Les lésions précancéreuses sont des lésions encore bénignes, mais qui peuvent éventuellement, si elles persistent, dégénérer en tumeur cancéreuse. C’est pourquoi, lorsqu’elles sont diagnostiquées, elles subissent une surveillance rapprochée. Et au moindre doute sur leur évolutivité, elles sont enlèvées chirurgicalement de manière systématique. Car leur exérèse à ce stade évolutif ne pose aucun problème et ne nécessite aucun autre traitement complémentaire comme une chimiothérapie ou une radiothérapie. La seule précaution prise est l’étude de la pièce enlevée afin de confirmer son caractère bénin et de s’assurer que l’on a bien éliminer l’ensemble de la tumeur précancéreuse (les limites de l’exérèse sont passées en tissu sain)
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Ces lésions précancéreuses sont :
 - les dysplasies du col de l’utérus, qui sont des transformations de l’épithélium normal. Elles seront vues à l’examen gynécologique du col, aidé éventuellement d’une coloration spéciale qui les mettra en évidence. Le frottis est l’examen de dépistage par excellence.

 - les (hyper) kératoses cutanées, ce sont des lésions localisées à la peau et caractérisées par un épaississement cutané avec une rudesse et une certaine dureté de la peau. Mais on peut dire que toute lésion cutanée, qui bouge, change, grossit, démange, brûle, pique, fait mal, saigne… nécessite une consultation chez le dermatologue. Car, tout changement cutané peut être un signe de cancérisation. Mais pas de panique, il existe également d’autres causes possibles à ces changements.

 - Certaines lésions bénignes du sein comme une mastopathie, une mastose, un nodule, une congestion… Nous commençons de mieux en mieux à discerner les lésions qui ont un fort potentiel évolutif malins. Une consultation spécialisée et certainement une mammographie ou un IRM des seins s’imposent pour affirmer la nature bénigne ou maligne de la lésion. 
Par contre, les traumatismes du sein comme un coup ou un hématome ne semblent pas être des facteurs de risque du cancer, aux vues des études effectuées. 

 - Certaines lésions buccales de type leucoplasie (lésion épaisse, plutôt blanchâtre et rugueuse). On les retrouve sur la langue ou la face interne des joues. Une consultation spécialisée, aidée éventuellement de biopsies fera le diagnostic. Une surveillance s’imposera ensuite.

 - Certaines lésions de la muqueuse du colon de type adénome, qui forment souvent des polypes, sont surveillés par des coloscopies régulières avec prélèvements voir ablation du polypes ou de l’adénome par cette voie. Il y a souvent, mais non obligatoirement, un terrain héréditaire. C’est pourquoi les personnes qui ont un parent proche (parents, frère, sœur) ayant eu des polypes, seront particulièrement surveillés.

 - Certaines lésions de l’œsophage de type dysplasie (transformation légère et encore bénigne de la muqueuse de l’oesophage), découvertes en général lors d’une fibroscopie effectuée pour un problème oesophagien ou gastrique, feront l’objet également d’une surveillance rapprochée

 Mais rappelez-vous que toutes ces lésions ne vont pas obligatoirement dégénérer au cours du temps. Ce n’est qu’une potentialité, et non une obligation. Par ailleurs, au moindre doute leur exérèse (élimination) chirurgicale permettra de solutionner complètement et définitivement le problème. 
Docteur Luc BODIN