A la suite de l’annonce d’un cancer, la personne malade a un besoin énorme d’être écoutée et informée. Ce moment permet aux médecins de constater comment la personne accuse le choc de l’annonce. Il faut ensuite établir ce que représente pour elle le cancer, mais aussi la maladie et la mort.Ensuite on réalise, avec l’accord de la personne, un Bilan psychologique complet :

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* Evaluer d’abord son désir de guérison.* Etudier son contexte de vie : famille, amis… son travail. Est-elle entourée ? Soutenue ?
 * Etudier sa personnalité, ses valeurs et ses croyances.
 * Définir aussi où en est-elle de sa Vie à ce moment précis ? Relater les principaux faits marquants de sa vie.
 * Rechercher les anciens conflits non résolus : les chocs émotifs, le manque d’amour, l’isolement, les rancoeurs et les rancunes.* Comment  la personne malade explique-t-elle son cancer ? A quoi l’attribue-t-elle ? Le « mal-a-dit »  quoi ?* Rechercher un éventuel conflit causal. Puis partant de là, pourquoi ce conflit a-t-il été si traumatisant pour la personne, alors qu’il ne l’aurait peut-être pas été pour quelqu’un d’autre.  * Bilan de l’état anxio-dépressif de la personne malade. Car si un état dépressif est fréquent voir logique chez les personnes atteintes de cancer, cela ne veut pas dire qu’il faut le négliger.* Enfin définir, quels sont les bénéfices que  la personne tire de sa maladie ? Sujet toujours très délicat à évoquer !
 Une fois ce premier bilan réaliser, il est important de se tourner vers l’avenir et de définir les Buts à atteindre :
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* La première chose à réaliser est de surmonter le choc du diagnostic qui est souvent source de dépression.
 * Ensuite, il faut arriver à prendre de la distance et apprendre à ne plus être à la merci d’un diagnostic, d’un résultat d’examen ou d’un pronostic.* Un temps essentiel consiste en la décision de guérison, le choix de rester dans la vie. Cette décision doit venir du cœur et pas seulement de la tête !* Par ailleurs l’acceptation de sa maladie permettra de ne plus demeurer dans la souffrance et de devenir acteur de sa maladie.* Le psychologue ou le médecin aidera ensuite la personne à reconnaître ses besoins. La maladie est souffrance, mais elle permet au malade de demander et d’obtenir de la reconnaissance, de l’aide, de la tendresse et de l’amour de son entourage. Ce sont là les « bénéfices » de la maladie. Pourquoi la personne a-t-elle besoin de la maladie pour satisfaire cela ? Quels autres moyens pourrait-elle choisir pour les obtenir ?* Etablir les ressources que possèdent la personne et qui vont lui permettre de surmonter sa maladie.* Il sera également important de lutter contre le stress et apprendre à le gérer.* La maladie oblige également à apprendre à communiquer sans jugement et à s’ouvrir aux autres, à demander du soutient. Car il ne faut surtout pas tomber, comme nous le dit Jacques Salomé, dans l’accusation de l’autre ou l’auto-accusation.* Il est temps aussi de se libérer des vieilles rancœurs, des rancunes et des sentiments de culpabilité, grâce à l’acceptation, la parole et le pardon. La personne ne demeurera plus dans le passé, mais pourra vivre le présent et se tourner vers le futur.* Il faut que la personne retrouve sa confiance en elle-même.* La maladie oblige à changer. Il ne faut plus essayer d’être « comme il faut » mais être soi-même. Apprendre à dire « NON ».* Définir des buts dans sa vie personnelle, familiale, professionnelle ou sociale.
 On sait que le moral est très important, on dit même que c’est la «moitié de la guérison».                         

Tout ce travail aidera la personne malade à avoir une vue plus globale, plus générale de ses problèmes et de sa vie, mais aussi, il lui permettra de regarder sa maladie sous un autre angle que l’angle uniquement matérialiste.
Docteur Luc BODIN