Les principes de l’immunothérapie en cancérologie, furent établis avec les travaux du Dr Foley en 1953 : « Il provoqua un cancer chez une souris avec le méthylchlolanthrène. Puis il observa qu’après ablation de cette tumeur, sa réimplantation chez le même animal était suivie d’un rejet, tandis qu’après prélèvement et réimplantation, un tissu normal survit aussi longtemps que l’organisme ». Ainsi lors d’une réintroduction de la tumeur, les défenses de l’organisme réagissaient contre les cellules cancéreuses, alors qu’elles ne réagissaient pas contre un tissu sain.
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Les cellules cancéreuses portent à leur surface des antigènes que ne possèdent pas les cellules normales d’un sujet non cancéreux. Ces antigènes permettent à certains globules blancs de l’organisme (les lymphocytes), de reconnaître les éléments tumoraux et de les rejeter éventuellement. Le Dr Mathé a observé que le nombre de cellules cancéreuses que peuvent éliminer les  mécanismes immunitaires, est limité. Il décrit deux techniques pour amplifier et stimuler la réponse immunitaire c’est-à-dire pour développer une immunothérapie contre une tumeur cancéreuse : 1- On administre des antigènes, par exemple des cellules cancéreuses conservées à basse température et rendues inoffensives par irradiation et injectées en sous-cutané. Cela provoque une multiplication des lymphocytes, c’est-à-dire une réaction immunitaire spécifique contre le cancer.2- On administre un adjuvant de l’immunité comme par exemple des microbes ou des extraits de parois bactériennes (comme le BCG) ce qui provoquera une réaction immunitaire non spécifique. La première technique lorsqu’elle est utilisée seule,  est capable d’agir contre une population de 100.000 cellules cancéreuses, mais pas plus. Mais si les deux techniques précédentes sont associées, le résultat est meilleur. Ainsi pour le Dr Mathé : « l’immunothérapie ne peut être utilisée comme traitement unique, sauf en cas de très petite tumeur. Elle sera par contre intéressante après une chirurgie ou une chimiothérapie pour éliminer les quelques cellules cancéreuses restantes ».
 Il convient cependant d’être prudent avec l’immunothérapie, car il a été observé des résultats contraires pour certaines tumeurs solides. C’est-à-dire qu’il y a eu des cas de facilitation de la croissance tumorale. Il existerait ainsi une dose maximale de cellules cancéreuses atténuées à injecter en sous-cutané. Et une dose supérieure pourrait induire cette facilitation. De même, des doses fortes de BCG peuvent réduire les réactions immunitaires en stimulant les cellules dites suppressives. 
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Mais à coté de cette immunothérapie active, il existe également une immunothérapie passive consistant à administrer directement des anticorps dirigés contre les cellules cancéreuses elles-mêmes. Et aussi une immunothérapie adoptive qui utilise des lymphocytes, soit transfusés directement, soit produits par un greffon de moelle osseuse. Cette dernière a ainsi permis d’obtenir des rémissions de très longue durée
 
 Enfin, un autre type d’immunothérapie existe, moins connu : l’isothérapie homéopathique qui est fabriquée à partir des cellules cancéreuses de la tumeur elle-même  à partir de biopsies ou de pièces opératoires. Ainsi, ces prélèvements sont hautement dilués et dynamisés ce qui les rend inoffensif et en facilitent l’usage. L’isothérapie homéopathique est interdite en France, mais permise dans d'autres pays européens.
 
 Actuellement seules, quelques indications de l’immunothérapie active sont utilisées couramment en cancérologie active, comme par exemple le BCG dans le cancer de vessie ou encore des greffes de moelle osseuse indiquées dans le cadre de chimiothérapie et non d’immunothérapie.                  

Il serait pourtant intéressant de poursuivre les recherches sur l’immunothérapie, car elles semblaient très prometteuses. 

Docteur Luc BODIN