Une étude américaine vient de révéler les effets négatifs que la solitude avait sur le système immunitaire. Déjà plusieurs travaux avaient permis d'établir que les personnes vivant dans l'isolement risquaient plus que les autres de souffrir d'infection, d'hypertension artérielle, d'insomnie et de cancer. Jusqu'ici l'explication sociale primait : le fait de ne pas avoir à ses côtés de proche veillant sur soi, semblait être le facteur expliquant cette fragilité particulière des personnes esseulées.

femme triste

 Des chercheurs de l'université de  Los Angeles en Californie (UCLA) apportent une nouvelle compréhension à ce phénomène. Ils ont étudié et comparé l'activité des gènes de 14 volontaires, dont 6 considérés comme de grands solitaires, et découvert que  le fonctionnement de 209 gènes différait largement entre les deux groupes. Or, « une grande partie de ces 209 gènes est impliquée dans la réponse immunitaire du corps à des agressions des tissus de l'organisme » a indiqué le principal auteur de cette étude. Ceci est encore une nouvelle confirmation de l'action de l'épigénétique, c'est-à-dire que notre mode de vie ainsi que notre mode de penser étaient capables d'interférer sur nos gènes en les ouvrant (exprimant) ou les fermant (réprimant) avec tous les intermédiaires possibles entre ces deux extrêmes.
Le Nouvel observateur, le journal santé, lundi 17 septembre 2007, www. sante.nouvelobs.com
Dr Luc Bodin