Docteur Luc BODIN

 La méthode du protéinogramme du CEIA est basée, comme son nom l’indique, sur le dosage des protéines présentes dans le sang. Or, les protéines sont des substances fabriquées par les cellules des différents organes. Or, chaque organe, chaque tissu, chaque glande possèdent leur propre spécificité. Il va ainsi fabriquer les protéines qui lui sont propres et pour lesquelles il est conçu. C’est ainsi que la thyroïde ne va pas fabriquer la même hormone que le pancréas ou les ovaires. Il en est de même pour chaque protéine. 


Le choix des protéines

Mais si tous les organes ne fabriquent pas les mêmes protéines, on ne peut pas dire non plus que chaque protéine correspond à un seul organe. Car, une même protéine peut être fabriquée par différents organes. Par exemple, la testostérone est fabriquée principalement par les testicules, mais aussi dans une moindre mesure par les surrénales. Ainsi, une protéine n’est pas toujours spécifique d’un seul organe. C’est pourquoi le protéinogramme étudie plusieurs protéines fabriquées par un même organe afin d’en tester  plus précisément son fonctionnement.

examen - CEIA bilan - Cancer

Il existe environ 600 protéines différentes circulant dans notre sang… Il est bien sûr, difficile de faire 600 dosages lors de chaque prise de sang. Ce serait fastidieux et surtout très coûteux. C’est pourquoi le CEIA a sélectionné les 56 protéines les plus pertinentes  pour leur valeur et leur représentativité.


Des tests de floculation 

Cependant le dosage des protéines n’est pas suffisant. Il faut encore savoir si elles sont actives ou non, c’est-à-dire si elles sont capables ou non de produire des réactions au sein de l’organisme. C’est tout l’intérêt de ce test qui utilise une technique de floculation des protéines. La floculation est le résultat du mélange d’une suspension (appelée colloïde) de protéines chargées, à un réactif de charge électromagnétique opposée. Cela produit obligatoirement une précipitation de l’ensemble. Ce sont les variations de cet équilibre électrocolloïdal qui permettront de distinguer les protéines actives et les protéines inactives. 

 
Ainsi l’étude de la floculation d’une cinquantaine de protéines, va dans un premier temps, permettre de déterminer les organes et les fonctions de l’organisme en excès ou en insuffisance, ce qui fera éventuellement évoquer une pathologie ou une maladie. Le protéinogramme ne portera pas de diagnostic, par contre il orientera vers un diagnostic ou un ensemble de diagnostics possibles.

Dr Luc Bodin