Certaines graisses (lipides) sont utiles et même indispensables pour le bon fonctionnement de l’organisme. Cependant, il en est d’autres comme le cholestérol et les triglycérides, dont un taux excessif sur une longue période est préjudiciable pour les artères. Car ces graisses en excès se déposent sur les parois des artères (athérome) et avec le temps finissent par les obstruer plus ou moins complètement. Ce mécanisme est à l’origine d’angines de poitrine (angor), d’infarctus du myocarde et d’artérites (artériopathies). La gravité potentielle de ces maladies explique pourquoi les médecins surveillent si attentivement les valeurs de ces graisses sur les analyses de sang.

Si un excès de triglycérides ou de cholestérol est préjudiciable pour le corps, une insuffisance de ces mêmes graisses l’est pareillement. Car le cholestérol fabriqué par le foie permet par exemple la fabrication de bon nombre de nos hormones. Une insuffisance de cholestérol retentira donc sur nos hormones et par ce biais, sur nos émotions et notre comportement. Ainsi, le but d’un traitement anti-cholestérolémiant ou antitriglycéridémiant n’est pas de faire descendre à « zéro » ces graisses, mais plutôt de les ramener dans les valeurs normales

Par ailleurs,  lorsque l’on découvre une augmentation de ces graisses (hypertriglycéridémie et hypercholestérolémie), il convient de commencer par un régime alimentaire et la reprise d’une activité physique pendant un ou deux mois. Et ce ne sera que si le taux demeure élevé qu’il faudra traiter à l’aide de remèdes. Car un régime seul ne suffit pas toujours. En effet, l’organisme fabrique aussi du cholestérol et le régime n’intervient pas à ce niveau, contrairement aux médicaments.

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Les analyses de sang

Le plus ancien examen effectué consistait à doser les lipides totaux (normales entre 4 et 7 g/l). Mais il n’est plus guère utilisé actuellement. Par contre, le cholestérol sanguin est un examen extrêmement surveillé. Il faut savoir qu’un taux de cholestérol ne sera guère modifié par les repas consommés les jours précédents l’examen. Car le taux reflète la valeur moyenne du cholestérol des dernières semaines. On distingue :
Le cholestérol total (cholestérolémie) qui doit être en dessous de 2 g/l (cette norme n’a pas cessé de diminuer ces dernières années) pour un minimum de 1,5 g/l.
Le HDL cholestérol qui correspond au « bon » cholestérol et qui doit être supérieur à 0,50 g/l.
Le LDL cholestérol qui correspond au « mauvais » cholestérol et qui doit demeurer en dessous de 1,60 g/l.
Le principe étant que moins on a de LDL et plus on a de HDL, mieux cela sera. Pour visualiser cela, on procède au rapport LDL/HDL dont la normale se situe en dessous de 3,5. Ainsi le résultat du cholestérol total doit toujours être modulé selon les taux de HDL et LDL. Il arrive par exemple que des personnes aient un fort taux de cholestérol total, mais qu’il s’agisse essentiellement de bon cholestérol HDL. Elle ne présente donc pas de risque a priori. Par contre, des personnes peuvent avoir un cholestérol normal avec un tôt très élevé de « mauvais » cholestérol LDL. Il s’agit en général, d’hypercholestérolémie héréditaire. Ces personnes sont donc à risque potentiel. Aussi tout médecin étudiant un bilan lipidique va regarder les taux de cholestérol total et de HDL. Il aura ainsi immédiatement le résultat de l’évaluation du cholestérol.

Il arrive que soient dosés les Apo A1 et les Apo B. Ce sont les transporteurs du cholestérol. Ils nous donneront une évaluation des HDL et LDL :
Apo A1 correspond grosso modo au bon cholestérol et sa valeur doit demeurer au-dessus de 1,2 g/l.
Apo B correspond au mauvais cholestérol et sa valeur doit être inférieure à 1,3 g/l.
Ici encore, plus les Apo B sont bas et plus Apo A1 sont élevés, et mieux ce sera pour la personne.Aussi est-il souvent procédé à un calcul du rapport Apo B / Apo A1.
 
Les triglycérides

Le bilan lipidique sera toujours complété par un dosage des  triglycérides (triglycéridémie). Il est souvent négligé, ce qui est un tord, car un taux élevé de triglycérides est aussi délétère pour l’organisme qu’une augmentation du cholestérol. La normale pour les triglycérides est entre 0,5 et 1,5 g/l en moyenne. Les triglycérides sont très dépendants du régime alimentaire.

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Je terminerai en rappelant que seuls les oméga 3 à longue chaîne, c’est-à-dire l’EPA et le DHA issus du poisson ont démontré une action préventive contre les maladies cardiovasculaires. Ce sont donc des substances à favoriser autant pour prévenir les hyperlipidémies que pour les traiter. Pour les phytostérols (provenant des produits céréaliers, des huiles végétales, des légumineuses et des fruits secs), les résultats sont discordants : car s’ls font bien baisser le taux de LDL-cholestérol, un taux élevé de phytostérols dans le sang induit un risque cardiovasculaire plus élevé… donc prudence.

Pour plus d’informations, voir le livre « Mieux lire et comprendre vos analyses biologiques » (éditions du Dauphin).

Dr Luc Bodin