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Le cancer du sein est le principal cancer chez la femme. Il est multifactoriel. Et l’hérédité ne rentre en ligne de compte que dans 5 à 7 % des cas. Par contre, ce cancer serait très lié avec les facteurs environnementaux. De nombreuses études abondent dans ce sens aujourd’hui. Ainsi en changeant certaines habitudes dans son mode de vie, il est possible de diminuer le risque de survenue de ce type de cancer.

La pollution
Les produits chimiques contenus dans l’alimentation industrielle et dans les produits cosmétiques (entre autres les parabens) sont nuisibles par les toxiques et les pesticides qu’ils contiennent et qui vont s’accumuler dans les seins. Car la fonction de sécrétion des seins n’étant assurée que pendant l’allaitement, le reste du temps l’évacuation des produits toxiques s’effectue difficilement. Le port de soutiens-gorges serrés sur de longues périodes, voire aussi l’usage intensif des anti-transpirants (contenant eux-mêmes des toxiques) pourraient aggraver la situation. Les seins s’engorgent et les toxiques pénètrent dans les cellules pouvant à la longue induire des mutations cancérogènes.

De plus, certaines substances présentes dans la pollution sont très semblables par leur structure chimique aux oestrogènes naturels (œstrogènes-like). Or, nous savons que les hormones, notamment les oestrogènes, favorisent le développement du cancer du sein.

Le problème est que l’on retrouve aussi des dérivés hormonaux dans l’eau du robinet de certaines villes, provenant de dérivés de médicaments humains et vétérinaires. Mais aussi que les bouteilles plastiques contiennent des substances oestrogènes-like comme les bisphénols et autres substances libérées par le plastique sous l’effet de la chaleur (une simple exposition de la bouteille au soleil suffit).


Ainsi, il sera important de n’utiliser qu’une alimentation d’origine biologique (pour éviter pesticides, engrais et autres) ainsi que des cosmétiques contenant uniquement des produits naturels (lire les étiquettes) en cas d’usage prolongé.

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L’alimentation
L’alimentation apporte aussi des éléments importants à prendre en compte. Au rayon des aliments nuisibles aux seins, il y a les graisses trans (dans l’alimentation industrielle et les viennoiseries) et les graisses saturées (graisses animales et fritures), mais aussi l’alcool. Ainsi, boire un à deux verres d’alcool par jour augmenterait le risque de cancer du sein, de 7 à 32%… il passerait à 51 % pour 3 verres d’alcool par jour. L’alcool serait un facteur d’excitation des hormones sexuelles (oestrogènes).

Pour ce qui est des aliments protecteurs, nous trouvons le soja (en prévention et non en cas de cancer de sein établi), le thé japonais, les graines de lin et les fibres (fruits, légumes et crudité). Enfin, tout récemment, l’huile d’olive (crue) de première pression à froid biologique a démontré des vertus protectrices contre le cancer du sein. 

Avec l’alimentation, il faut rappeler que le surpoids est un facteur de risque pour le cancer du sein. Ainsi, 13 000 cancers du sein pourraient être évités en Europe si on pouvait faire maigrir toutes les femmes en surpoids. À l’inverse, l’exercice physique est un élément protecteur. Une marche rapide, du vélo, la natation, la gymnastique à raison d’une heure 2 ou 3 fois par semaine (ou trente minutes 5 ou 6 fois par semaine) sont déjà suffisants.

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Autres facteurs à prendre en compte
Les autres facteurs importants pour prévenir le cancer du sein sont :

  • L’arrêt du tabac est important aussi bien en préventif qu’en curatif. L’arrêt du tabac est toujours bénéfique, quel que soit le stade du cancer, cela a été démontré…

  • La limitation des radiations : limiter le nombre des radiographies à l’indispensable, les voyages en avion, le radon…

  • L’usage modéré des traitements hormonaux, y compris le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS ou THM). Ils ne devront être prescrits que si c’est médicalement indispensable et sur des périodes les plus courtes possible. La pilule ne sera utilisée qu’en période d’activité sexuelle.

  • Les massages doux des seins qui doivent s’apparenter davantage à des caresses seront effectués régulièrement deux ou trois fois par semaine en commençant par le mamelon et en allant vers la périphérie et les aisselles. Cela permet de drainer les glandes mammaires sans les agresser.

  • Ne pas porter de soutien-gorge trop serré. Il sera enlevé systématiquement la nuit pendant le sommeil.

  • Eviter l’usage excessif et répété pluri-quotidiennement des déodorants sous les bras et n’utiliser que des produits naturels.

  • Il est préférable d’avoir ses enfants jeunes et d’effectuer des allaitements prolongés.

  • Effectuer des palpations douces de ses seins une ou deux fois par mois à la recherche de nodules et se faire suivre régulièrement par un gynécologue.

  • La vitamine D peut aussi avoir un effet protecteur chez les femmes carencées (faire une prise de sang à la recherche de déficit) ou en surpoids.

Dr Luc Bodin
décembre 2009