sont la plainte principale des personnes souffrant de SJSR (9 fois sur 10). Ces insomnies produiront une fatigue chronique (avec fatigue au réveil), induisant à son tour, une somnolence dans la journée et des troubles de l’humeur (irritabilité, nervosité, dépression).         

Tous ces symptômes perturbent gravement la personne malade, mais également son (sa) partenaire, sa vie familiale, sociale ainsi que professionnelle…         L’évolution de la SJSR est quelquefois fluctuante et imprévisible. Mais plus généralement, elle sera chronique et ira vers une aggravation progressive des troubles en intensité et en durée, ceux-ci débutant de plus en plus tôt dans la journée.      

Nous retiendrons surtout les quatre signes essentiels qui permettront de poser le diagnostic :       

–    Une impatience motrice induisant un besoin irrésistible de bouger les jambes,       

–    Calmée par le mouvement,       

–    Survenant exclusivement au repos,       

–    Surtout le soir et la nuit.  

Dr Luc Bodin