La cancérisation de la première cellule est obtenue à la suite de plusieurs mutations génétiques sur son ADN. Le nombre nécessaire de mutations pour atteindre une cancérisation est impossible à connaître pour le moment. On sait simplement qu’il faut plusieurs mutations pertinentes (plusieurs centaines à plusieurs milliers semble-t-il) pour réaliser cette transformation.
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 Quelle est l’origine de ces mutations génétiques ?
  Elle peut être soit héréditaire, soit acquise par une mutation provoquée. 
  Une mutation héréditaire signifie que la personne est née avec un ou plusieurs de ces gènes que l’on appelle « oncogènes », et qui proviennent du génome (ensemble des gènes) de son père ou de sa mère. Ces gènes peuvent être actifs d’emblée, ou nécessiter d’être activés préalablement par un toxique (polluant) par exemple qui transformera le pro-oncogène en oncogène actif. Nous connaissons ainsi les gènes BRCA1 et BRCA 2 qui sont responsables de cancers du sein et de l’ovaire. Il y a maintenant des gènes héréditaires reconnus pour les cancers du côlon et les mélanomes. Ces gènes induisent des cancers familiaux. Aussi lorsqu’il y a plusieurs cancers d’un même type dans une même famille, il peut être justifié d’avoir une consultation oncogénétique afin de déterminer chez une personne de la famille, son risque de cancer.
  La mutation génétique peut être également acquise. Ce seront les polluants, les métaux lourds et autres toxiques qui lorsqu’ils ont pénétré dans l’organisme, vont à l’intérieur des cellules au contact de l’ADN  qu’ils font muter.
  Ainsi, les mutations héréditaires, les mutations acquises, voir l’association des deux entraîneront la naissance de la première cellule cancéreuse.
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 Comment des mutations génétiques peuvent-elles produire une cellule cancéreuse ?
   Pour bien comprendre le mécanisme, il faut se rappeler que chaque gène code pour une protéine. Or les protéines sont les substances au sein de notre corps et de nos cellules, qui assurent la vie et le fonctionnement de l’ensemble. Ce sont nos hormones, nos neurotransmetteurs, nos anticorps et notre système de défenses, nos enzymes, nos chromosomes, notre hémoglobine… Chaque protéine a ainsi un rôle important qui lui est dévolu au sein de l’organisme. 
   Aussi si le gène est sain, la protéine fabriquée sera utile et efficace. Mais si le gène est muté, soit il n’y aura plus de fabrication de protéine et la fonction qu’elle remplissait ne sera plus effectuée, soit il y aura fabrication d’une protéine délétère qui pervertira le fonctionnement de la cellule.
    Ainsi l’accumulation de ces blocages et de ces fabrications anormales transforme peu à peu la cellule normale en cellule cancéreuse.
La non-réparation des cellules cancéreuses.
   Ainsi, la cellule cancéreuse est le résultat de la présence d’un certain nombre d’oncogènes. Mais cela ne suffit pas. Car normalement toute cellule possède en elle les capacités de réparer des mutations génétiques. Il a donc fallu en plus, que les gènes réparant ces mutations soient inactivés afin que la cellules transformées ne soit pas réparée et puisse continuer de vivre.
   Les gènes de réparation sont appelés les « gènes suppresseurs de cancer ». Le gène le plus connu et le plus souvent muté en cas de cancer est le p53.
 
En résumé, pour obtenir la première cellule cancéreuse et favoriser sa multiplication, il a fallu obligatoirement la combinaison de deux systèmes :
         - L’activation des oncogènes (héréditaires ou/et acquis).
         - L’inactivation des gènes suppresseurs de cancer.
 A partir de la cellule cancéreuse va pouvoir commencer à se multiplier et devenir envahissante.
Docteur Luc BODIN