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La chirurgie constitue « le « traitement incontournable » pour la plupart des cancers. C’est le cas des cancers du sein, de l’utérus, de l’ovaire, de la prostate, du côlon, de l’estomac, de l’œsophage, de la cavité buccale, du poumon ou du foie. La chirurgie demeure donc, et sans doute encore pour longtemps, le traitement principal de ces affections. Son but est bien sûr d’enlever la tumeur cancéreuse principale, voire les éventuelles métastases, et ainsi d’éliminer totalement toutes les cellules cancéreuses. Mais même si elle n’élimine pas totalement les cellules cancéreuses, elle bouleverse totalement le rapport des forces en présence. Avant la chirugie, les cellules cancéreuses étaient très nombreuses et les défenses amoindries… Après la chirurgie, les cellules cancéreuses sont plus rares et l’immunité s’en trouve renforcée.

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Généralement, un traitement chirurgical n’est entrepris que lorsque le chirurgien a établi qu’il était possible d’enlever l’ensemble de la tumeur. Dans le cas contraire, il est souvent proposé un traitement préparatoire, généralement une chimiothérapie (dite néo-adjuvante) qui sera effectuée pour faire diminuer la tumeur et la rendre ainsi opérable…

La chirurgie a fait d’énormes progrès ces dernières années. Elle est devenue plus sûre, plus efficace et surtout moins mutilatrice… Elle n’abîme plus comme elle le faisait autrefois lorsque l’on voyait ces visages défigurés, ces femmes amputées… Aujourd’hui, la chirurgie se fait minimaliste. elle n’enlève que le nécessaire. Mais aussi elle reconstruit souvent dans le même temps opératoire, en reconstituant un visage, en refaisant une anastomose entre deux parties du tube digestif, ou en préparant la possibilité d’une reconstruction mammaire ultérieure… La règle en chirurgie aujourd’hui consiste à enlever tout ce qui est mauvais bien sûr, mais juste ce qui est mauvais ! Ainsi dans le cancer du sein, la mastectomie totale (ablation du sein dans sa totalité) est devenue beaucoup plus rare au profit de chirurgies partielles comme la simple exérèse de la tumeur (tumorectomie) ou d’une partie du sein (quadrandectomie, segmentectomie…).

Les critères d’opérabilité sont stricts. L’âge, l’état général (indice de Karnovski), les antécédents, les pathologies en cours… peuvent être des contre-indications à la chirurgie. Mais aujourd’hui, les interventions chirurgicales sont plus efficaces et il y a de moins en moins d’accident d’anesthésie et de complication infectieuse… La chirurgie comme l’anesthésie ont énormément évolué ces dernières années grâce à des techniques nouvelles comme la coelioscopie, la microchirurgie, la circulation sanguine extracorporelle et la transplantation d’organe… Toute une discipline en pleine évolution.

La chirurgie est souvent suivie soit par une radiothérapie pour éliminer les possibles cellules résiduelles localement, soit par une chimiothérapie afin d’éliminer les cellules cancéreuses pouvant être présentes dans le corps, soit encore par les deux à la fois.

Dr Luc Bodin