Le diabète est une maladie principalement héréditaire qui touche soit les jeunes enfants (diabète de type 1, ou Diabète Insulino-Dépendant DID), soit les personnes à partir de la cinquantaine (diabète de type 2 encore appelé Diabète Non-Insulino-Dépendant DNID). Le diabète atteint 10% de la population des plus de 65 ans. Il est dû  à une insuffisance de sécrétion d’insuline par le pancréas ou à une résistance des cellules de l’organisme à l’insuline.

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 La baisse de sécrétion d’insuline ou la non-utilisation du glucose par les cellule entraîne un défaut d’élimination du sucre apporté par l’alimentation. Il s’accumule alors dans le sang. La persistance d’un taux élevé de sucre sanguin (glycémie) encrassera les artères, y produisant à la longue des dépôts qui les oblitéreront.  Les artères les plus fréquemment atteintes sont celles des yeux, du cœur, des reins et des membres inférieurs. Ces organes seront surveillés systématiquement chez toutes les personnes diabétiques. Le diabète est donc une maladie grave par ses complications cardiovasculaires et rénales. Il peut avoir des conséquences mortelles en l’absence d’un traitement approprié.

La fréquence et la gravité potentielle d’un diabète méconnu font que le dosage de la glycémie (taux de sucre dans le sang) est demandé systématiquement lors de tout bilan sanguin. Car la maladie reste longtemps silencieuse. Seuls un amaigrissement, une soif (polydipsie) et des urines plus fréquentes (polyurie) peuvent quelquefois attirés l’attention.


Le diagnostic de diabète
sera établi lorsque l’on retrouve une glycémie à jeun supérieure à 1,26 gr/l dans deux prises de sang successives.
Cependant avant 70 ans, on sera encore plus vigilant. Et déjà en présence d’une glycémie supérieure à 1,20 gr/l on confirmera le diagnostic de diabète, en demandant une épreuve d’hyperglycémie provoquée qui consiste à doser la glycémie à jeun, puis ensuite toutes les demi-heure après un repas. Une courbe anormalement élevée signera le diagnostic.

Un taux normal de glycémie à jeun (chez un non-diabétique ou chez un diabétique sous régime et traitement) se situe au-dessous de 1 à 1,10 gr/l.


Chez une personne diabétique, un dosage de l’hémoglobine glyquée (Hb1C) sera également effectué. Il
indique la moyenne de la glycémie des 2 ou 3 derniers mois. Un taux entre 6 et 8 % indique que le traitement est adéquate. Une Hb1C supérieure à 8% signifie que le traitement anti-diabétique n’est pas équilibré et est à modifier.

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La surveillance d’un diabète confirmé consistera en dosages de :
– Une glycémie à jeun.
– Une hémoglobine glyquée (Hb1C). 
– Une microalbuminurie (recherche d’albumine dans les urines) dont la présence signale un risque d’atteinte vasculaire par le diabète.

Entre ces bilans, les personnes diabétiques disposent maintenant d’appareils individuels leur permettant de doser elles-mêmes leur glycémie sur une simple goutte de sang prélevée au bout de leur doigt.
  
D’autres examens existent, mais ils ne sont plus guère demandés, comme la glycémie post prandiale (glycémie effectuée 1½ à 2 heures après un repas) ainsi que la recherche de sucre dans les urines de 24 heures (glycosurie), voire sur une simple bandelette. Pourtant une glycémie post-prandiale élevée au-dessus de 1,60 à 1,70 gr/l pourrait déjà être évocatrice de diabète. De même, la présence de sucre dans les urines signale qu’une glycémie anormalement élevée, au-dessus de 1,80 gr/l, est survenue dans les dernières 24 heures.
 
 Le bilan diabétique sera complété par la recherche systématique des autres facteurs de risque  cardiovasculaires : cholestérol, HDL et LDL cholestérol et triglycérides.
 
 
Enfin, tous les ans, les organes susceptibles d’être touchés par le diabète seront surveillés:
les reins : par des dosages sanguins de l’urée, la créatinine et éventuellement une clairance de la créatinine qui étudieront leur fonctionnement.
les yeux : par un fond d’œil effectué chez un ophtalmologue. Cet examen permet de voir l’aspect des artères de l’œil qui sont le reflet de l’état des artères de l’ensemble du corps.
le cœur par un électrocardiogramme chez un cardiologue (qui évalue l’état des artères du cœur). Celui vérifiera également la tension artérielle (un autre facteur de risque pour les artères), les pouls artériels (dont la perception indiquera que le sang y circule bien) et la sensibilité des pieds (fréquemment amoindrie lors d’un diabète).
 

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Artériographie cérébrale

Le traitement consistera d’abord en un régime alimentaire limitant surtout les sucres rapides (sucreries), puis un traitement médicamenteux. Les injections d’insuline n’étant réservées qu’aux cas avancés où le traitement oral n’est plus suffisant.
 
Par ailleurs, l’arrêt du tabac, un autre facteur de risque cardiovasculaire est indispensable. Enfin la perte de poids est très utile. Car une perte de surpoids au début des troubles, peut faire reculer l’âge de début de la maladie de 10 ans… ce qui est toujours bon à prendre !

Pour en savoir plus, voir le livre: « Mieux lire et comprendre vos analyses biologiques » aux éditions du Dauphin


 Dr Luc Bodin