.

Spiritualité… le grand mot est lâché, il serait plus juste de parler de soutien spirituel, ou de recherche du sens de la vie… Quoiqu’il en soit ce sens du sacré apportera un appui tout au long de la maladie et surtout il fera émerger l’espoir chez la personne malade ce qui est un élément essentiel sur le chemin de la guérison. De plus, curieusement aujourd’hui encore, la limite entre le médecin et le religieux est souvent minime. Car des patients prennent leur médecin pour un confident ou un confesseur alors que d’autres vont chercher la guérison dans les pèlerinages et la prière.

Rappelons aussi qu’aux origines, le médecin était un chamane. Ce personnage se retrouve sous différentes appellations dans tous les peuples de notre planète. Ainsi, les druides chez les Gaulois et les Celtes devaient remplir cet office. Ils tenaient à la fois du médecin et du prêtre. Le Professeur Edouard Zarafian dans son livre « la force de guérir » explique « qu’il n’y a rien de tel que la maladie pour raviver les questions sur le sens de la vie». Une fois surmonté l’effet de surprise de l’annonce de sa maladie, la personne malade va passer par un certain nombre d’états de conscience : la révolte est une des premières. Puis surviendra la recherche de la compréhension : Pourquoi suis-je malade ? Pourquoi moi ? Et en allant plus loin, quel est le sens de la maladie ? Que cherche à me dire la maladie ? Enfin, commencera l’acceptation de sa maladie et la recherche du sens de la vie…

Fotolia_78708109_Subscription_XL

Je pense que l’on peut schématiquement distinguer plusieurs étapes dans l’évolution personnelle d’une personne malade :La recherche du sens de la Vie

Ce sujet devrait nous préoccuper tous ! C’est par l’observation du monde, de l’infiniment petit à l’infiniment grand ; c’est par la réflexion sur la vie et sur nous-mêmes ; C’est par la lecture et la discussion que nous nous forgerons tout doucement un début de conviction. Et comme par hasard (mais est-ce bien le hasard ?), nous trouvons toujours la personne qu’il nous faut, au moment qu’il nous faut… à nous de ne pas la laisser s’échapper !

Or, très souvent la personne s’était éloignée de cette recherche au cours de sa vie. La maladie la ramène alors à cette question primordiale. Recherche de l’être supérieur

Est- ce que l’univers tellement chargé de beauté et de perfection est le fruit du hasard, ou bien existe-t-il un grand architecte derrière tout cela ? Et s’il y en a un, que veut-il ? Les différentes religions sont là pour nous aider à y accéder. Elles sont comme les différentes faces d’une même pyramide, elles présentent des aspects variés mais elles ont toutes, le même sommet ! Et la conséquence est que : « Quand on croit en Dieu, on ne croit plus au hasard, on croit à la providence » comme le disait le Père Monier.L’Amour

L’amour est sans conteste le seul véritable élan du monde. C’est l’énergie créatrice. C’est par elle qu’on sublime l’existence. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour » disait Saint Jean de la Croix. Il nous faut substituer la notion culpabilisatrice de faute, notion très judéo-chrétienne, par la beauté de l’Amour, de la compassion et du partage. Rappelons tout de même, que ce fut un des premiers commandements donné à Moïse : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’idée n’est pas forcément d’ « aimer », dans le sens d’un amour béat, mais plutôt de ne rien lui faire qui pourrait lui être préjudiciable… et dont nous pourrions être tenu pour responsable. C’est pour cela qu’il ne faut rien faire aux autres que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse à nous…

Fotolia_76065828_Subscription_L

La Prière

La prière est le moteur du processus de guérison. La prière est un face à face avec Dieu, une communion dynamique qui pénètre aux sources de l’être et l’unit un instant aux principes divins.Elle peut être faite en groupes comme avec les groupes d’accompagnement de Maguy Lebrun. L’effet sur les malades est incomparable, ils se sentent envelopper par la présence de toute cette assistance qui est venue là pour eux et pour aider leur guérison. C’est vraiment des instants merveilleux.« La prière accélère la guérison », c’est aussi la conclusion d’une étude de l’Américan Médical Association effectuée sur 990 cardiaques à l’hôpital de Kansas City. La moitié de ces cardiaques ont été confié (à leur insu) aux prières de 75 personnes de diverses religions. Il y a eu moins de complications dans ce groupe de malades. Selon les chercheurs, le fruit du hasard ne pouvait pas jouer sur plus d’un sur 25. Pareillement, le Professeur Benson de l’université américaine de Harvard estime que les patients qui répètent des prières déclenchent du changement de fonctionnements de leurs organes.Ainsi la prière répétée à l’infini est à double sens : elle fait progressivement son chemin dans les parties les plus profondes de notre conscience pour atteindre notre âme, mais aussi elle fait également son chemin dans le cosmos pour y créer une résonance, un appel, une invocation.Abandonner son ego

Abandonner son ego pour s’en remettre à Dieu. Comme le dit très bien Mme Françoise Gérard qui a surmonté son cancer du sein :« C’est dans l’offrande de nos souffrances, de nos désillusions, de nos rancœurs, de nos haines, de notre vie toute entière que tout peut changer. C’est en acceptant « le pire » que le meilleur s’accomplit. C’est en acceptant de mourir que Dieu m’accorda la vie. C’est en offrant ma haine au créateur qu’elle est partie. C’est en acceptant ma dépréciation «totale» physique et la destruction «totale» de mon sein, que mon corps s’est reconstruit. »

Interroger son être supérieur.

Comme les anciens nous l’ont enseigné, nous pouvons utiliser le sommeil pour poser nos problèmes, nos questions et obtenir dans les jours suivants, les réponses attendues. Elles nous arriverons dans notre présent, sous forme de mots, de réflexions, d’intuition, voir par des situations pratiques.

Aussi avant de nous endormir pouvons-nous poser notre question et nous endormir dessus. Comme nous faisions autrefois avec les leçons que nous lisions juste avant de nous endormir le soir et nous réveillions le lendemain la leçon apprise.

Recherche de son but supérieur

Le but supérieur d’une personne malade, lui met un « turbo » dans son moteur de la guérison. Ce but sera son action s’il survit au cancer, ce sera le sens de sa vie d’après… Le but supérieur doit être tourné vers les autres dans une intention tout altruiste, pour les aider à leur tour. Mais aussi, ce but supérieur lui permettra de toujours se recentrer dans les moments difficiles de la vie.

Ouverture cosmique

L’ouverture cosmique et la réflexion sur notre place dans l’univers. Nous sommes tellement petits, mais aussi nous sommes tous uniques. Nous faisons partie d’un ensemble si grand et si beau, que nous avons peine à l’imaginer. Bien sûr nous ne sommes pas indispensables, mais nous sommes tous utiles et nous avons besoin les uns des autres. Il y a d’ailleurs, une phrase magnifique qui résume bien cette pensée : « L’Humanité est un livre et chaque être humain est un mot de ce livre »

En résumé, on peut dire que la maladie cancéreuse oblige à développer cette dimension spirituelle. Certains vont même jusqu’à dire, que c’est la raison même de la présence du cancer que d’obliger la personne à sortir du quotidien et du matériel, pour aller vers la réflexion et la recherche personnelle. Le risque pour sa vie, dû à la maladie, en serait le moteur principal.

Docteur Luc BODIN