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Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Malgré cela, sa mortalité n’a pas cessé de diminuer depuis plus de vingt ans. Elle a ainsi baissé de 21,3% aux États-Unis entre 1975 et 2000. L’amélioration des traitements peut sans aucun doute expliquer ce résultat, mais également le dépistage par mammographie.

woman checking breast for signs of cancer

La mammographie est une radiographie qui utilise de faibles doses de rayons X. Elle permet de visualiser la structure interne du sein, en particulier les tissus fibreux et glandulaires.

Sur un cliché normal,
il est facile de voir un fin réseau de canaux qui convergent vers le mamelon, ainsi que de petites taches blanches  formant une sorte de piqueté qui représentent les glandes mammaires.

La mammographie permet surtout de diagnostiquer les tumeurs de petite taille à un stade où elles n’ont pas encore envahi les tissus avoisinants. Ces cancers seront ainsi plus aisément soignables et donc guérissables.  Dans certains cas, la mammographie diagnostique aussi des ganglions (adénopathies) axillaires ou autre.

L’examen proprement dit est effectué sur une femme debout, le torse dénudé. Il est déconseillé d’appliquer des crèmes, du lait de toilette ou autre produit, sur les seins le jour de l’examen. Celui-ci consistera à compresser le sein entre deux plaques afin de le radiographier. C’est la partie la moins bien tolérée de l’examen, car cette compression n’est pas toujours agréable, mais heureusement elle ne dure pas… Les deux seins seront explorés chacun leur tour en totalité sur des incidences différentes. En cas de doute sur les premiers clichés réalisés, le radiologue peut être amené à les renouveler ou à les compléter avec d’autres examens : échographies, IRM…

La mammographie chez la femme non ménopausée doit être effectuée uniquement dans la première moitié du cycle (période suivant les règles). Enfin, il faut savoir que chez les femmes jeunes ou chez les femmes allaitantes, les adolescentes, l’échographie sera  préférée à la mammographie.

Enfin il est important de noter que toutes les anomalies constatées sur une mammographie ne sont pas forcément des cancers. Il peut s’agir de kyste bénin, de mastose (prise en masse de la glande) dus à un simple déséquilibre hormonal, de calcification bénigne, etc.

L’étude d’une mammographie :

Lorsque le médecin regarde des clichés de mammographies, il étudie d’abord la trame générale. Il essaie de repérer les calcifications et les zones de plus grande densité (en blanc sur la radiographie) pouvant évoquer des nodules, des kystes ou des tumeurs.

Si une tumeur est détectée, le médecin examinera sa taille et surtout ses contours : la tumeur est-elle bien définie ou au contraire irrégulière (trabéculaire) semblant infiltrer les tissus voisins ? Ce qui est souvent de moins bon pronostic.

Ensuite, l’aspect des tissus derrière la tumeur pourra donner des indications quant à la nature de la masse anormale : solide (tumorale) ou liquide (kystique).

Au moindre doute, le radiologue procédera à de nouvelles radiographies, à une échographie, voire à une IRM afin d’affiner son diagnostic. Car lorsque la masse est très suspecte de cancer, il sera indispensable de procéder à des ponctions-biopsies (prélèvement de cellules de la tumeur) afin d’affirmer le cancer de sein avant d’envisager tout traitement. 


Le dépistage du cancer du sein

Après la palpation des seins (autopalpation ou/et palpation par un médecin), la mammographie est l’examen essentiel pour ce dépistage. Depuis 2004, un dépistage systématique gratuit est organisé en France. Il intéresse les femmes de 50 à 74 ans (période du risque maximum de cancer du sein). Ce dépistage peut être effectué plus précocement en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein… En cas de normalité,
des clichés, la mammographie sera renouvelée tous les deux ans. Mais en cas de doute ou de risque élevé de cancer, sa fréquence sera annuelle, voire plus courte encore selon les situations.

Les radiologues doivent avoir suivi une formation spécifique pour être agréés pour ce dépistage et leurs appareils doivent également être homologués. Depuis quelques années, a été mise en place une double lecture systématique des clichés de mammographie, pour éviter les oublis toujours possibles.

Dr Luc Bodin
Juillet 2009