Depuis la puberté jusqu’à la ménopause, toutes les femmes ont éprouvé au moins une fois dans leur vie, des troubles de leur cycle menstruel : cycle trop long, trop court, absence de règles, règles trop rapprochées ou trop abondantes… ainsi que des problèmes au moment de ses règles : douleurs du bas ventre, irritabilité, prise de poids, jambes lourdes, fatigue, pesanteur abdominale, douleurs lombaires, tension des seins, migraines, troubles du transit intestinal, etc. Chez certaines femmes, ces problèmes sont tellement fréquents qu’elles finissent même par les considérer somme étant normaux et qu’il lui faut s’y habituer. Pourtant des solutions existent pour soulager ces problèmes.


LA MEDECINE MODERNE :

Le choix de départ sera très simple, selon que la femme désire ou non une contraception.

    * Si elle désire une pilule contraceptive, celle-ci réglera en même temps, le problème de la contraception et celui de la dysménorrhée. Il faudra cependant rechercher le dosage adéquate de la pilule : ni trop faible, ni trop forte…
    * Autrement, si une contraception n’est pas souhaitée, on préférera un progestatif  (Utrogestan, Duphaston) qui sera pris de J15 à J25 lors de chaque cycle. Ce traitement agit sur la motricité et l’inflammation utérine. Il est possible aussi d’utiliser des progestatifs macrodosés (Lutényl, Lutéran) qui seront pris de J6 à J25. Ces dosages induisent alors également une contraception équivalente à une pilule.
 
Tous ces traitements sont efficaces, mais peuvent induire une prise de poids du moins au début. Ce problème est maintenant devenu plus rare grâce aux pilules microdosées, mais ces dosages faibles sont souvent insuffisants pour soulager la dysménorrhée… Il est maintenant établi que les traitements hormonaux sont également cancérigènes. Il convient donc de ne les prendre que lorsqu’il y en a réellement besoin et de les arrêter lorsque leur usage n’est plus nécessaire.

equipe médical

A côté de ces traitements hormonaux, les anti-prostaglandines qui ne sont rien d’autres que des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), pourront être indiqués pour soulager les douleurs de ventre et les maux de tête. Ce sont : Advil, Antadys, Apranax,  Brufen, Cebutid, Naprosyne, Troprec, Xenid… Ils permettraient d’obtenir jusqu’à 80 à 90% de bons résultats. Cependant, ils ne sont pas dénués d’effets secondaires : troubles digestifs, gastralgies, ulcères, hémorragies, allergies, asthme… Ils ne doivent donc être utilsés que sur de courtes périodes si cela est possible et uniquement après avis médical. Car il existe des contre-indications et des interactions médicamenteuses à respecter impérativement. A noter que l’aspirine et le paracétamol ne sont que très peu efficaces sur ce type de douleur.

Enfin, il est possible de prendre des tocolytiques, appelés aussi plus communément antispasmodiques (Spasfon, Spasmopriv, Viscéralgine, etc…) qui permettront de lever le spasme douloureux et la contracture utérine.

Ces différents traitements peuvent être pris conjointement.

Dans les cas rebelles et invalidants, il peut être proposé des stimulations nerveuses électriques transcutanées, voire des techniques chirurgicales comme des dénervations utérines afin de calmer les douleurs. 


LA MEDECINE NATURELLE :

La médecine naturelle commencera quant à elle, par s’intéresser au terrain et à l’état général de la femme. Les dysménorrhées sont souvent secondaire aux états de fatigue et de stress, qui en sont la cause profonde. Il faudra donc les traiter en modifiant son rythme de vie : prendre une alimentation équilibrée de type méditerranéenne, prendre des huiles d’olive et de colza dans son alimentation, éviter les sucres raffinés (sucreries), boire beaucoup d’eau de source (sauf si il y a une rétention d’eau), faire de l’exercice plusieurs fois par semaine, se libérer des moments de détente et de loisir et enfin veiller à avoir un bon temps de sommeil quotidiennement. La prise de quelques fortifiants sera intéressante : ginseng, gelée royale, sérum de Quinton, levure de bière, Green magna…
 
Ensuite, Il est conseillé de réaliser systématiquement un bilan ostéopathique complet. Car très souvent une mal position, un déplacement, une contracture des vertèbres dorsales ou lombaires, peuvent interférer sur le système neurovégétatif qui régule le système hormonal. Ce ne sera qu’en cas de non-amélioration des dysménorrhées après une remise en place ostéopathique des vertèbres et du bassin, qu’il faudra faire intervenir les autres traitements.

Des nutriments sont souvent très utiles :

– Le magnésium type Biomag (3 à 4 cp.j) ou Mégamag (3 à 6 gél/j) ou encore le glycérophosphate de magnésium (D-Stress) avec les vitamines B et C, intervient sur un nombre considérable de réactions chimiques au sein de l’organisme. Il est indispensable à la fabrication des hormones, à la lutte contre la fatigue et à la gestion du stress. C’est aussi grâce au magnésium qu’est produite l’énergie dans les cellules.
– Le fer ne sera prescrit que s’il existe un déficit confirmé par une prise de sang. C’est souvent le cas lors des dysménorrhées. Il faudra préférer les apports alimentaires en fer (foie, rognons, viandes rouges, lentilles…) et la prise de Biofer (1 à 2 cp/j) si le déficit n’est pas trop important, plutôt que les traitements conventionnels à base de fer qui ne sont pas toujhours bien tolérés par les intestins.
L’huile d’onagre est indispensable dans tous les cas de dysménorrhée ou de syndrome prémenstruel. Elle est commercialisée sous de nombreuses formes comme par exemple Effi-onagre en capsules à raison de 2 capsules/j pendant les 15 derniers jours du cycles. Il y a également le SPM 600 qui est une très bonne association d’oméga 3 et 6, de magnésium et de vitamine B6 (même posologie). Les huiles d’oméga 3 et 6 agissent sur les prostaglandines anti-inflammatoires et la fluidité du sang améliorant ainsi les symptômes rencontrés.
– Les oligoélements sont également importants :
o Le Zinc pour relancer la fonction hypophysaire (LH et FSH).
o Le Zinc-cuivre pour relancer la fonction ovarienne (œstrogène et progestérone).
On prendra systématiquement ces deux oligoéléments  que l’on associera avec un des 3 suivants :
o Le Cuivre-Or-Argent en cas de fatigue.
o Le Manganèse en cas de spasmes et douleur utérins.
o Le Manganèse-cobalt en cas de ménopause.
La posologie sera de une ampoule/j sauf le dimanche (6 jours sur 7), en alternant les trois produits sélectionnés.

– Les plantes apportent souvent de très bonnes solutions :

Il y a d’abord le soja et le yam qui sont des produits extrêmement efficaces surtout en période de péri-ménopause. Il existe aujourd’hui de nombreuses spécialités pharmaceutiques. Yméa est un produit souvent remarquable dans ces troubles. Sa posologie est 1 à 2 gélules deux fois par jour tous les jours ou simplement les quinze derniers jours du cycle (de J14 à J28).
D’autres plantes auront aussi une action sur ces dysménorrhées :
        – Rubus idaeus bourgeons D1 : 100 gouttes le soir. Il rétablit l’équilibre hormonal et calme les spasmes utérins.
        – Ribes nigrum bourgeons D1 : 100 gouttes le matin agira sur l’inflammation et la douleur utérine.
Mais il existe aussi d’autres plantes intéressantes comme :
        – Castanea vesca bourgeons D1 : 50 gouttes/j.
        – Viburnum lantana bourgeons D1 : 50 gouttes/j.
        – Sorbus domestica bourgeons D1 : 50 gouttes/j.
        – Matricaria chamomilla TM : 50 gouttes/j.
        – Salvia officinalis TM : 50 gouttes/j en cas d’absence ou d’insuffisance de régles.
        – Bursa pastoris TM : 20 gouttes avant les 3 repas en cas de saignement abondant.
        – Melilotus TM : 50 gouttes/j en cas de ménopause.
Il est possible de faire préparer par le pharmacien une solution contenant plusieurs plantes mélangées et d’en prendre à raison de 50 à 80 gouttes avant les trois repas pendant quelques mois (diminuer les doses dès amélioration).
 

Par ailleurs, les plantes tonifiantes pour les veines (phlebotoniques) sont également très importantes pour soulager les congestions et les douleurs du bas ventre, de la tête et des jambes :
        – Hamamelis composé ou Climaxol : 20 gouttes avant les 3 repas.
        – Daflon, Cyclo 3 fort , Endothelon, Diosmine… à raison de 2 cp/j. Il est possible d’augmenter la posologie jusqu’à 4 cp/j dans les cas aigus.
Elles pourront être utilisées en continue ou simplement pendant la période des règles. Il est possible aussi de leurs associer des plantes diurétiques comme Fucus vésiculosus, Pilosella et autres en cas de rétention d’eau (gonflement) lors des règles. 

Dr Luc Bodin