La maladie de Lyme est une maladie pernicieuse et mal connue du public comme des médecins. Ses multiples aspects en perturbent le diagnostic, d’autant que les examens biologiques sont souvent faussement normaux. Par ailleurs, les traitements modernes sont d’une efficacité que très relative. Tout cela concourt à laisser évoluer cette maladie silencieusement, ce qui finira par induire des maladies graves semblables à la fibromyalgie, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la fatigue chronique, etc.

La maladie de Lyme fut autrefois appelée « érythème chronique migrant de Lipschutz » ou « méningo-radiculite de Garin et Bujadoux ». Sous ces différentes dénominations, elle fut décrite au début du XXe siècle puis… oubliée. Il a fallu attendre 1975 pour que la maladie soit à nouveau, mise en évidence et définie à la suite d’une épidémie d’arthrites inflammatoires infantiles à Old Lyme dans le Connecticut aux États-Unis.

Cette infection est due à une bactérie, la Borrelia Burgdorferi, d’où le nom qu’on lui donne de temps en temps de « borréliose » ou « borréliose de Lyme ». Le réservoir de la borrelia est constitué principalement par les petits mammifères et sans doute également les oiseaux. Ce microbe est transmis ensuite à l’homme par les piqûres de tiques contaminées que l’on retrouve principalement dans les forêts ou du moins dans le milieu rural pendant les périodes de plus forte chaleur, de mai à octobre. La maladie de Lyme est une maladie professionnelle pour les personnes effectuant des travaux forestiers. 

Elle sévit surtout dans l’hémisphère nord. En Europe, elle est fréquente en Allemagne, Autriche, Suisse et Europe de l’Est. En France, on la retrouve dans l’est et surtout en Alsace où l’incidence y est 2 à 4 fois supérieure à la moyenne nationale. Sa prévalence est de 15 000 cas par an aux USA et 50 000 en Europe dont 5.500 en France. Mais la grande méconnaissance de cette maladie fait qu’elle est largement sous-évaluée. Certains auteurs parlent de 100 000 nouveaux cas par an en Allemagne et plusieurs centaines de milliers aux USA… et que 15,5% de la population mondiale serait touchée… soit un milliard de personnes.

Il a existé un vaccin contre la maladie de Lyme, mais il a été rapidement abandonné, car il présentait trop d’effets secondaires.

Le diagnostic de la maladie n’est pas toujours aisé, à cause de sa mauvaise connaissance par les malades comme par les médecins, mais aussi de très nombreux aspects qu’elle peut présenter. De plus, un nombre important de personnes ne se souviennent d’aucune morsure de tique, ce qui rend le diagnostic encore plus difficile. Il est d’ailleurs possible la maladie soit transmise par d’autres voies que la piqûre de tique comme la transfusion, la grossesse, les piqûres de moustique, d’araignée ou autres…

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La maladie évolue classiquement en trois phases, mais ce n’est pas toujours aussi évident. Une phase peut manquer ou passer inaperçue. Et les différents symptômes peuvent quelquefois se trouver mélanger… Tout cela rendant le tableau pas toujours évocateur de la maladie de Lyme.  Quoi qu’il en soit, on distingue :

1. La phase primaire, précoce localisée est limitée au point d’inoculation. Elle n’est pas obligatoire. Et à ce stade, la guérison spontanée est quelquefois possible. Les signes se caractérisent par la survenue d’un érythème (rougeur) cuisant, grossièrement circulaire et centré sur la piqûre de la tique. Il peut dépasser 5cm de diamètre (jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres). C’est l’ « érythème chronique migrant » de Lipschutz. Il survient de 3 à 30 jours après la piqûre. Puis, dans la 2e semaine de son apparition, il pâlit en son centre. Dans tous les cas, il disparaît au bout de quelques jours à quelques semaines. On le retrouve surtout sur les membres inférieurs. Cette phase s’accompagne souvent d’un état fébrile avec frissons, courbatures, douleurs articulaires, voire maux de tête. Les prises de sang n’apportent pas d’information particulière à ce stade.

2. La phase secondaire, précoce, disséminée, correspond à la dissémination de la bactérie dans l’ensemble du corps. Elle débute quelques semaines à quelques mois plus tard. Une guérison spontanée est encore possible. Nous retrouvons ici :
i. Des signes cutanés : souvent semblables à l’érythème chronique de la 1re phase, ou sous forme de nodule situé au niveau du pavillon d’une oreille ou d’un mamelon.
ii. Des signes neurologiques : méningites, névrites (inflammation des nerfs) souvent très douloureuses avec des maux de tête et une sensibilité cutanée exacerbée.
iii. Des signes rhumatologiques : atteintes de plusieurs articulations, dont souvent le genou, qui deviennent enflées, chaudes, rouges et douloureuses. Ce rhumatisme évolue par poussées espacées de période de rémission d’environ un mois.
iv. D’autres organes peuvent être atteints comme le cœur (myocardite, trouble du rythme), les poumons (essoufflement), les yeux, etc..

3. La phase tertiaire, tardive, survient des mois, voire des années après l’infection. Elle se remarque par
i. Des manifestations neurologiques, lésions démyélinisantes proches de la sclérose en plaques.

ii. Des signes rhumatologiques présentant des signes proches de la polyarthrite rhumatoïde.

iii. Des signes dermatologiques : plaques violacées évoluant vers la sclérose associée à des arthrites et des neuropathies.

De nombreux auteurs ont vu dans la borrelia, lorsqu’elle évolue vers cette phase tertiaire, une cause possible (voire fréquente) de ces maladies difficiles que sont la fibromyalgie, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la SLA, la fatigue chronique, la spondylarthrite ankylosante… voire les dépressions sévères, les migraines, la maladie d’Alzheimer…


Car la borrelia évoluant de manière chronique finit par perturber gravement, voire bloquer le système immunitaire de la personne ce qui lui induira une fatigue chronique. Par ailleurs la flagelline, une protéine contenue dans les flagelles de la borrelia, induit la formation d’anticorps contre la myéline, une protéine proche par sa composition et qui entoure les nerfs. Pour toutes ces raisons, la borréliose chronique peut être responsable de ces terribles maladies.

 

 4. Syndrome post-maladie de Lyme (ou « maladie de Lyme chronique » ou encore « post-Lyme ») : quelquefois, malgré un traitement antibiotique à dose efficace et précoce, des patients se plaignent de symptômes résiduels comme des maux de têtes, des arthrites, des douleurs musculaires, une fatigue chronique, de la transpiration, des bouffées de chaleur, des engourdissements, des mouvements nerveux, des troubles de la mémoire, une perte de l’audition, une humeur variable, une dépression, des vertiges, des troubles du sommeil et une raideur cervicale. Cela signifie que la borrélliose est toujours présente à l’état chronique.

Le diagnostic repose d’abord et surtout sur les signes cliniques, mais les nombreux aspects de la maladie de Lyme sont souvent trompeurs. Dans tous les cas, il sera demandé des analyses de sang : la PCR est généralement élevée, mais ce sera surtout la sérologie de Lyme (test ELISA ou Western Blot) qui recherchera les anticorps contre la borrelia burgdorferi (avec dosage des IgG et des IgM) qui permettra le diagnostic lorsqu’il est positif. Mais il existe un nombre important de faux négatifs. En effet, ces tests recherchent uniquement les anticorps de la borrelia burgdorferi, germe fréquemment en cause aux USA, mais nettement moins en Europe où sévissent d’autres types de borellia. C’est ainsi qu’on estime qu’il y aurait de 30 à 55% des faux négatifs à la maladie. Ainsi une sérologie positive est un élément affirmatif, mais une sérologie négative ne peut pas permettre d’éliminer formellement une maladie de Lyme.

Dr Luc Bodin

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